04 mai 2008
Erotisme animal...
Dégustation…
Quand
il la prit délicatement, la frôlant amoureusement et la palpant de son œil
tendre, son propre plaisir fit frémir la
Belle froissée…
Il la
lova contre lui, et chaque parcelle de sa peau s’irisait à son contact…
Durant
les lents enroulements qui la pétrissaient, un suint glissait tendrement entre
eux ; il s’étira, langoureusement, et les frissons qui le submergèrent
n’avaient rien à voir avec la pluie tiède de l’été qui transformait les fluides
corporels en tendre écume…
Son
organe buccal la léchait délicatement mais fermement, et son avancée langoureuse
pesait sur elle.
Quand
il l’eut assez goutée, assez marbrée de ses mouvements, assez caressée jusques
aux dentelles qui la bordaient, il l’a dégusta silencieusement et à fond…
Il se
laissa enfin choir sur le moelleux sol vert et humide de son habitat pour
savourer son repos…
Puis
il rentra dans sa coquille….
Défi
d’écriture : érotisme animal. (150 mots environ)
22 avril 2008
Un temps de chien
Cette mini nouvelle est une fiction!!!
« - Alors, c’est à moi de raconter ? »
« - Oui » dit Pat, calmement. « Chacun
son tour, et c’est à toi, Philou ! »
Nous étions tous les trois installés confortablement sur le
parvis de la caserne, aux alentours, la fin de l’été gerbait ses herbes en
bottes odorantes, le serpolet et les menthes affolaient l’odorat, le soleil
presque au zénith allumait des éclats d’argent sur toute surface lisse.
Nous sommes Amis ; peut-être parce qu’aucun de nous trois ne sait oraliser ; cependant, nos signaux corporels et nos gestes élaborés nuancent nos idées aussi nettement que des mots le feraient, ces mots impossibles à émettre à nous autres muets… je crois surtout que notre amitié est inaltérable car nos parcours spéciaux nous ont rapprochés. Et en plus, nos familles ont toutes un membre travaillant dans cette caserne de pompiers.
Lisette me regarda, et je ne sais pourquoi, à sentir posées sur moi ses deux prunelles vives et brunes, je me sentis encouragé à narrer le plus grand évènement que j’eus à me remémorer jusqu’à présent…
Je n’en avais pas envie, mais Pat avait déjà raconté son
long séjour en mer, en voyageur presque illicite, mais toléré, et Lisette son
aventure formidable relatant son mini séjour dans un cirque.
C’était mon tour.
Un temps de
chien !
Nous étions partis à l’aube de ce merveilleux jour de Pâques, du sud de l’Espagne, et espérions arriver à Chamonix vers la fin de journée.
Dans la grande voiture bien chauffée, j’avais la meilleure place, « casé » entre Daphné (la cadette) et Julien, et nous étions sereinement assis tous les trois, sécurisés, comme il se doit pour un long voyage.
Le paysage défilait, il faisait encore bon à cet endroit, un lieu que ma jeunesse et ma méconnaissance géographique ne me permettent pas de nommer ; les grandes montagnes pyrénéennes étaient encore visibles de la vitre arrière de notre automobile.
Jacques et Pascaline devisaient tranquillement sur des annotations inscrites sur les dépliants que l’hôtel où nous devions être hébergés tous les cinq avait envoyé il y a quelques mois. De tous les sites proposés, Pascaline et Jacques avaient sélectionné celui-ci, pour je ne savais à l’époque quelle raison préférentielle. Mais le choix s’était déterminé dans les rires et la joie, comme tout ce qui se décidait dans ma famille.
Julien me donnait à manger un nounours au chocolat, (friandise appréciée de tous) et Daphné décortiquait une cacahuète, lorsque soudain un tremblement de la voiture nous fit cesser, à nous autres derrière, toute activité, si gustative qu’elle soit !
Jacques jura, Pascaline gémit : un pneu venait de crever, d’après ce que j’en compris.
La voiture se gara doucement sur le bas-côté, ce n’était pas si grave après tout, simplement nous arriverions très tard au chalet, et la nuit tombait vite à cette époque dans les Alpes, parait-il ! Jacques répara, le rire cristallin revint aux lèvres de Pascaline, nous en avions profité pour nous dégourdir les jambes dans le champ d’à coté, le voyage était retardé mais le bonheur était toujours là!
Sans problème, les kilomètres se poursuivaient, sans lassitude… le fil routier nous envahissait d’une douce torpeur, ce celles qui vous tranquillisent et vous fait sommeiller, le regard immobile sur les horizons lointains…La nuit était tombée, la grande route abandonnée depuis longtemps, nous montions des voies bordées de pentes rocheuses escarpées, un peu inquiétantes dans la pénombre fluorescente.
Nous étions presque endormis, quand Pascaline nous dit en souriant, de l’air de : « Regardez-cela-je-connais,-et-pas-vous,-mais-c’est-beau ! ».
La voiture stoppa sur une minuscule place d’une mairie villageoise.
Julien, le plus grand, avait déjà vu lors d’un séjour scolaire passé ces fleurs de neige, voltigeantes et graciles, mais glacées et fondantes. Daphné et moi restions dubitatifs : c’était donc cela la neige ? Tout ce blanc ? C’était spécial, insolite, incroyable ! Il faut bien expliquer que cet exploit des hivers et du froid ne pouvait exister dans notre lieu de villégiature habituel.
Nous étions gelés, Pascaline ordonna le retrait dans la voiture, et croyez-moi, nous obéîmes sans discuter ! Jacques de moquait un peu de nous, mais les iris au fond de ses yeux nous offraient toute sa tendresse...
Tout était calme ; Pascaline, Daphné et Julien
sommeillaient ; je restais éveillé, mal à l’aise de toute cette solitude
sur cette petite route grimpante, enfermée de hauts pans de roches blanches et
gelées. Jacques chantonnait tout doucement, presque en chuchotant…
… Du fond de la nuit, après un virage accentué, deux lunes jaunes vinrent subitement et rapidement vers nous ; je vis un éclair, j’entendis des sons déchirants de tôle froissée, ça sentait l’essence.
Julien ne bougeait plus, il respirait étrangement, Pascaline hurlait frénétiquement, Daphné gémissait et tremblait, et Jacques… Jacques était invisible.
Elle ressemblait à présent à une masse d’où des fluides s’échappaient, je sentais l’odeur du sang, j’avais peur, j’avais peur, j’avais peur… Je hurlais…
Daphné pleurait encore et Pascaline criait aussi.
C’est au moment où je décidais de revenir vers elles après un de mes inexplicables éloignements instinctifs, que l’explosion eut lieu.
Le brûlant brasier m’interdisait de m’approcher davantage, Pascaline s’était définitivement tue, Daphné appela douloureusement sa mère une fois, d’un long cri du dernier souffle, et je ne l’entendis plus jamais…
Les fleurs de neige commençaient à me recouvrir comme un linceul. Mes récents souvenirs se heurtaient à la réalité de l’instant funeste, je ne sais comment j’eus la force de me signaler à l’homme vêtu de cuir noir qui était arrivé à descendre la pente raide avec ses amis, un long temps après…
Leur voiture hurlante toute rouge était garée là-haut, aux
côtés du grand camion sombre stoppé dans sa course. Un curieux éclairage bleu
vacillait dans la nuit fleurie de flocons blancs.
L’homme me prit dans ses bras, je pensais irrépressiblement à Jacques, il me semblait ressentir une chaleur affectueuse dans ces bras là. Une larme perlait au coin de ses grands yeux …
« -Il ne faut pas rester là, Bonhomme, ce n’est pas bon..."
Je n’essayais même
pas de m’échapper, j’étais ankylosé, à la limite de la souffrance extrême, et c’était insupportable, j’étais envahi par
la peur, l’angoisse, la terrible peine…
Il me remonta, il s’aidait avec des cordages, là-haut je vis ce qu’il restait de Jacques, j’eus un sursaut, un hurlement lugubre m’échappa, je vomis…
L’homme me déposa délicatement sur la couchette du grand camion rouge. Je sombrais dans une léthargie étrange, j’entendais de façon très lointaine des bruits de déblaiements, de sirènes, des ordres dans tout ce désordre.
…L’aube m’a retrouvé, hagard, pétrifié, au même endroit.
Je ne saignais plus de la tête… un de mes membres était tout
dur, mais je ne sentais pas le mal. Un gros bandage l’enserrait ; je
n’avais pas eu conscience de ce soin…
…Les fleurs de neige étaient parties, un pâle soleil éclairait à présent le ravin meurtrier.
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Je léchais mes pattes roussies par l’incendie… l’homme revenait, il tenait dans sa main dégantée mon collier de noël que j’avais eu en arrivant dans ma famille à cette époque là, ma date de naissance et mon nom étaient inscrits dessus. Il m’observa gentiment, me caressa, et me dit :
- « Tu sais, j’ai bien envie d’un brave et gentil
toutou, Philou!
Étienne se tourna vers un des autres hommes en noir, je percevais leur fatigue et leur émotion,
leur chagrin à tous. Leurs vêtements étaient poussiéreux et sales.
Il soupira et dit :
- « Je vais le garder, tu sais. Il a pratiquement six mois. » Il triturait mon collier, que j’avais dû perdre en bas.
- « Sale boulot tout de même parfois ! Pas un rescapé, à part celui-là, » répondait l’autre homme en me montrant du doigt.
- Oui… Même le routier est
mort. Dire qu’ils étaient presque arrivés ! Le seul hôtel de la région où
les animaux sont acceptés en plus ! Ce devait être de braves gens… » Répondit
tristement l’homme qui m’avait remonté de l’enfer, et ses mots étaient lents.
« Cette chute de neige imprévue en est l’origine, il n’y avait aucune
visibilité.
- Hélas ! Un vrai temps de
chien.
30 septembre 2006
Que des A : SAGA
Saga...
Grand Parc d" Alabama, an 2006...
...Yann avança sans
fracas, hagard, sans gants, sans caban, manant sans tact, s"attarda dans
Alabama Parc, balançant sa chapka.
Sans fard, sans falbalas, sans apparat,
Barbara s"attacha à grands pas à l"Amant, sac ballant à l"avant-bras,
s""alarmant...
Cafard...
à cran, Barbara brava Carnaval, dansa,
chanta...
Chant d""amant...
Paradant, Carnaval bat la samba,
accaparant chalands, stars, vamps, charlatans, gars marrants ; (Vrac massacrant
plants (catalpas, santals, sassafras ...)
Jazz saccadant, Java,
Cha-cha-cha...
Chars safran...
Strass...Clans...
Stands..
Gala...
Camps...Carcans ?
Yann clama, vantard, crachant, anar :
« -
Apparats campagnards, rangs agaçants, brans d"avatars ! ...»
Chant
cassant...
Champ galant...
Barbara marcha tard, fantasmant...
Mars
sanglant, plana sans hasard, glaçant, Shaman...
Yann la rattrapa là-bas,
avant l"amas blafard cancanant passant
La calmant, l"amarrant dans sa
parka, Yann affala Barbara à plat, la calant, vassal parlant bas, dard marbrant
sans mal sa Star, s"accapara l""hanap charmant...
Flancs rampants, ahanant,
Barbara s"ancra, drapant sa raban, malaxa sans tracas l"Amant, appas
attachants, savant atman flambant, hâtant l""aman...
Art harassant
!
...Alpha, sampang blanc, nacra d"archal l"arc astral...
Chant
d"Amants...
feuilllle
Chapka = coiffure (provenance :
Russie)
Catalpa, Sassafras = arbres
Avatar = aventure, par extension
personnage
Bran = vile partie du son, par extension, excrément
Hanap =
vase (Moyen-Ãge)
Raban = cordage, lien d""amarrage, tresse
Appas = charmes
féminins (poitrine)
Atman = souffle de vie, Ãme (provenance :
hindouisme)
Aman = pardon (provenance arabe)
Sampang = embarcation
(provenance : Extrême-Orient)
Archal = métal (laiton)
Chaland = client
d"une boutique
Feuilllle sourire à tous toutes.
cela aurait pu être Marc et
Sandra...
04 juillet 2006
Tempête
défi : que des E.
Tempête
Les herbes empêtrées déferlent et se penchent,
Et cernent, enchevêtrées, les têtes des pervenches.
Septembre évente et tend des ténèbres de grêle
Et révèle entre-temps les restes des helvelles.
Les gerbes élevées des blés tendres et crèmes
Se resserrent et descendent, les pentes des prés blêmes.
Les vesces réservées se revêtent de perles
Et les chênes entendent, les crécelles des merles.
Les germes persévèrent, égrenés et semés,
Se délectent de terre, fermement enfermés.
Le temps bêle, véhément, et émèche les prèles…
Les mêmes bercements lèchent les berces frêles.
Les tempêtes célestes épellent les légendes,
Déversent les secrets des revers de l'été.
Les sévères déesses, éjectent et étendent
Des fléchettes zébrées, mégères entêtées.
Des réflexes de gestes, énervent très fervents.
Les reflets verts recréent les sèves des essences.
Les éléments ne cessent, en belle effervescence,
Enflés, de célébrer, les
extrêmes des vents...
Les serpents éthérés se
délestent des gemmes,
Tendrement se dévêtent, des
effets des enfers.
Le segment généré des brèches éphémères
Réverbère les bêtes, tremble et
sèche de flemme.
Et les menthes trempées émettent
des relents,
Tempèrent les épées et les encres de Temps.
Le présent de clémence, sert et
permet des trêves,
En excède les sens, les défenses, et les rêves…
feuilllle
texte protégé
30 juin 2006
La sellette
Il était une fois …
Bien au chaud derrière la fenêtre fermée de la salle ou la Mémé s’active à rechercher en vain et en vitupérant l’indispensable sellette à trois pieds pour la deuxième traite (il est près de cinq heures du tantôt, c’est l’heure !), Tatie les observe : On ne sait jamais… ils sont toujours prestes à faire des dégâts ces deux la !)
…Les deux « tiots », ignorants de la surveillance, chaudement guenillés et bottés de caoutchoucs, s’entretiennent en toute intimité en un jargon difficilement audible de là ou elle se tient. Ils jouent aux « aventuriers »et ont réussi à enflammer quelques bâtons pour un semblant de feu de camp.
La froidure et la grisaille de ce début d’automne ne sont pas sans analogie avec ses pensées.
Elle s’ennuie…son regard s’évade sur les collines avoisinantes et la forêt encore verte, puis s’échappe vers le village en contrebas ; ses yeux se déposent enfin sur le calvaire qui fut jadis érigé là, insolite, au beau milieu d’un champ.
Le « clop-clop » soudain et rythmé de la pluie (musique du ciel songe t-elle un instant…) lui rappelle sa surveillance relachée.
Tatie les appelle, mais complices et absorbés sur leur feu qui grésille et les enfume, ils ne l’entendent pas : elle se décide à approcher pour examiner la petite flambée. Les volutes sentent âcre.
Un je ne sais quoi de « déjà vu » l’alerte…
Aussitôt, effarée, elle s’exclame ! Elle reconnaît presque carbonisés les pieds noicis de la sellette. Totof et Titine, contrits, baissent le nez et se regardent navrés.
Bon ! La fessée purificatrice n’est pas loin…un peu ironique, cachant son rire, elle houspille les deux « tiots » qui font mine d’avoir mal.
C’était, il faut bien l’avouer, pure utopie que d’avoir songé un instant espérer une journée sans bêtise !!!

