Feuilllle, Itin'Errance et Natur'Ailes

correspondance et essais, partage et échange, effeuillage au quotidien, voyages et transhumance, nature et poésie...

15 juin 2007

Affabilités malsaines.

Affabilité malsaine...

Un rendez vous dans un centre de radiologie, un rendez vous médical comme un autre, pour mon fils, qui n’a pas 18ans, donc pas de permis de conduire encore, et une partie de mon rôle de mère consiste à le véhiculer jusqu’à la ville.

C’est une fin d’après-midi agréable pour quiconque n’attend pas dans une salle d’attente surchauffée.

Il avait un rendez-vous, évidemment, mais il n’est passé que trois quarts d’heure après.

J’ai vu avec colère deux personnes arrivées après nous, avoir leur heure officielle de rendez-vous derrière la sienne lui passer devant en toute sérénité ! Le droit d’octroi des personnes « suivies » dans ce petit cabinet de province sans doute,  alors que mon fils est venu ici simplement en dépannage, car Paris entre les examens du bac, ça fait vraiment loin et trop !

Bref… la rancœur bornée des provinces…

Nous nous sommes regardés, et n’avons pas protesté.

Durant son passage en cabinet, j’attends sagement debout dans une salle d’attente jouxtant la partie « accueil » du laboratoire. Il fait chaud, les grandes baies ne sont pas ouvertes, (pourquoi misère, mais pourquoi des fenêtres sempiternellement fermées quand il fait beau et chaud dans les lieux collectifs ! ????) et l’odeur est devenue au fil de la journée…  peu attrayante, dira t-on !

…Un effluve renfermé constitué de sueur, de pieds chauds, de peur de la maladie, de plaies et d’attente…

Je me déplace vers l’accueil, je n’étais du reste pas assise, (Pas assez de chaises). J’avais feuilleté un moment, accolée contre la grande baie du fond qui souriait de soleil, des revues insipides que j’avais rapidement reposées.

Je me dirige vers l’entrée, la porte, regarde dehors, je « vague » … j’attends vous comprenez ? Une radioscopie importante et ses mesures.

Je repasse devant le large bureau laqué aux téléphones et ordinateurs brillants blanc, je suis près de la fenêtre opposée, celle qui donne sur une petite cour intérieure agrémentée d’un gigantesque lilas qui je crois de par la couleur de l’écorce a fleuri rose ce printemps, (la saison florale est finie), puis je reste deux minutes à détailler les sculptures anciennes internes au patio, sur les étages médiévaux cachés de la grand-rue. Là, j’entends comme en flou les deux secrétaires chuchoter entre elles quelques paroles à propos de vernis rouge, liées à une ballade à Paris, je n’écoute vraiment pas, nous sommes seules toutes les trois dans cette vaste antichambre de paiements et de résultats de toutes sortes.

Je repars vers la porte, leurs paroles enfoncées de futilité m’agacent à ce moment.

La porte d’entrée, éloignée de trois mètres du bureau d’accueil, est fermée. J’y suis.

Je n’entends plus les dames blanches, mon regard erre sur le merisier bien taché de rouge situé juste en face. J’entrouvre discrètement un tout petit peu le baillant de gauche et je respire. J’entends les oiseaux.

J’attends. Je suis calme.

Une patiente est en train de réglet son examen au bureau ; deux autres ressortent des cabines et récupèrent leurs cartes vitales  devant les deux secrétaires  qui ne chuchotent plus.

Soudain, des pas feutrés glissent à mon côté.

Je n’ai rien entendu venir, et sursaute lorsqu’on me demande à voix haute (Mince ! que c’est sonore ce couloir !) :

« - Et la p’tite dame là elle veut quoi ? » le ton est à peine poli…

Je suis respectueuse, la  p’tite dame répond courtoisement :

« -J’attends mon fils qui est en train de passer une radio. »

Il me demande nos noms, je lui dis.

« -Oh mais allez vous asseoir, il ne faut pas rester debout comme cela ! »

J’ai envie de rétorquer que la p’tite dame en question est très bien debout et que de toute manière, il n’y a plus de chaises, mais bon… je suis d’un naturel affable et civilisé…

J’explique donc simplement et gentiment à ce grand monsieur vêtu d’une blouse de médecin qui relève si fort le menton pour mieux vous toiser (ou pour faire plus jeune ???) que je suis très bien ainsi.

Son ton révèle la pédance et son mépris, impossible de s’y tromper, il me méprise.

Il ajoute sentencieusement :

-« Oh mais ici c’est réservé à mes secrétaires et à moi-même seulement, vous ne pouvez pas rester car vous pourriez entendre des choses qui ne vous regardent pas ! » , dit-il bien fort en regardant en l’air.

Au même moment, il essaie de me prendre par les épaules pour me guider vers la salle d’attente je suppose.

Je ne goûte pas particulièrement ce genre de paternalisme odieux, surtout  de la part de gens que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam en plus !

Je suis médusée ! Mais je vous assure que ce grand ponte a eu la honte de voir que mes réflexes étaient particulièrement acérés quand il s’agit de me protéger d’intrusions que je qualifie de « sans-gêne ».

J’ai glissé souplement pour échapper à l’étreinte. Il a regardé vivement si les gens voyaient la scène de la porte entrebâillée de la salle d’attente. Il avait parlé fort et tout ce qui peut retenir l’attention et troubler une attente est bienvenu.

Je l’ai regardé bien en face, son regard fuyait à l’opposé, et ai lancé calmement :

« -mais c’est de la parano ! Je n’entends rien d’ici et puisque c’est cela je préfère attendre dehors ! De plus il y a plein de monde là! »

Médusé à son tour que j’ai « osé le contrarier », de geste et de paroles, et devant les sourires idiots et énamourés des secrétaires et celui un peu plus intelligent des patients (juste mot J ) il est reparti de suite dans son antre sacro-sainte, le menton toujours relevé, vexé dans sa superbe, à n’en pas douter.

…Je me gave des merises qui pendent à l’extérieur du jardin d’en face… elles sont acidulées à souhait…c’est confit de soleil et plein de jus, frais à l’intérieur et ça fait « scrouitch » quand on croque. Hummmm…

…Mon fils m’appelle.

« -Mam ? Tu as récupéré ma carte vitale ? stp ?

   -Non on y va. »

Je repasse devant le bureau, et réclame la carte et la radio, mon fils n’a visiblement pas envie de le faire.

Les deux dames m’observent, je les sens incommodées par « l’évènement ».

Elle sont légèrement agressive et me demande le dossier complet de mon fils, à quoi je leur rétorque qu’il est ici pour une seule radio, qu’il est suivi ailleurs et que cela ne les concerne plus.

Je réclame la carte, Thibaud est pris à cent pour cent à la sécurité sociale, aucun échange d’argent donc.

Cela semble les frustrer.

Je réclame l’examen aussi bien sur.

Réponse :

« -Et bien le médecin n’a pas eu le temps de calculer les mesures, donc il faudra revenir les chercher après le week-end. »

J’explique un peu à mon fils ce qu’il s’est passé, ses yeux sont interrogatifs, ce n’est rien mais il se demande visiblement « ce qui cloche ». Il est surpris du ton, du « problème » que cela semble soulever aux deux femmes.

J’acquiesce aimablement, c’est normal, je sais que les mesures sont très particulières et qu’il faut un spécialiste. Je demande cependant une heure et un jour fixe pour cela, l’attente nous a pesé auparavant, et j’explique à ces dames que entre les examens du bac sur plusieurs jours, je n’ai pas trop de temps de faire des transports pour rien.

Une autre secrétaire, nettement plus âgée, arrive alors.

Elle me regarde droit dans les yeux elle. J’apprécie.

« -Mais madame, nous sommes toujours à l’heure ! »

Ah ça ! C’était de trop !

Mon fils a dit doucement aux trois :

« - Je ferais mes radios ailleurs dorénavant. »

Puis il est parti en récupérant sa carte, sans un regard derrière lui.

Définitif.

J’ai haussé un peu ma voix généralement fluette, et rappelé les heures de rendez-vous et les dépassages vécus plus d’une heure avant.

La vieille secrétaire m’a regardé un moment, il m’était impossible de savoir ce qu’elle mettait dans ses yeux.

J’ai admiré sincèrement son calme.

Elle s’est levée et m’a dit, doucement :

«-  Je vais voir cela avec le docteur, Madame. »

…Je sentais par sa voix le M majuscule dans sa phrase…

Je n'ai pas perçu le "d" identiquement...
Il y a des choses inexplicables par l'écriture...

Elle est revenue dix minutes ensuite, c’était assez long !

Je n’ai eu aucune difficulté par la suite pour récupérer à l'heure exacte les mesures de l’examen, au jour dit.

…Le soir, à table, je raconte à ma fille :

« Il y a toujours des gens qui aiment organiser leur pouvoir sur une façade… ils sont chiants et désagréables. C’est agaçant, c’est tout…»

…Mon fils me rappellera simplement qu’il fera désormais ses futurs examens là où il les passe habituellement.

Posté par feuilllle à 11:33 - effeuill'âges... - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


27 mars 2007

Une semaine tranquille et routinière.

Jeudi, heure d’aube…

Il est étrange de s’éveiller dans le miroitement que donne le reflet spécifique de la neige au petit matin…la clarté froide cisèle les corolles pourpres de mes iris d’une fine sculpture hivernale et insolite en cette époque.

Tout est ouaté, calme, duveteux.

Les muscaris dodus, sombres à leur sommet floral, émergent d’une blancheur incongrue et sans tâche.

Les étoiles zébrées mauves pâles – des bulbes inconnus sauvés d’un ancien jardin parisien terrassé, penchent leur tête gracile alourdie de cristaux. (Je ne connais pas leur appellation scientifique)

Je ne vois plus une seule violette… les blanches, les parmes, les prunes, les presque roses, les violet foncé, les rouges, toutes sont emprisonnées sous le léger manteau poudreux.

Un hiver au goût acidulé de printemps, un printemps hivernal…les coccinelles et les gendarmes sortis trop tôt doivent être refroidis !

Je savais bien sûr que le temps ne tiendrait pas sa douceur à cette époque, les fourmis n’étaient pas sorties et ce signe est incontestable. Les bourgeons se trompent parfois, mais je n’ai jamais vu les fourmis aux prises avec les leurres du temps.

 

Le jardin est presque entièrement désherbé, et la semaine dernière, j’ai pu sarcler presque convenablement la multitude de plates bandes, qui ne sont ni plates car je jardine en terrain pentu, ni des bandes mais des espaces agencés au petit bonheur de mes envies. J’ai pu observer l’expansion de mes cyclamens et de mes jacinthes des bois, émergeant à peine mais vindicativement une pointe droite et feuillue.

 

Insensibles au gel, les poissons rustiques du petit bassin d’en haut continuent leur sempiternels cercles natatoires en toute sérénité. Un doux ciselé de frimas blanc et dentellé bâche l’eau obscure.

 

Le jour est lourd, il neige encore.

Les herbes pliées ou courbées se tassent sous sa masse, douce au toucher.

Le ciel restera bas toute la journée…

 

Samedi, heure d’aube…

Il fait froid et humide, mais pas de pluie, pas de neige, pas de grêle, comme la semaine dernière.

Je suis assise sur le rebord de ma fenêtre qui fait un siège idéal pour « copiner » avec l’abri des écureuils du Chili.

J’aime ce moment « café chaud-parka », quand tous dorment encore dans la maison. La faible lueur du matin sec mais glacé de ce jour me permet de voir la famille pelucheuse des petits rongeurs envahie des détritus de l’hiver.

Je nettoie la grande cage deux fois par an, car ils construisent des tunnels sous le foin et des branches (hachées menu par leur soin), des souterrains à plusieurs niveaux, et apprécient ne pas être dérangés dans leurs pénates.

Ils aiment vivre en « trois D » et grimper, mais ils dorment enfouis dans des petits terriers structurés, se rejoignant entre eux.

Leurs déchets (corporels, épluchures, coquilles imputrescibles, bogues etc.…) sont toujours apportés sur le sol, ce qui contribue à élever la température interne. Ils ajoutent des « couvertures » ou aèrent les coins à dormir selon le temps qu’il fait.

Au désespoir, je vois laVieille Mère, âgée de presque cinq ans, facilement reconnaissable à sa queue coupée lors d’un intermède agité avec la chatte, morte dans un coin de l’abri.

Ma gentille complice qui venait se loger sur ma main et me regardait avec des yeux si doux s’est retrouvée coincée entre la porte et le chambranle : elle était mal fermée, et je pense avec tristesse que j’aurais dû m’en rendre compte, car je connais le défaut de ce refuge que j’ai construit moi-même. Elle aurait pu vivre encore quelques temps ans cet accident…

Je me décide à tout nettoyer, dresser quelques nouvelles grosses branches (deux mètres minimum) pour que les futurs petits qui ne manqueront pas de venir puissent s’amuser à les écorcer et faire leurs dents.

 

Je gratte les souillures, parle doucement avec les membres du groupe qui, à l’affût sous un bout de bois ou sous une brique, reniflent et observent ; m’observent…

La vieille maman me manque déjà ; inconsciemment, le lève les yeux au plafond, là où je la voyais souvent , calme et immobile, le regard vigilant sur ma présence, se laissant caresser finement des oreilles au bas du dos gentiment.

Je sursaute ! Cette place que je pensais être un endroit choisi au hasard par la plus vieille maman est devenu le territoire d’une autre !

Je réalise que le groupe vit dans une organisation structurée et matriarcale, et que la surveillance se fait en toute logique dans l’endroit le plus approprié. Je suis sidérée.

J’en suis sure, cette femelle est devenue la nouvelle maîtresse des lieux.

Je n’avais jamais caressé que l’ancienne Matriarche, car il faut bien l’appeler maintenant ainsi. Je me décide à tenter une timide caresse sur le dos de la nouvelle, m’attendant à sa fuite habituelle.

Je suis surprise : elle se laisse faire et semble ne pas avoir peur.

Les autres se sont cachés, mais passent de temps en temps rapidement entre mon grattoir ou mes mains.

La dame émet un cri sifflement rapide, vient se poser sur une planchette assujettie au grillage, tout près de moi, à hauteur d’épaule.

Nous nous regardons.

Je ne sais pas ce qu’elle veut me faire comprendre. Je suis frustrée de cette incommunication, en même temps heureuse d’avoir une nouvelle compagne qui n’ait pas peur de m’approcher. Dubitative, je continue ma besogne, ramasse un des gros cylindres de carton fort qui traîne à terre pour le vider de ses saletés.

 

HOUCHE !

 

Cinq minuscules boules de poils bruns et tièdes sont passés sans peur du cylindre au sol, en traversant ma main, et courent rapidement se terrer dans leur gîte. Il n’y a aucune souillure dans le cylindre.

 

Cinq ! Déjà !

Ils ont entre quatre et six jours.

 

… Je dépose précautionneusement les noix et les cacahuètes, les noisettes et un restant de châtaignes, une pomme et de l’herbe fraîche. Des graines aussi…Du pissenlit, du thym. Du foin propre et de la paille dans un coin. Quelques violettes et quelques fleurs et bourgeons de pommier sauvage…

 

La nouvelle Matriarche est retournée sur son reposoir de surveillance…

 

Voilà. C’est fini. En septembre ou en octobre, je recommencerai. D’ici là, la nouvelle Matriarche aura su m’apprivoiser… Sourire…

 

 

 

Lundi, heure d’aube…

Deux hérons s’envolent de la pâture… Je respire un air humide d’embruns encore…Ces jours derniers, la cheminée a encore craqueté et postillonné des myriades d’étincelles dans son âtre.

La chaleur de ma cuisine ne m’empêchera jamais d’aller « sentir » chaque matin l’odeur du temps…

 

Les écharpes merveilleusement blanches des vapeurs de la Terre habillent de molleton insonorisant les petites collines des environs. L’acoustique est séquestrée entre les pans des petits vallons voisins.

Entre les fûts encore dégarnis, un soleil presque rouge, grandit par la vision basse que j’en ai à ce moment, parait frémir sous les vibrations de la lumière encore bleue.

C’est une image troublante qui change très perceptiblement à chaque seconde. J’observe que le brouillard reste épais et dense, deux grandes heures.

Quelque part, un effluve incongru de violette émèche la brume et mon sens olfactif…

 

Lorsque tout s’illumine et que le soleil devient brillant et chaud, s’éclatant dans un ciel bleu, bleu, bleu, je décide de partir la journée avec mes deux chiens. Ma gentille husky aux yeux de louve brillant rouge la nuit, et mon gentil bâtard un peu « foufou » à la truffe perpétuellement inquisitrice.

Plus de brume… pas de nuages…pas de vent…

Une simple tiédeur bienfaisante et tonique qui annonce le prochain recul définitif de l’hiver.

…Les fourmis ne sont pas encore sorties.

 

Je marche entre forêt et prairie, je grimpe plutôt un des nombreux layons qui sillonnent le coin. Je suis à 4 km de chez moi, distance vol d’oiseau. J’ai garé ma voiture entre deux champs, plus bas, pris ma veste et mon sac de promenade, et hop les Chiens !

De toutes leurs pattes coussinées de noir, ils galopent et me distancent rapidement. Je prend le temps de voir les papillons jaunes ou bruns voleter entre les pervenches et les coucous, les pâquerettes et les violettes.

Dans le bois les anémones blanches et les tiges encore vertes des jacinthes sauvages foisonnent.

Un gros bourdon fauve clair butine une corolle ouverte de fleur d’églantier. Sur de très jeunes épineux, un groupe de coccinelles prend le soleil sur leur carapaces

Certaines copulent, deux par deux. Je coupe au travers d’un bois clair et symphonique, je veux atteindre le sommet de ce vallon.

A la mi-journée, j’ai déjà les bras chargés de bouquets de ramilles bourgeonnantes, de pieds de fleurs, de mousses humides, et je dois entrelacer avec des lianes de chèvrefeuille les branches fleuries de pommiers sauvages pour les porter plus à l’aise. Mon sac est plein.

De temps à autre je siffle mes Toutous pour vérifier leur présence. Je les sais fugueur au printemps…C’est ainsi que je me retrouve parfois avec quelques chiots imprévus !

 

Je suis entre deux bois. Une mince pente d’herbe fine, chaude de lumière et de soleil les sépare Allongée sur le dos pour un relaxant répit, je cligne des yeux face à la clarté du ciel.

Les sons des bois me parviennent.

 

…Cri d’alarme ! Un faisan mâle passe en criaillant au dessus de la sente et vole en zébrant le ciel de sa longue queue mordorée. Mes chiens ont sans doute dérangé le nid, et la mère est sans doute restée pour le protéger. La couvée n’a aucune chance avec ma louve, je le sais bien. Son atavisme et son instinct ne résistent pas au besoin ancestral et indompté de prendre proie.

Je siffle, je les appelle…Rien de canin ne remue autour de moi.

Ils sont loin.

Je les piste au travers des halliers, les arbres à cet endroit sont serrés, et pas une fleur au sol ! Je dois traverser plus d’un km de bois dense même sans le touffu des feuilles, pour tenter de retrouver mes compagnons, au moins visuellement. Une multitude de branches et troncs morts entravent mes pas. Courbée en deux, par moment rampant presque, j’avance tout de même, péniblement, mais j’avance. Les branches sont si serrées, y compris vers le bas, que je ne vois pas très loin devant moi. Heureusement beaucoup sont mortes et cassantes.

… J’avais oublié ces crapahutages aventureux ! Je suis fortement griffée, mais je gagne un temps précieux sur la marge présumée qui nous distancie.

 

…J’ai passé l’après-midi à les poursuivre…je suis retournée plusieurs fois à la voiture et dans les endroits précis des pauses effectuées au hasard de la ballade.

J’ai le cœur gros, je m’inquiète, je sais que Belle la husky et Fritzou peuvent s’absenter plusieurs jours d’affilée, et les risques de ravages encourus sur les cheptels fermiers sont réels. Et puis il y a les routes, petites mais justement perfides, toutes en virages et peu populeuses, donc surprenantes.

Je peste.

 

Fin d’après-midi : je reviens une dernière fois au chemin de départ, par acquis de conscience, n’y croyant pas.

 

Mes Toutous sont là, air sage et queues frétillantes.

 

Ils sont essoufflés et ont soif, crottés des membres et mon terrible bâtard fauve est plein d’herbes accrochées sur son long pelage frisé.

Ma colère s’éteint immédiatement : chers bons chiens… finalement ils se sont bien amusés : nous avons joué aux gendarmes et aux voleurs, à cache-cache ou aux aventuriers…

C’est bien mes Braves : vous êtes restés ensembles.

Je peux enfin planter les racines prélevées là-haut.

 

…les Chiens ont bu, à satiété. Ils dorment.

La Matriarche des écureuils veille à l’endroit habituel.

 

 

La grive musicienne est là. Je m’essaie à quelques trilles, plus humaines qu’ornithologiques.

Elle répond en modulant des airs impossibles à transcrire, qui décochent dans le déclin du jour des éclats de bonheur strident.

Il fait encore bon…Ma cheminée est froide…ce soir je ferai une flambée qui adoucira le crépuscule.

 

 

Rappel :

 

*Je ne cautionne absolument pas le transfert des animaux d’autres pays chez nous, mais j’avoue que j’ai craqué lorsque des gens que je connaissais à peine m’ont présenté deux boules de poils pas plus grosses qu’un poing de bébé humain, en me disant d’un air contrit : (« -Euh vous les prenez ? On ne sait pas quoi en faire ! »)
Je sais je sais : je n’aurais jamais du accepter, mais il y a toujours un de mes enfants qui apparaît dans ces cas là, averti par un sixième sens, et qui m’oblige à lever mes réticences ; d’autant plus que le premier arrivé se dépêche d’en aviser l’autre.
Les enfants sont la plaie et le bonheur des parents, c’est bien connu. 

 

 

 

Posté par feuilllle à 08:21 - effeuill'âges... - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 janvier 2007

Les Encres de la Terre.

 

Le héron cendré se tait.

Le marais est vague encore sous les brumes humides et sent la mousse.

Mon petit appareil photo bien en main, je m’approche presque en pataugeant dans les boues ramollies, par contre mes pas crissent de temps en temps lorsqu’ils déplacent les tiges des anciens joncs et roseaux un peu gelés.

C’est l’heure de l’après aube, un moment moite et frais que j’adore, sans vent.

Une corneille croasse et son cri me fait sursauter.

Vêtue bien chaudement, j’attends paisiblement, à califourchon sur la vieille souche, que la lumière vienne illuminer sans bruit le vieux saule trumeau, que le pâle soleil hivernal précise les contours des feuillages et que les signes vibrants des rares insectes et des oiseaux s’élèvent dans le jour…

Å  cette heure et en cette saison, dans ce lieu, tout bruit est inhumain. C’est un des instants magiques que la nature nous octroie quelquefois, une sensation de plénitude absolue, un bien-être contemplatif et fondamental.

Peut-être certains y sentent un dieu, une entité extra-ordinaire, là où je n’imagine rien ; mais un rien construit et empli d’un amas de pensées bienfaisantes ou positives, équilibrées de ses contraires, réunies en ondes spécifiques qui planerait ou se ramifierait dans l’espace, se frôleraient, s’amalgameraient peut-être…

Des pensées humaines qui auraient fabriqué l’idée ou l’image – ou l’existence – du sacré  concept « mi dieu mi diable », par admiration de la Vie, par effroi de sa Mort ;

 

Et par peur de sa petitesse, de l’inconnu, du Bien qui finalement ne se repère qu’avec le Mal ;

Par crainte enfin de sa force réelle, potentielle et avérée, qui lui demande tant d’efforts,  pour rester bienveillante, créative et efficace, ou pour y parvenir…

 

…J’ai laissé passer la lumière.

Les superbes moignons de l’Arbre m’attireront encore et encore, jusqu’à ce que je puisse inscrire ses merveilleuses écorces échancrées de toutes les Encres de la Terre sur les lignes de la plus vaste de toutes les bibliothèques humaines.   

feuilllle, texte protégé.
sourires à tous et à toutes.

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07 décembre 2006

Rencontre Internautique

Et bien sur que oui, Messieurs et Mesdames les Politiques, si nous décidions de faire la grève des impôts, vous ne pourriez rien y faire ! Vous ne sauriez tous nous enfermer : vos prisons, inutiles vu les résultats obtenus, sont bien trop pleines !!!

(...Membres du Parlement, pourrions-nous voir les comptes, s'il-vous plaît ? )

 

RENCONTRE INTERNAUTIQUE

 

« Communiquer, ce n’est pas forcément partager des écrits des images des moments, mais c’est partager des émotions, s’en offrir, des communes et des personnelles. »

Le véritable échange est dans le partage des émotions.

…Phil l’a dit, je l’ai pensé un peu au même moment.

 

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Ce matin les brumes bleues ont envahi ma région…la nature encore floue est comme léchée par les nues voilées de buées. Cela sent l’humus et la rosée, le champignon et le compost. Divers copeaux de lumière traversent les collines, et j’assiste d’un regard avide au lever du soleil.

Il fait doux. Le ciel est d’un bleu léger, un peu de la teinte turquoise des yeux de ma fille.

La pluie est tant tombée que les arbres ont cette couleur mouillée qui brille en ruisselant. Le vent a tant soufflé qu’il stagne et fige à présent la moindre branche…

 

Le temps est tendre…
La maison est calme.

Elle a beaucoup reçu ces derniers jours, une agitation lui a laissé des murmures en ses murs, des instants joyeux et des objets inhabituels, offerts ou oubliés.

Quelques cônes d’encens aux fragrances naturelles la parfument, des livres traînent, en regrettant d’être déjà lus, des recettes culinaires sont encore accrochées au dessus de ma vieille cuisinière.

 

origami_souris_032   origami_souris_051   origami_souris_034

Pris par le désir sain de la dévirtualisation, nous avons passé quelques jours ensembles.

Ils viennent et par ordre alphabétique, des 35+, (anciennement Tiscali, puis canal muté sur Epiknet) de #ARTS, de CANALBLOG, de CERCLEdeFAERIE, de #LIVRES, et de LU.

À ceux qui ne purent se joindre à nous, je dirais simplement que :
Il ne faut jamais regretter l’absence, il faut s’arranger pour être là…
Et il y aura d’autres occasions.Sourires...

 

 

Mercredi 22 novembre 2006

Au travers des forums ou des blogs, nous ignorons tout des uns des autres ; nous nous repérons, bien sur, et nous cueillons, un peu comme si, d’un grand champ de fleurs nous voulions obtenir un énorme bouquet, et où nous trouverions les teintes nuancées qui seraient susceptibles d’être complémentaires aux nôtres.

Nous nous flairons avec délice, frustrés parfois de ne connaître qu’imparfaitement les êtres avec qui nous partageons. Sans les gestes et les mouvements qui nous posent dans l’espace face à un environnement et aux autres, sans les odeurs et parfums que nous dégageons, sans les regards, qui restent pour moi les meilleurs outils de traduction et de transmission des reflets des âmes, sans les voix, sans le direct enfin, nous sommes éloignés.

Le net nous lie par re-connaissance. Mais il nous ampute et nous entrave.
Les mots, les images, ne sont pas toute une personne. 

Nous n’aimons pas les masques, et nous nous côtoyons.
Et bien sur, il y aura toujours les personnes que nous ne verrons jamais, trop éloignées géographiquement.

Je pense à cet homme bleu du désert, qui n’a pu obtenir de visa, je pense aux Canadiennes, à l’Islandaise, à qui je n’ai même pas songé oser proposer une invitation que je savais refusée d’avance.

Je pense à tous ceux qui aiment la nature, je pense à tous mes liens, ici ou ailleurs.

Je pense aux Créateurs, aux Ecrivains, aux Bâtisseurs et aux Altruistes.
Nous sommes tous, finalement, des artistes de l’Ombre…

 

 

 

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Mercredi 22 novembre :

Le téléphone !! Phil, parti ce matin de l’Ariège, est enfin aux confins du Vexin Normand, c’est le premier arrivé de la rencontre du week-end, et il a un rêve étrange: celui de connaître le Mont-saint-Michel.
Demain jeudi nous y passerons la journée.

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Mais c’est une autre histoire…

A partir de ce moment, les invités étageront leurs arrivées jusqu’au samedi, temps fort de la fête. Ils resteront parfois jusqu’au mardi, et le même jour nous nous retrouveront à Paris, quartier saint Séverin, puis au caveau de la Huchette, dans la soirée, pour écouter Roda Scott, jazz.

Cela est aussi une autre histoire…
Tout se tient, mais certaines visites ou activités méritent un écrit à elles seules.

 

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Vendredi et samedi:

L’émotion première des retrouvailles passée, chacun / chacune s’est installé : du salon au grenier, un genre d’internat provisoire, non strict, s’impose dans les divers endroits possibles de la demeure devenue commune.

On voyait les sacs et les valises entrebâillées, révélant des contenus hétéroclites, des serviettes de toilettes aux cotés des portables qui ne passent toujours que fort peu chez moi, des paquets enrubannés et colorés et des vêtements laineux. (Ceux qui viennent du sud craignent souvent d’avoir froid, mais ils ont eu trop chaud !)

Le vendredi soir, nous prenons une avance certaine sur ceux qui ne seront là que le lendemain. La nuit révèle nos lumières…


Birdy est venu avec sa chaleur accoutumée et sa lunette piédestal pour observer l’environnement, et surtout les oiseaux. Le lac est refuge naturel de la faune ambiante, les canards sont nombreux et de races parfois rares, m’a-t-il dit.

Je le sais Birdy…sourire. À un moment de cette rencontre, je ne sais plus trop bien lequel tellement les douceurs du partage se confondent, bien après ton arrivée, tu emmèneras avec toi la moitié du groupe pour une ballade d’observation et d’oxygène, et vous êtes revenus deux heures après avec les joues rosies et plein de choses à extraire de vos observations.

Je sais Birdy…les odeurs de musc automnal, la plume bleue qui plane esseulée, martyrisée par les vents frais qui rident le lac, le cri du geai et le vol des choucas, le pas lourd qui pénètre l’humidité de la terre…

Je sais Birdy…Les hérons cendrés argentent les champs alentours, les concerts des volatiles s’organisant en fonction de la lumière du jour, de la clarté du ciel, et de l’heure et de la saison... La flore est encore nombreuse et vivace dans ce petit coin terrestre protégé.

L’ornithologie est  plus qu’un passe-temps : plutôt un art de vivre et un besoin de frôler ce qui vole et parait libre…

...Birdy s’envole ainsi, en suivant des yeux une aile teinte d’azur ou de mordoré, un éclair fugace traversant un segment de bois ou de pré…je crois qu’il regarde loin pour s’approcher de l’horizon…

 
Les yeux de forêt « mi printemps / mi automne » de mon fils rencontrent les nôtres, nous sourient…

 

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Un autre groupe durant ce laps de temps finissait les onctueuses tartes au sucre ou au fruits  variées dirigées par Lilli, rituellement réclamées à chaque rencontre. Comme d’autres présent(e)s aujourd’hui, Lilly est un de nos piliers, et ce n’est pas Jojo son époux qui dira le contraire. Lol.

Nous avons ensemble cuisiné des mets simples mais succulents, et le mélange des régions représentées nous a fait découvrir d’autres saveurs aux uns et aux autres. Les fumets s’envolaient de la fenêtre et présentaient leur suavité gourmande aux rares passants attirés par la joie.

Nous avons préparé des musiques, dressé le couvert en laissant le parquet libre pour danser, et dans la multitude de gestes et d’actions obligatoires et agréables, nous avons vétu la table de faïences et organisé les sièges.

La boule de danse multicolore reste désormais accrochée toute l’année, presque au sommet de la salle.


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Nous avons commencé à discuter dans les mêmes temps sur des sujets qui nous tiennent a cœur.
Je me rappelle le débat sur le sens du sacré, bien sûr que les laïcs en ont un, la spiritualité n’est pas que pour les religieux !

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Je me rappelle aussi ce moment sucré comme l’enfance passé à construire des origamis, sous la direction de Fladnag, dont on lira un peu plus tard un texte fantastique doux comme ses yeux. Nous attendions la fin des cuissons des aliments, et il avait demandé des feuilles de papiers… autour de la grande table de la salle que je baptise pompeusement la cuisine, les petits papiers pliés apprenaient à devenir fleur, ou animaux…

Ses oiseaux s’envolent et les mains qui le suivent plissent des accords entre les âmes…

Il est étonnant d’agilité manuelle… et informatique ! Ses longs doigts pianotent les syntaxes informatiques sur le clavier numérique si rapidement que l’on se demande si le chant qui s’y inscrit aura le temps de rêver. Son site possède la noblesse ténébreuse de sa fantastique blondeur…

Il améliorera mon blog un peu plus tard. C’est un Elfe.

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Durant tout ce temps, Phil a gratté avec brio la guitare prêtée par mon fils. Les airs folk, classiques ou amusants ont accompagné sa voix pour notre plaisir à tous. Il chante bien. Il nous enchante !

Avec sa verve rare mais coutumière, souvent acidulée d’images spirituelles, jamais moqueur ni méchant, il est la franchise même. C’est un homme regardant la vie « en face à face », d’une honnêteté intellectuelle sans faille.

Il m’a écrit un poème enluminé que je vais encadrer, et m’a construit une magnifique couverture-écrin en feuilles mordorées et naturelles pour une sublime édition du  livre "Le Prophète" que je voulais connaître depuis longtemps »…

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Le moment des origamis, parsemé de musique, ou de ballade dans les brumes : des bonheurs simples…
Nous nous retrouvons autour de la  cheminée craquetant et les écorces enflammées sentent « chaud »…


 Lotus est là elle aussi, elle aussi toujours. Son sourire est perpétuellement communicatif, ses expressions du visage me déconcertent encore : c’est la seule femme que je connaisse qui peut passer très rapidement avec authenticité de la naïveté et de l’étonnement le plus total, à la gentillesse et l’intelligence aiguisée.

Ses rires sont fréquents et sonores, très contagieux. Sa présence chaleureuse et drôle, bienveillante et efficace nous est indispensable. Elle aussi sait installer et provoquer des fils tissés solides avec ceux des autres.

 
Laféedesfôtes est venue de Touraine avec son plus jeune fils de 12 ans. Un gamin plaisant qui s’intéresse à tout. Au repas du samedi soir, Yannick a ouvert son cahier de brouillon d’écolier, a lu ses quatre poèmes dont les thèmes révèlent déjà chez lui la philosophie de certaines des interrogations humaines, comme le soulignera Phil : la mer, le temps, la musique, l’amour…l’enfance aussi s’interroge et ressent l’amour.

Quatre textes fugaces, lus dans son sourire, et ses yeux brillent, et les nôtres aussi. On devine l’enfant appliqué à dispenser, comme nous tous ici, ses émois et ses interrogations, sans fard ni ostentation.

La fraîcheur des mots, leur rythme phonique, l’image qui en émane…

La place de l’enfant dans le monde des adultes…

Muriel « s’éclate » : elle explique sa région à Philippe, (un autre... Que de Philippe !) qui la connaît bien puisqu’il y est né ! J’entends parler pommes, vergers, marchés, climat, poires et je par inadvertance, regarde l’horloge !

C’est surprenant ! La dernière fois que je l’ai regardée, il n’y a pas longtemps me semblait-il, elle affichait 10h30…

Il est en fait plus de 16heures !

Mon exclamation de surprise fait tourner la tête interrogativement de tout le monde ; j’explique. Oui on ne voit pas le temps s’effilocher tellement il est précieux.

C’est inéluctable : il nous fait le coup chaque année de son élasticité et de sa célérité ! Mais finalement, si nous ne pouvons rien contre lui, il ne peut pas plus nous atteindre, car ce que nous lui volons au travers de toutes nos obligations quotidiennes et familiales, sociales et affectives, il ne pourra nous le reprendre !

Rires…

 

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Dans toutes les rencontres, il y a les « subjuguants » et les « subjugués ». Ils inter-changent de fonction selon les activités et circonstances et la forme d’écoute de l’instant, mais les yeux s’entrecroisent continuellement,  les uns sont enchevêtrés aux autres.

 

Ovéa et Alex se tiennent aimablement par le rire et la tendresse. Ils observent tout sans trop oser participer au début.

Je les verrais un peu plus tard contribuer à la joie ambiante par la danse, les sourires et les conversations diverses.

Qui a dit que les générations étaient sectorisées ??? !!!

 
Dans un vague moment d'un après_midi du week-end caché dans les strates du temps, nous sommes plusieurs à siroter tranquillement qui un café, qui un thé, qui un jus d'orange...Je dessine à coups de pinceaux fins sur ma main gauche en ocres diverses des points et des feuilles, des fleurs et des spirales…Notre gentille Conteuse se lève. C’est une enchanteresse…

 
Philippe débute le barbecue, installé sur la cheminée. Mon complice entre en scène, présent dans son efficace gestion des mets et du bien être de tous.

 


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Lors de ces deux soirées, des rires fusent en éclatant de nombreuses fois. Des larmes de contentement et d'exhubérance sillonnent certaines joues.

Tour à tour sereins et calmes, ou démonstratifs et ardents, voir grandiloquents et comiques, nous nous transmettons nos façons de comprendre et de vivre le monde. Nous parlons de tout : politique ou argent, actualité ou littérature, écologie ou photographie, sentiments ou valeurs humaines.

C’est notre moment à nous, sommes devenus des boulimiques avides de nos retrouvailles, et…

…Le haut médoc présente un goût âpre de terroir sans tanin. Ça sent la vigne et la terre, c’est brûlant de charmes et de pourpre, c’est divin.

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…Des fleurs et des plantes ornent la table, venues de je ne sais quel magasin éloigné…

…La vaisselle des Aïeux s’apprête à subir les assauts des affamés…

Chacun a trouvé dans son assiette les petits marque-pages et les cordonnets colorés servant de décor à cheveux ou également de marque-page. La plupart de nous l’utilisent en collier. De petits accrocheurs de rêves dans tous les cas…

Je les avais préparé depuis quelques semaines. Tous différents, l’ancien cuisinier se retrouve par hasard sur l’unique cordon torsadé de bleu ! Sourire…

 

^Gabriel^, habitué  lui aussi de nos rencontres, est venu de la Roche-Guyon, cette ville qui actuellement tintamarre chaque soir pour en chasser les étourneaux ! 

C'est un homme génial cousu de tendresse, drôle et attentif à tout et chacun. Il nous explique qu'il avait envie d’un bonbon… Il nous présente sa magnifique voiture sortie tout droit d’une commémoration officielle. Garée près de ma porte d'entrée, l’effet superbe, cette splendide mécanique rutilante sur le fond de la petite place environnée de murs de pierres et de verdure…Car c’est vert bien sûr en Normandie encore !.

^Gabriel^, dont le pseudo affiche deux petites ailes grandes comme des écouteurs pour mieux entendre l’inaudible…

 

Au croisement exact de sa tempe et de sa joue, une des magnifiques pierres brunes de Réginelle étoile son visage et nous accroche par le cœur.

…L’inscription charnelle de la petite Bruneline de jadis est devenue signature puis dédicace au fil de ses livres…

Je garde toujours celui qu’elle m’a offert, contresigné et scellé de ses propres doigts, à portée de main. Sa plume précise et bienveillante est un hommage clair et concis, mais affectueux, à l’être humain.

À Muriel qui le lisait en diagonale, attirée puis séduite par ce qu’elle y déchiffrait, elle lui en promit un, qu’elle lui enverrait plus tard. Finalement elle en enverra six!

Je ne sais pas, il y a des gens généreux ainsi…

 
Elles sont toutes belles mes copines (les copains aussi), je n’ai fait quant à moi aucun effort ni extra vestimentaire !

Juste un peu avant le repas, je suis montée dans le grenier, Réginelle maquillait ! J’accepte exceptionnellement le fard, une fois n’est pas coutume, je n’aime pas beaucoup cela. Mais le résultat très discret est je dois dire, pas mal, (vivi !), et mon amie Lyla me passera une jolie tunique de crêpe fleuri de roses pour me mettre à l’unisson. Sur un jean, ça fait un effet bœuf !

Il n’y a que d’elles que je pouvais accepter cette transformation, remarquée en bas.

Les parfums féminins donnent une touche d’exotisme et de fleurs à nos reflets, mirés dans une vétuste glace au tain un peu passé. qu'importe!

Finalement on oublie vite l’apparence, quelques minutes mise à l’honneur et à l'amusement de se faire séductrice…

Le plaisir entre femmes (et oui des fois c’est bien de ne pas être avec les hommes, vivi bis !) est si fort que nous interdisons l’accès du grenier pour une heure aux compagnons.

Lorsque nous amorçons la descente, toutes riantes et complices, dont on ne sait exactement quoi, « ceux d’en bas » me préviennent que quelqu’un frappe à la porte ! Du moins je crois que c’était vers ce moment là, car mes souvenirs, quoique récents, s’emberlificotent un peu dans cet amas de petits évènements.

Je suis un peu étonnée car je ne comprends pas pourquoi ils n’ouvrent pas eux-mêmes, et dévale donc bruyamment les escaliers en colimaçon.

Je ne vois rien derrière la porte à demi vitrée mais j’ouvre.

C’est là que j’ai entrevu, saisie, un couple de souris arrivant avec armes et bagages, la fleur à la main, pour investir les lieux…

Bien sur, les éclats de rires marquent le cadeau étrange et spécial, je suis presque tétanisée par la surprise, je relève les petites figurines en préparant en pensée déjà leur histoire…

Merci Axelle.

 

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…Le récipient de punch est presque vide…

…Ce sont Fulmi et Anti qui sont arrivés les plus tard.

Nous sommes si heureux de les voir, qu’ils sont un peu « happés par le groupe. Je ne les connaissais pas du tout en « vrai », mais j’appréciais leurs mots aigus et leurs présences authentiques sur le forum Lu.

 
Je n’osais pas m’approcher de cette belle jeune femme, que nous voyons danser et virevolter avec l’aisance et la franchise d’un oiseau.

Tout à coup, elle se dirige vers moi, souris, et parle : contact !

Et je l’écoute, et je l’entends, au travers des musiques vives, et je me dis : mais, elle est merveilleuse ! Et dire que je ne la connaissais pas !

Je découvrirais mieux plus tard son époux, une soirée chez eux dans leur petite maison « cluedo » (je la nomme ainsi car ses nombreuses plates formes étagées, à cieux ouverts ou internes, me font penser à ce jeu sur quatre niveaux. J’y ai dormi après le caveau de la Huchette,  avec Réginelle et Jean : plus de train vous pensez bien ! Lilas était venue nous rejoindre et Axelle ne pouvant « Hucheter » vu son travail le lendemain, était passée nous retrouver rapidement nous bisouter. Une manière « à la  Parisienne », fort sympathique, de continuer la rencontre :)

Une chose encore : j’ai toujours dans une de mes nombreuses poches de veste des graines récoltées sauvagement par ci par là… je les sème à tout vent, dans les endroits propices…il y avait, posé sur une des minuscules terrasses de leur demeure, un grand pot presque vide… les petites graines discrètes des fleurettes s’y épanouiront-elles ? Je n’ai confié ce secret qu’à la terre…)

…Avant de me raccompagner le lendemain en début d’après-midi au RER,  Fulmi me donnera par dessus la table où nous venons de « pizzayer » un livre singulier et surprenant, normand, dont je me régale du patois et des histoires.

 
Les danses accompagnent le repas de fête, ou plutôt le scinde entre plats et trou normand, comme il se doit.

Mais elles ne sont pas les seules à l’entrecouper !

Il y a les textes lus, les jeux de mots, les rires sonores et pétaradants, les saillies et reparties, les simples sourires.

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Et puis, à un endroit de la nuit, La Voix !
D’un charisme rare ? Jean le Comédien déclame ; avec tout ce que ce mot peut avoir de noble, de porteur et d’absolu. Ses gestes caressent la lumière, je ne sais si c’est celle du lustre du plafond ou celle, plus interne, de sa propre illumination. Son texte est comme lui, décapant subtilement, pimenté et épicé, un peu délictueux, et surtout prenant…

Son corps gesticule à peine les mots, mais les soutient, la voix les provoque, le regard appuie les contours des propos.

J’avais déjà repéré sa voix sur une radio ; elle est puissante et sonne juste. Elle soupire ou hurle sans bruit, elle chuchote dans un cri, elle vibre ou tangue en fresques sonores.

Son oratoire sur les huîtres saigne salé et le rire s’alterne avec l’émotion.

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La valse des musique a repris ; les uns sont accordés avec les autres comme les arpèges ondulent sur leurs instruments.

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Réginelle, assise près de moi, exprime clair et haut son plaisir d’être là et son bien-être. Nous rions tous. Qu’aura–t elle à écrire elle, écrivain, de ces instants ?

Je crois que c’est à peu près à ce moment là que Axelle s’élève lentement de sa chaise et commence à faire frissonner l’ambiance.

Ses doigts flirtent avec l’air ambiant et JE VOIS la Vieille Dame Chinoise plier ses petits papiers.
Sa voix accompagne le conte, qui devient chant.
Une douce complainte nous enchaîne à l’écoute. La conteuse, (« ALaLueurDunPhotophore »), se déploie et sa voix accompagne le conte, qui devient chant.
Un son "tremblotant du fond de gorge" jette dans l’air ambiant des phonèmes qui illuminent la pièce d’une histoire.

« Tiannnn ninihichanihan...

…Hinihannichi ni han… »

Au-delà du simple conte, l’onirisme des mouvements lents doux et précis dépasse le temps présent et nous évade vers un autre ailleurs. La Chine, sûrement, mais aussi un territoire enchanté et merveilleux.*
J’imagine le silence attentif des enfants dans les nombreux lieux où elle fait valser les mots et les gestes en toute clarté, par les arabesques et les sons…

 

Thibaud écarquille tout grand ses deux forêts de noisettes…Peu disert, il retient tout de la soirée et me commentera intensément et chaudement les veillées dans quelques jours…

...

Cette année je décide de ne pas lire de poème, bien trop heureuse et comblée des œuvres des Ami(e)s. Je lis la petite nouvelle fantastique de Fladnag, un peu émue qu'il m'offre cette joie. J'en oublie le titre!
Beaucoup créent manuellement et écrivent dans notre groupe, je pense dans le même temps aux superbes poèmes de Lotus ...

...Mon pâté de tête "travaillé" la veille n’est pratiquement plus…Les carottes râpées n’étaient pas bonnes, par contre le céleri en rémoulade oui ; Phil a cuisiné délicieusement le riz façon autocuiseur, Philippe a grillé avec attention et vigilance les poulets et les charcuteries à cuire, nous avons par contre omis de présenter la salade verte avec le fromage, (hum ! les fromages normands !) Lila a fait des sauces, elle s’est « tapé » pas mal de lavage de grosses gamelles qui ne logeaient pas dans le lave-vaisselle. Ma fille me dira le lendemain :

 -« qu’est-ce qu’elle est disponible Lila, et toujours joyeuse ! »

Un petit Tuperware (et oui ! c’est inusable ces trucs là ! faut dire que la conception en était féminine !) bourré de pimentade trône en bonne place dans le réfrigérateur aux côtés de ses confitures artisanales. Lila pense toujours aux autres…

Je retrouve comme son sourire avec sa « sauce poulette » accrochée sur un des portants d’épices. Petit clin d’œil, Lila !

j'ai accroché dès son arrivée sa sculpture musicale dans une poutre de mon plafond, ce sont des feuilles et des cornes fines en terre légère qui "clinquent" en remuant au moindre souffle de nos passages...

Le tire-bouchon offert dans l’après-midi est suspendu lui aussi, bien en évidence dans le même coin. Il reste des bouteilles, je les mettrais en cave pour l’année prochaine. (Oubliée sur la fenêtre ^Gabriel^, ta liqueur de vin blanc!)

 

Dans deux jours, je discernerais au hasard des pièces et des lieux tout un ensemble de choses, témoignages vivants et amicaux, délaissés exprès mais comme par inadvertance, un mixer tout neuf, jaune comme un soleil, de jolies tasses fines, de l’encens a damner les drogués ! Des petits papiers plissés d’amitié et de formes sauvages…

Je découvrirais aussi les « AKiKCé ? », genre de choses réellement oubliées celles-ci, la parka de Yannick (Tours), il l’aura avant Noël, je dois y passer prochainement, une tunique brodée noire et à petits boutons  de jais, les affaires de toilette de Réginelle, (elle les retrouvera je ne sais quand), la tunique rose de Lila qu’elle soutient m’avoir offert, quatre ou cinq briquets, qui fermeront leur flamme chez moi au fil du temps je pense…Des petites choses vivantes…

Nous avons tous et toutes bien « donné » ; nous sommes ressourcés par cette indéfectible amitié qui nous caractérise. Cela fait maintenant plusieurs années que nous récidivons.

Personne n’oubliera d’emporter les petites fabrications que je vous avais faites. Merci.

le lendemain, nous rangerons, nettoierons, certains repartiront dans la journée, le lundi beaucoup travaillent. Mais heureusement pas tous. Le « midi » à trois heures nous serons encore pas mal à entourer la table, à pinailler sur des photos ou rire de nous ! Je noterais que Jojo est un moqueur acharné quand il s’y met ! clin d'oeil…


Danses, rires, causettes…
Desserts, cognac, volutes voluptueux des cigarettes…

Le petit matin nous retrouve tous un peu alanguis, je n’ai pas vu passer la nuit. Les autres non plus.

Fatigués, cela fait tout de même deux jours que nous faisons la fête pour certains/certaines, et un peu en regrettant de ne pas contrôler suffisamment nos corps et ce besoin indécent de sommeil dans ce contexte, (nous aimerions durer et durer encore, et rester ensembles) nous commençons à nous séparer.

Fulmi et Anti sont déjà partis.

 
...Il est six heures trente.

Je rejoins Lili et Lyla dans la salle du bas, j’étais en train de discuter avec ^Gabriel^, Lotus et Birdy… Réginelle vient de nous quitter pour nous tromper avec ce sordide Morphée, le reste de la communauté ne demande plus pour la plupart qu’une chose : dormir !

Nous dégustons la soupe à l’oignon de ^Gabriel^, il a oublié le sel à son habitude. nous nous régalons. Il y a des rituels inconscients...

Les sièges se vident…

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L’heure des femmes, entres elles, confidences et chuchotements, Lili et Lyla…

Lili, notre merveilleuse pâtissière en chef, notre adorable brodeuse de ma Thiérache natale, celle qui me fera redécouvrir cette région des décennies enfouie au fond de mon âme… Lili, toujours avec son sourire engageant, sa vivacité de petite brunette Italienne, celle que Jojo regarde avec tant d’amour dans les yeux et depuis si longtemps, que l’instinct de protection vigilante se dessine dans chacun de ses pas…Oh ! Gentille Lili, ton inimitable accent du nord mêlé à ton physique du sud !!!

 
^Gabriel^, Birdy et Lotus sont partis eux aussi se coucher…Deux doivent être enlacés, au creux de leurs rêves, de leurs espoirs, de leur générosité et de leur présence manifestes et circonspectes…

Alexis, Thibaud, Jean, Solène, Philippe, Phil dorment déjà...

J’observe en souriant Lila. À tout instant, elle a déversé sa joie de vivre dans tous les coins de la maisonnée. Ma ravissante Amie a posé sur son visage la trace finement cernée et légèrement mauve de la soirée. Sa voix accentuée des échos de la mer et du sable du sud fredonne encore ses pensées. C’est toujours elle qui « tient » le plus « la pêche » ; je ne sais pas si le mot de cette expression est relié au fruit ou au sport…Si quelqu’un peut me dire…

La minuscule corne de corail qu’elle m’avait offerte l’année dernière est toujours suspendue solidement à un anneau de mon sac.

 ...Tout dort… Bêtes et Gens sont calmes…le petit matin est sombre de sa noirceur hivernale.

Je prospecte une dernière fois la maison pour être sure que chacun dispose de sa niche, de ses couvertures et oreillers, de son confort quoi !

Tout va bien…

J’ouvre doucement la porte-fenêtre du premier, que j’entrebâille sur des étoiles nombreuses et scintillantes de froidure ; je m’installe en m’accoudant sur la balustrade quelques minutes, dans cet oxygène merveilleux du Cosmos, sur le tout petit balcon.

C’est mon heure et je contemple l’infini du ciel froidement cloué d’éclats perçants, une dernière fois avant d’aller m’allonger et  fermer les paupières…

Paix et sérénité…Bonheur…

 

Sourires à tous et à toutes,

feuilllle.

 

*merveilleux : au sens propre du terme : surnaturel ; en littérature, ce qui est produit par une intervention surnaturelle.

 

 

 

 

 

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06 octobre 2006

"C'est pourquoi? C'est à cause de vos roses..."

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"C'est pourquoi?
C'est à cause de vos roses..."


Banlieue sud de Paris. Une ville importante, écrite en gras sur la carte routière... Je m'y promène, à pieds, ayant eu une légère panne de voiture dans ce coin. J'ai environ deux heures "à perdre", avant que l’ausculteur/garagiste rafistole un des pneus.

Ie quitte presque inconsciemment la grande et étouffante zone nouvelle, cité dense et populeuse, qui écrase les regards des ses néons surélevés, de ses blocs de bâtiments parfois décorés d’un arbre gris et rachitique sur un balcon, et de ses tours impossibles à fleurir (fenêtres uniformes obligent).

Je dévie…Les rues que j’emprunte deviennent de plus en plus silencieuses, écrasées de soleil (c’est le début de l’après-midi, le plein été) et les « cités –blocs » sont peu à peu remplacées par des centres résidentiels et commerciaux moins vastes.

Imperceptiblement, tout se réduit dans cette échelle démente et inhumaine que sont les Villes Nouvelles, urbanisées à l’excès. Au fur et à mesure de mon écart, le béton reste, mais se tâche agréablement de verdure, et de minuscules maisonnettes individuelles osent enfin se dévoiler. Elles sont toutes cernées de jardinets qui embaument les ruelles peu fréquentées. C’est tout comme un Village dans la Ville...

Je déambule, les bruits détonants des klaxons et des moteurs sont comme tamisés par la tranquillité des maisonnettes. Ici, c’est la vieille ville qui borde le cœur tout neuf qui abrite des innombrables travailleurs et résidents, car le centre industriel, bureautique et résidentiel, relativement récent, à été bâti sur sa bordure…

 

Des fumets culinaires se mêlent aux odeurs végétales…

 Une petite maison « m’appelle » : des parfums floraux s’en échappent, je peux en suivre les rubans éthérés presque tangiblement.

Elle est en pierres cimentées de gris, les mousses s’accrochent sur les rambardes maçonnées de son escalier de sept marches, évasé vers le bas. Des corbeilles de fleurs bleues sont suspendues sur les deux portants d’un auvent de verre épais et ocré. Il doit protéger les marches du traître gel hivernal…

De chaque côté, des murs pleins sont recouverts presque entièrement de végétaux rampants, de plants tâchés de corolles variées, d’appliques forgées débordantes de plantes.

Quelques oiseaux pépient et volètent du toit aux parterres, fouillis et pourtant soignés. Le gros avion grondant au loin ne les assourdit pas…

Une « vasque fontaine », un angelot armé d’une minuscule lance de bronze sculptée au bout de ses mains de marbre, chante son infime gargouillis doucement. L‘air ici frétille de bruits d’ailes, de mouvements imperceptibles au premier abord, de musique animale.

Et les parfums ! Des volutes indiscernables semblent tisser l’atmosphère d’un goût acidulé  et sucré.

Le jardin doit être dédié aux roses. Il y en a partout, débordant leur encorbellement fleuri de nuances teintées de jaunes, de blancs, de rouges et d’orangés, de mauves et de roses. Un des rosiers penche ses têtes pourpres et investit presque le trottoir en le recouvrant partiellement en hauteur. Ses feuilles sont vernissées d’un vert très sombre, mais réfléchissent la lumière par éclats, tendrement caressée par le vent léger.

Sur la droite, un autre rosier chamarré de violet et de rouge penche une fleur encore lovée, un bouton dont les deux lèvres s’entrouvrent sensuellement pour lécher le soleil…

La maison est à peine trois mètres de la petite route, et déjà je me crois, je me sens, je suis dans un autre monde.

 

Le jardin ne se dérobe pas, mais dissimule un peu la petite habitation à un étage, et sa symétrie révèle en partie ses pièces. Les deux jardinières de géranium rouges et roses embellissent probablement deux chambres…

 Je reste devant la grille d’entrée, en fer forgé de noir, et ajourée de tortillons gracieux ; un mur bas de même « façon » que les autres soutient des barrières noires et brillantes elles aussi. Le tout bien évidemment arboré de telle sorte que le fond du jardin n’offre à la vue qu’un tunnel flou et magique inviolable… Par le côté droit, j’aperçois un ensemble vague, quoique parfaitement délimité, et tamisé d’ombres dansantes, qui laisse supposer sans le révéler un espace encore plus étendu, plus riche, plus profond qu’à l’avant.

 Une antique cloche grosse comme mon poing appelle à tirer un « Sésame, ouvre-toi » de sa chaînette…

 

…Je souris intérieurement…Combien d’enfants se sont-ils amusés à faire tinter cette clarine avant de s’enfuir en courant et en riant ???

 

Pourquoi ai-je fait cela ? Comment ai-je pu… ?

Je sonne ; une fois, deux fois, trois fois. Il me semble percevoir un mouvement près de la porte qui s’ouvre enfin…

 -« C’est pour quoi ?

 - C’est à cause de vos roses ! »

Je répondu stupidement, ne sachant trop quoi dire, ne sachant pas trop non plus pourquoi j’ai actionné le carillon, c’est la première fois que je fais cela, j’ai honte et me sens toute bête.

L’odeur entêtante d’un tilleul assorti du bourdonnement tenace des abeilles du coin ( !) m’obsède.

Mais la Vieille Dame toute menue me regarde et un sourire lui allume le regard. Elle descend doucement l’escalier luisant de clarté et trottine vers moi en sortant d’une de ses grandes poches de son tablier rayé de bleu la clef de son portail.

Elle bouscule un peu de son pied chaussé de noir un arrosoir gris, sans pomme, qui lui obstrue le passage, et ouvre la grille d’entrée lentement ; ses yeux ne quittent pas les miens…

Elle me demande enfin, d’une voix fluette et chevrotante, comme celles que nous imaginons enfant dans les contes des grand-mères :

  «-Vous voulez les sentir ? »

 Et c’est ainsi que je connus Clarisse…

 
A suivre…

Texte protégé.

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12 septembre 2006

OUF !

Je reprends doucement ma tendre routine après les jours éfreinés de la rentrée...Et croyez moi cette année, ce fût carrement surréaliste! Rires...
Je n'ai pas encore eu le temps de faire la maintenance de mon blog, sauf d'y ajouter le diaporama, encore non investi. Un adorable et talentueux informaticien a réussi à m'y copier les fichiers qui manquaient pour que  tout fonctionne bien.

 

Merci encore Fladnag.

 

Je repousse encore mes écrits-réponses, mes écrits-vacances, mes écrits-cordiaux, que je tiens au moins à relire avant de poster, mais tant pis. Ce n'est plus les vacances, et les obligations quotidiennes de cette période ont également leurs merveilleux attraits.Et je tiens à continuer de tenter faire le mieux possible.

 

La grosse et mauvaise surprise fût ces publicités intempestives pornographiques sur tout le site  !
Si je peux comprendre qu'un moteur de recherches puisse "attraper" un grand hébergeur, je ne peux admettre que ce soit voulu, ni que les protections en soient si fragiles.
Je pense que beaucoup de personnes aimeraient une explication sur ce qu'il s'est passé. Via forum peut être? Je refuse de placer ici-chez-moi quoi que ce soit quand il s'y trouve ce genre de blaphème à mes valeurs. Je n'ose imaginer les réactions des familles, éducateurs ou enseignants qui ont un blog constitués de dépots enfantins dans ces conditions!
C'est redevenu normal, alors merci Cabalblog, d'avoir respecté votre Chartre, même s' il vous a fallu trop de temps à mon goût pour y arriver.

 

Malgré tout, j'ai pu presque tous vous relire...Pas encore tous, et de façon incomplète pour pas-mal.
Cela se fera au gré duTemps.

 

En attendant, sourires joyeux à tous et à toutes.

feuilllle

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20 août 2006

Microcosme

Bonjour à tous et à toutes !

Vivre. avec tout ce que cela entraîne de chaleur, de déceptions, d'incompréhensionss.

Depuis quelques temps, je reçois régulièrement des courriels d'incitation aux rencontres pornographiques : quelqu'un a inscrit mon adresse mail et mon pseudo dans un site de ce genre(plusieurs même). Il lui a suffit de faire "feuilllle" sur google, de venir ici, et voilà. Pourtant il n'a aucun blog ici.
Il m'est apparemment impossible de me désinscrire de ces sites.
Et bien ce n'est rien.  après l'étonnement, l'incrédulité même, je réalise que cela ne peut m'atteindre ; me vexer temporairement, oui, mais cela est déjà passé.
le net est merveilleux, rien ni personne ne pourra m'enlever cette bibliothèque, cet espace collectif et individuel riche en amitiés aussi. De plus tout tombe dans les spams et j'ai décidé de ne même plus m'en occuper.

Et j'en profite pour poser un certain  écrit.
sourire...



Microcosme

"Le mieux est se faire « petit ».
Au travers d’un microscope, les détails apparaissent dans toutes leurs splendeurs ou toutes leurs erreurs, ou malheureusement dans leurs terreurs.

Que peut-on faire comme mal à un organisme « petit » ? Rien, car il est insignifiant ! La plupart des gens ne savent pas prendre de loupe pour les observer ni même les repérer.

Il n’est donc pas gênant. Personne ne peut le craindre, car chacun peut plus ou moins innocemment l’écarter de son passage sans souci, sans posséder grande force ni avoir besoin d’une arme puissante, et cela si déjà il est aperçu !

Que refuser à un « petit » ? Il peut bien obtenir ce qu’il voudra il sera toujours considéré comme trop insignifiant pour être un danger potentiel. Il ne peut engendrer la crainte ni l’inquiétude, et il est laissé en paix.

Il suffit d’être réservé et discret pour devenir – ou rester – petit.

Le fait d’être insignifiant et donc n’être raccroché à aucune marque (étiquette, groupe,…) précise et connue donne la puissance que confère la liberté. Il faut juste en être conscient.

Etre petit signifie ne pas être vu, remarqué, devenir comme invisible dans l’insignifiance, être dans l’ombre. (Expression de notre temps).
Je crois que la force et la liberté sont dans l’ombre…
Il faut aimer s’opacifier, se recueillir dans les ombres qui dessinent la matière de toute chose, de tout être, de tout relief, et les examiner.


Le pourtour découpe bien souvent la réalité de façon très visible.
Il suffit d’observer la silhouette d’un flanc de colline, le contour inscrit sur le sol d’une tige de fleur, pour voir la place qu’ils occupent exactement dans l’Espace et le Temps. (Sauf l’eau qui ride et rend flou les bordures, mais l’eau est un autre mystère)
Ce n’est pas compliqué, c’est très ancien comme technique, ça date au moins du cadran solaire !

Un autre procédé est de cerner ce qui environne l’objet, ce qui n’est pas apparent.
J’ai fait une expérience un jour, et tout le monde peut se risquer à l'expérimenter : j’ai dessiné, non pas des objets, mais leurs contours, l’impalpable, l’air invisible qui les entourait… j’ai essayé avec un arbre feuillu et une chaise de bois.
J’ai tracé les zones inconsistantes en contournant les vraies formes.
Les objets sont apparus mieux que si j’en avais tracé les formes réelles.

Il faut tenter de dessiner l’invisible qui les entoure pour voir se découper les barreaux d’une chaise, ou les détails d’un arbre ou d’un paysage.

J’imagine du reste que cette technique doit s’utiliser dans certains milieux artistiques, et certainement de façon plus élaborée que par le jeu que je m’en faisais.

Je crois que je vois aussi les personnes de cette manière…

Si je regarde leur action dans leur contour et dans leur environnement je peux voir apparaître leur vraie forme et savoir ce qu’ils sont. (C’est physique : l’action dans un reflet suppose atteindre aussi son élément, en plus.) Et après tout, un Trou Noir n'est visible que par le sillage des particules qu'il entraîne...

 

C’est ma façon de rester dans un microcosme, sans doute pour ne pas être trop atteinte ; ce qui peut sembler peu courageux….je ne suis pas très courageuse, ni très combative parfois, mais je préfère tout de même savoir à qui ou à quoi j’ai à faire.
C’est la lumière qui révèle les ombres, et y vivre est libérant. Tout ce qui existe a son ombre. Et qui peut arrêter un « rien » ?


...En ce qui concerne le mensonge et le pouvoir, je les crois souvent liés, plus souvent inconsciemment que volontairement.
Les marques honorifiques, les indices de célébrités, les titres fonctionnels mêmes sont rarement les véritables instruments du pouvoir ; ils sont bien plus contraignants que ce qu’ils donnent en réalité aux propriétaires.

Bien sur il s’agit de déterminer ce que l’on veut obtenir en fin de compte, sur les chemins de la vie, et, si on y arrive, tout devient simple et facile.

Si l’on veut un passage éphémère de reconnaissance, quelle qu’elle soit, et dans l’environnement que l’on choisit, il suffit de se mettre en avant et de proposer exactement ce que l’on souhaite voir admettre (cela est de la manipulation mentale en quelque sorte et fait foison partout, à mon avis cela va du fanatisme au simple « machisme patronal » en passant – pourquoi pas – par l’autisme social).
Ceci dit, il faut bien admettre que certains dirigeants, sans être des lumières, éclairent suffisamment diverses directions pour permettre les passages !
Et puis il y ceux qui sont des vrais organisateurs, de sérieux et francs gouvernants ou responsables ; ceux là, même nantis de grands pouvoirs, sauront toujours guider positivement les autres.

(Tiens idée de jeu : donner un exemple de célébrité lumineuse et dirigeante : j’en ai déjà deux…F et H )

Bref. Si l’on recherche une autre profondeur dans l’échange, le partage, la relation, l’implication authentique envers autrui, il suffit d’être soi-même, de sauvegarder ses valeurs, et tendre les idées comme des perches, de ce que l’on est, de ce que l’on peut donner. C’est « petit », et il faut encore déterminer d’une part s’il est possible d’agir efficacement, d’autre part si l’investissement sera accepté. (Par les autres mais aussi par soi même.)
Il y a toujours des réponses positives, mais j’ai remarqué aussi qu’elles n’étaient pas forcement là où on les attendait, ou  espérait.
Parfois une nouvelle gestion de situation peut générer une crainte des détenteurs de « l’ordre établi » (pas dans le sens politique du terme).car cela les exposent au danger du non contrôle de l’individu ou d’un groupe.

Dans ce cas, il suffit sans doute de continuer sa route en parsemant les chemins avec ce que l’on a, sans trop s’en faire.
Et puis, une fois qu’on a semé ce que l’on voulait, on peut partir ! Découvrir d’autres espaces, d’autres paysages, d’autres personnes. C’est cela, pour moi, vivre avec des idéaux sans se laisser entraver mais en participant au collectif.
Ce n’est pas fuir, ni prêcher, c’est avancer et passer en proposant. Et puis, au passage, on en moissonne des choses !

Qui y a t il de pire pour les êtres porteurs d’une trace de pouvoir (insigne, titre, fonction etc.…) que l’angoisse de la perdre ? Cela montre à quel point ils considèrent et ressentent cette détention comme essentielle à leurs existences.)
Mais l’inquiétude stresse et rend fragile.

Le mensonge à ses divers stades ne peut se comprendre ni s’accepter, car l’image donnée est fausse : ce qu’il donnera dans l’espace et le temps sera fatalement découvert un jour, car le reflet tremble, ce qu’il propose vacille incontestablement un jour ou l’autre. Quel être vivant peut leurrer au autre être vivant dans la continuité ? Il n’y a que les barrières symboliques du pouvoir, leur représentation pour en reculer la perception. Mais je crois que cela lie et isole ces êtres dans leur prison. Ils n’écoutent plus, ils se persuadent de leur raison, ils cachent en fait leur misère et leur solitude dans l’incompréhension.

On peut toujours me répéter que c’est un manque (affectif, social, familial etc.…) éprouvé (réel ou subjectif) qui donne l’envie de la coalition négative ou le refus du changement, je persiste à croire que personne n’est obligé d’aboutir à des réponses extrêmes.
Nous sommes tout de même des êtres humains et nous avons la compassion et la compréhension dans nos gènes. Le tout est de ne pas les oublier.

Dans la vie, nous avons je pense eu tous et toutes plus ou moins affronté certains de ces « reflets »
Leurs pensées cachées nous ont étonné et parfois même ahuri, d’où les grandes déceptions.
Nous avons été humiliés, ou méprisés, ou considérés comme stupides. C’est désagréable et fortement désarçonnant passagèrement, mais c’est aussi formateur et armant ; et puis ; il y a parfois quelque chose de vrai à y pécher, cela fait réfléchir.

Dans les cas abusifs, conscients ou pas, que peut on attendre d’êtres aussi si peu humains ? Aussi égoïstes ? Aussi égocentriques ?
Ils ne sauront pas donner le meilleur de eux-mêmes à autrui, puisqu’ils ne savent le faire jaillir de eux-mêmes.…
Je pense qu’il vaut mieux dépasser ce chemin et laisser croître ce qui peut en croître sans nous.

Les « motus vivendi » fonctionnent rarement longtemps, les distances sont trop éloignées entre les personnages, et l’authenticité se perd des deux côtés.


Il y a toujours un terrain qui se fertilise, même temporairement. J’ai pu voir une fois les magnifiques corolles des fleurs dans le désert égyptien, poussées après une forte pluie, qui s’épanouissaient pendant trois ou quatre jours…
Un tapis magnifique qui donnait une illusion de neige frémissante…
Je n’ai jamais su le nom de ces fleurs…
Bien sur c’est peu, quelques milliers de fleurs très peu de jours tous les quatre ou cinq ans, dans ce lieu brûlé de soleil, mais cela dure depuis une éternité. Un ciel qui pleure au dessus de cet endroit, et le spectacle fantastique, unique, temporaire et éphémère se propage sur une grande surface
Le temps (qu’il fait et qu’il est) est un très grand jardinier.

...Je me fais petite, je passe, je pars, je suis de loin ou de près, sans trop me faire remarquer. Je reste dans le microcosme. J’y voyage, j’observe, je découvre.
Je m’y implique quand je le peux, je n’insiste pas quand je sens que ce n’est pas la peine.

L’implication même en se déclenchant peut devenir spécifique, spécialisée, mais cela n’est pas limitatif.
L’appartenance est possible dans tout et pour tout, je crois, même s’il est possible (par devoir, envie ou obligation) se spécialiser dans une infime petite partie de cet ensemble. Le global n’est formé que de détails après tout, comme sur une toile de peinture impressionniste faite de formes modelées de tâches et de points, comme la vie.

C'est simple, et me rend heureuse.


feuilllle, à bientôt


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14 août 2006

femme radis

parfois la nature est si insolite!
j'ai fais danser un grand radis noir de mon jardin...
les photos ne sont pas excellentes mais je ne resiste pas à les poser ici

rouge_lili_nature_112


rouge_lili_nature_111bis  rouge_lili_nature_101  rouge_lili_nature_103  rouge_lili_nature_099

cette racine était presque aussi longue que mon clavier...je l'ai donc installée dans une vieille cuvette émaillée et maintenue levée entre des boules de marbre.
Puis, je l'ai laissé s'exprimer...

sourires à vous tous, toutes.
:) 

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12 août 2006

Comme promis, festacle...

Comme promis, festacle...


Mon village s'est encore cette année empli d'accents riants d'une France hétéroclite... Vendredi a vu s'installer sur la petite place et sur le parvis de l'église les voitures d'autres régions...Presque toutes les régions étaient representées : Pascal nous faisait remarquer qu'il ne manquait que la Bretagne, empêchée au dernier moment.

Vous êtes tous arrivés, comme un collier égrainant ses perles les unes avec ou après les autres, nantis de vos spécialités familiales ou régionales, accordés de vos accents variés qui chantaient vos contrées, ensoleillés de sourires heureux. (Le Bordeaux était divin Pat !)

Les kilomètres n'ont pas réussi à atténuer la vivacité ni la joie de vivre qui nous caractérisent toujours lors de nos retrouvailles. Le dynamisme est notre pire tare.

Les points noirs : La connexion difficile...Les portables qui ne « passent pas » régulièrement... (Quand je vous dis que c'est un Trou Normand, mon Village ! TNV est son surnom.)

L'amie hospitalisée et absente ; l'inquiétude pour les retardataires venant de très loin et la crainte d'un imprévu accidentel, l'éloignement avéré et inattendu de M. appelé à travailler en urgence, tout comme Tine, nous attristent..
Holà l'Espagne ? Sourire...

Nous prenons une avance festive certaine par rapport à  ceux qui n'arrivent que le lendemain. Fabrication du Punch... merci Bob. Djem à la grâce féline improvise une marinade qui sera dégustée jusqu'au dernier morceau de poulet le lendemain. Nathalie et Pat entreprennent une discute sans bâtons à rompre...Diog explique l'hédonisme à Solène et Julien...J'écoute...Thibaud laisse tomber ses fiches de macro...

Les escargots de Bourgognes cueillis en juillet pour tout le monde gisent sur la table. Le beurre est perdu, j'ai tout versé maladroitement...Forcément je suis si « Gauche » !

La nuit avance à petits coups d'ailes frôlés aux alentours de la maison. Dans le jardin du haut, les ipomées bleues en fluorescence se replient finalement sur leur cœur. Le hibou hulule encore....


Samedi
Dans un tourbillon de meubles ; nous avons préparé les salles pour manger, parler et rire, et pour danser et s'étreindre. Nous n'avons pas réussi encore à outrager mes vieux parquets qui se préservent miraculeusement du Temps et de notre Présent.

Les Anciens ont accueilli les Nouveaux... Pat sera le maître d'œuvre du jour, Lotus l'hôtesse accueillante, qui reçoit chaleureusement. Elle en profite pour nous abreuver de litres de café, viatique important après les longs trajets effectués. Je sors les fromages et les charcuteries pour dés-affamer les routiers. J'étrenne des vases et les emplis de vos fleurs.

La bâtisse devient notre Lieu Commun.

La cheminée est presque prête : L'inventif Bob a trouvé de quoi la matelasser de grilles/barbecue.

Le parfum des tartes et des gâteaux embaume tout... (Merci Lily et Solène !)

Les chambres et le grenier fourmillent un peu...Les matelas à terre sont gonflés. Glad  nous ramène à lui tout seul, co-voituré, tout un groupe harmonieux de personnes de serveurs différents.

Il a passé du temps à les récupérer aux diverses gares Parisiennes. Merci Glad !Je lui interdit d'emblée ma bibliothèque car notre crainte commune, nous qui le connaissons bien, est qu'il s'en fasse refuge!!! Rires.

Pad et Hugo (merci à ta mère pour la confiture Hugo, et bisette de loin, Madame, si vous pouvez me lire) secouent les antiques tables de bois, si lourdes. PAT encadre.

Je remarque tes petits coups d'œil jetés furtivement sur les bouquins, Glad. Attention ! pas de boulimie de lectre ce soir, nous te voulons avec nous. (Rire)

Pad, Wilfried et Chris préparent la chaîne et la boule de lumières qui rythmera ses feux colorés sous nos danses lascives ou endiablées...

Loup, siégeant sur un bon fauteuil, nous regarde et sourie...Ses grands yeux magnifiques,- des yeux de loup diront certaines d'entre nous - dardent des rubans lumineux et tendres sur les gens...Loup ne pourra jamais danser mais il nous accompagnera toujours de ses regards...

Coco étincelle de sa gentillesse coutumière, remarquée de tous. Hum, super, ton moelleux kouglof, Coco !

Maïté, Lily et moi, après nous être fait viré de la cuisine appartenant dorénavant à Bob, (éclate de rires joyeux !) pelons, agençons et assaisonnons les salades multiples.

Secrets de femmes....Toutes les trois, Nord et Sud confondus, nous sourions des yeux.

Fox et Angélique racontent le futur et se posent un peu : la future maman caresse de la main son ventre déjà bien rebondi ; Ophélie naîtra quand quelques mois.... Encore un autre coin de France nous parvient avec eux, j'ai encore leur plante de l'année passée et je ne songe pas même à leur montrer...

Corinne et Sébastien arrivent enfin...Pascal, Mimi, ^Gabriel^, Nicolle... Danièle !!!!(Son retard est dû à un éclatement de pneu...)

HT. et FT( merci des bières et des produits « chtis » vous deux) suivent sans tarder.

J'essaie de numériser la douceur de ces deux êtres là, sans réussir à mettre dans ma boîte le sourire de FT. Mais même un mitraillage de flashs ne peut venir à bout de tant d'affabilité...

Vic et sa femme Dorothée, puis  Charlotte arriveront bien plus tard, visages épanouis ou hilares et bras fleuris. Je sais que nous allons bientôt nous revoir Dorothée et Vic, nous n'habitons pas loin du tout.

C'est la fête...

Comme nous sommes déjà un bon nombre à dix-huit heures, je décide la visite de la crypte. (Le mini exposé viendra bientôt se fixer sur ce blog, si cela vous fait envie.)

Évidemment, les gens de mon village ont peur des internautes... ils craignent aussi ce que je peux écrire sur le net...
La peur du net ??? Il y aurait tant à leur expliquer, aux Villageois...Vous l'avez tous ressenti. Ils avaient peur et .... Sourire...
Hé bien, bravo à vous ! Saint-Exupéry a dû vous apprendre l'apprivoisement. Ils étaient bigrement rassurés ! Finalement, ils vous trouvent normaux !!! (Sic) Etr même des gens "très comme il faut" !

Remerciement a été fait aux deux personnes âgées de la commune qui nous ont guidé. Ils vous remercient à leur tour de votre intérêt et de votre amabilité, je transmets.

^Gabriel^, tes facultés d'observation sont remarquables, je trouve. Tu as parfaitement analysé la situation.

Notre sens de la fête fait émerger nos talents cachés et découvrir d'autres personnes en notre groupe : Un zéphyr libertaire déploie son fanion au travers des Philosophes ; Les sciences et les techniques Artisanes côtoient les plus intellectuelles, et les plus jeunes s'organisent une dynamique partie de cartes ; les antagonismes se dévoilent respectueusement avec l'heure du calva, pourtant les différences s'atténuent...

Les âges sont confondus...
J'observe de loin les discussions insolites qui découlent de ce métissage heureux.

Un monde à l'envers parfois...le nôtre....sourire...

On a bien ri ; On a parlé ; On s'est régalé.

On s'est inquiété des retardataires, qui venaient de bien loin. Merci Vendée pour ton message explicatif, merci aussi F. Sourires à vous deux. Vous nous avez rassuré.

Pas de nouvelles des 5 autres...

On a dansé jusqu'au bout de la nuit...

La seule casseuse c'est encore moi ! En soulevant une chaise (au diable les sièges), j'accroche le lustre de la salle. Résultat, tout le monde est figé dans le noir ; hurlement de l'assistance qui ne se voit plus parler. J'apporte les deux chandeliers le temps que les hommes cherchent –et trouvent– un arrangement compatible entre les divers fusibles.

Nicole, Maïté, Corinne et Lotus, Pascal, Vic, je crois que nous sommes finalement les plus accrocs de la bande en danse.

L'heure des bulles exacerbe les secrets que nous aimons partager, parfois complices, parfois frustrés de ne pas les avoir décodés en solitaire. Le rire magique de Mimi cascade sur tout le monde.

Wilfried et Chris, chacun de leur côté et à leur manière, exposent leur regard sur le monde...

Nicole danse, danse, danse....

Maïté et moi sommes gavées de chocolat... une quinzaine de tablettes excellentes et variées quand même !!! Est-ce possible ???On n'a pas fait ça ! À nous tous oui ! Surtout à nous toutes d'ailleurs ! Mêmes pas honteuses !

Thibaud montre un bout de nez scrutateur et gastronome devant les pâtisseries. Je le soupçonne d'en mettre de côté, il est décidément trop friand !

Mimi PC subtilise régulièrement chacun des numériques et engrange toutes les photos....aucunes ne sortiront de notre groupe.Angélique et Fox se pelotonnent ensembles aux sons des musiques douces...Dorothée, Diogène (les arcanes de la vie...), Pat,  FT et son époux s'expriment sur des devenirs incertains...

Julien et Charlotte au punch ? j'aurais tout vu. Ils lapent amoureusement le petit verre qu'ils s'octroient, avec gourmandise.

Pascal ! Sage ! Hop la ! C'est possible ça, un Pascal sage ?

Non ! Depuis que nous le connaissons, il a toujours su déployer avec fantaisie ses affections démonstratives !!! Mais toujours avec la tendresse amicale, bien qu'ambiguë légèrement et même agréablement, vivace et fiable qui le caractérise. Un ami chaleureux, plein de verve, mais toujours correct.

Le petit matin nous a encore trouvé levés, la soupe à l'oignon de ^Gabriel^ y est peut être pour quelque chose ??? Elle manquait idiotement d'un peu de fleur de sel !

Euh .........la police aussi nous a trouvés (rires.) Ils étaient bien tolérants et bien rieurs ces trois jeunes policiers dépêchés par nous savons bien quel coup de fil plaintif... Ils ont l'habitude de ce Monsieur. (Pour quelque soit la soirée festive, c'est toujours le même, cela ne porte à aucune conséquence néfaste.) ils veulent simplement que nous fermions les fenêtres pour la musique)

Dimanche matin
Surprise !
Relativement tôt, (mais comme nous avons toujours la pêche !) Misstick et Hervé surgissent sur le parvis de l'église. Je n'en crois pas mes yeux, je ne m'y attendais plus. Votre présence aura rendu le Soleil au Ciel. Tous dehors sur les marches de pierres du vieil escalier, nous bavardons nonchalamment et sans contraintes. Un ultime travail à finir est la cause de ce retard. Notre amie devait honorer à temps sa commande.
Re cadeau de la vie....

Dimanche après-midi.

Les départs s'annoncent. La plupart d'entre nous travaillent le lundi, et certains trajets sont longs. Nous sommes tous, plus ou moins, légèrement reposés.

Sampang bienvenue... ton brillant habit de satin délicatement brodé t'honore, le charme de l'Orient brille sur toi.

Angélique, je suis certaine que c'est Bébé qui te fait te goinfrer de mes honorables colimaçons ! Gâte toi, tu n'as rien à demander, tout à obtenir... Attendre un enfant est un privilège choisi. Fox vous dévisage paisiblement. Son œil est plutôt fier !

Nathalie regarde dubitativement le sol de la cuisine... « On laisse un sacré bazar » dit elle.

Pas tant que cela en fait. Les vaisselles sont lavées et rangées, les meubles replacés, les poubelles conditionnées. La maison est heureuse et ressemble à un gros poussah.

Sampang ! Oui je suis super d'accord pour les Nems pour l'année prochaine !!!Oui ce sera délice oriental...Ce sera exotisme rural...

Nos conversations s'orientent sur nos travaux, nos idéaux et nos vies.

Je n'ai pas de nouvelles de quelques personnes qui me sont devenues très chères assez récemment. Mais ils arrivent.
Nous ne restons que peu quand les derniers arrivent enfin ; peu importe la série d'évènements qui les ont mal menés vers nous, car ils sont là.

Petit mot spécial :
...L'Arbre, tout l'ambre des poètes tamise tes vers au travers de ta voix mélodieuse et puissante.
Ton charisme et ton talent d'artiste ont naufragé les âmes de ceux qui restaient.
Les voisins se sont approchés discrètement, même « Vieux-Ronchon », (au fait les Filles, il vous a « happé » pour vous apprendre que je suis « insupportable » ?) et ont écouté. Il faut dire que tu n'as pas hésité à sortir le matériel adapté de ta super sono.)

...Dés le lendemain les questions ont fusé....Vous pouvez imaginer comme j'ai pu rire ! Ils craignent tant ce qu'ils ne connaissant pas et finalement! j'en suis heureuse.

Je te remercie profondément pour les chansons, David, Arbre shaman qui n'hésita pas à vivre avec ceux que l'on nomme encore parfois "Sauvages"...

Chacun a trouvé dommage ce rendez-vous retardé. Certains du groupe sont repartis trop tôt pour vous voir, et  ne savent pas ce  qu'ils ont manqué. Le CD de chants va circuler.

Encore merci pour le tour de chant qui a montré les splendeurs inconnues de l'Artiste et de son authentique travail.
.....La dernière personne est partie mardi midi. Sourire Amie !


Ce matin, l'odeur de vos roses me parfume, et le petit corail a pris place autour de mon cou. Les coquillages et les plumes sauvages sont en sécurité dans mon atelier. Les gerbes et les bouquets sont arrosés et désaltérés. Le merveilleux stylo plume dessine ses fioritures sur mes cahiers. Et mon GPS, cadeau familial et amical imprévu,  n'attend que d'être commandé et installé pour s'user la voix et désarmer mon impatience flagrante devant mon inénarrable sens de l'orientation défectueux. (En ville seulement je vous rassure.)



La maison se replie encore un peu sur votre présence lointaine et notre fête. Les animaux retrouvent leurs habitudes sédentaires. Les chiens ont repris leur nonchalance, la chatte et son petit leur place sur le canapé. Gros bouquet de branches de noisetiers pour vous ce matin mes tendres écureuils, qui allez avoir bientôt des petits. J'avais besoin de cette longue ballade en forêt aujourd'hui.


Ma fille chuchote, un soupir dans la voix :

- « c'est vide la maison ce matin... » ;

Elle apprend que les moments de relations fortes ne peuvent être que temporaires dans le quotidien. Elles se poursuivent par correspondance, amputées de plusieurs sens, et tout aussi puissantes, enchâssées dans le temps.

Mon fils a engrangé silencieusement des trésors de réflexions nouvelles pour lui récoltées au hasard des quatre soirées et des débats.

Trente-neuf personnes ont partagé, comme chaque année, un moment spécialement prévu pour eux.

Cédric, évite la prochaine fois, Ami, de nous casser les pieds en t'en brisant un trois jours avant de remonter du Sud! quelle idée aussi de jouer  au foot!
Et merci en bloc (enfin en blog) pour chaque petite marque d'attention que vous avez laissé.


Tout le monde est bien rentré ; même Maïté qui a raté son train ! Son logis est situé exactement tout en bas de la France. (Merci pour le miel et les gâteaux de châtaignes)


Quelques regrets...La voix d'or merveilleuse de L'arbre qui a tourné ses chants d'amour universel le dimanche après midi sans nous trouver le samedi.... (Les voisins subjugués L'arbre...).Sampang, David, Phil, Misstick et Hervé venus plus tard aussi....


Sourires à Toutes, et à Tous.

feuilllle


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08 août 2006

Premiers Tags

Les Amis passent… toutes nos photographies (pas encore numérisées)  traînent dans une grosse boîte en carton peint et verni; pour s’en amuser ensemble, j’en pioche de temps en temps une petite  poignée au hasard.

L’une d’entre elles nous a fait sourire…

Paimphlette et Chachougne

 

Ces deux là font pas mal de « bêtises »…
 

Miss Paimphlette, du haut de ses cinq ans à peine, grimpe partout, rie de tout, farfouille dans tous les coins pour découvrir la vie, soulève chaque pierre, goûte une fourmi, (sic !), observe attentivement durant quelques secondes bénies un morceau d’écorce, dépiaute une plume avec délice...

Elle avait à peine sept ans lorsqu’elle inventa de couper les cheveux de sa mère, lâchement endormie une après-midi de fatigue, pour s'en faire un pinceau ! La mèche manquante avait bien sûr plus de dix fois le volume indispensable pour en fabriquer trente ou quarante! inutile d'ajouter que cet outil artisanal ne vit jamais le jour! 

 
Monsieur Chachougne, très posé, dévire systématiquement et minutieusement tout contenant pour « voir ce qu’il y a au fond ». Il a presque trois ans et demi, et ….c’est une flèche ! Il se faufile partout, traîne dans la forêt côtoyant la maison sans crainte de se perdre, offre de petits bouts de bois dans la cheminée pour alimenter le feu.

Un jour de pique-nique près du ruisseau, par une journée très chaude, il prit son petit seau rempli d’eau pour le verser sur la tête de sa mère lisant flegmatiquement sur l’herbe. Rires des autres familles…ah ! Il n’avait pas cinq ans, au fait, lors de cet instant rafraîchissant !

 

...Leurs surnoms familiaux, tendres et intimes leur vont bien ; ils ont les résonances de leur caractère, vu ironiquement par leur mère...

Aucun des deux n’a jamais supporté le parc : l’une s’arrange pour grimper par-dessus, l’autre s’ingénie avec succès à en ôter les barreaux de bois ! (Pas bien solide ce vieux parc…)

Ils ont marché si tôt que leur raisonnement ne va guère avec leurs acrobaties. Et puis, comme tous les enfants très jeunes, ils posent tellement de questions que c’en est harassant !

Mais ils sont câlins et joyeux, et finalement, c’est un plaisir… leurs inventions font régulièrement sourire.

 
...Comme pour tout parent, la vigilance maternelle quotidienne s'exige des trésors de patience imposés au fil des apprentissages des petits, de leur avancée dans la vie, d’initiation réciproque à supporter, l’une les inventions souvent rocambolesques enfantines, les deux autres l’autorité bienveillante limitatrice et protectrice de la mère, qui s’arroge de temps à autres quelques « répits » nécessaires et salvateurs !

 
Durant leurs années de « petite enfance », leur 'Mam les a confiné dans un coin de la maison lorsqu’ils dépassaient trop les limites permises de l’audible et du mouvement…

Le coin était agréable, une immense fenêtre idylliquement sertie de doubles rideaux épais trop lourds pour être périodiquement décrochés ; un petit nid douillet et feutré, à l'abri des yeux inquisiteurs des adultes...

 
Elle avait remarqué que ses enfants agités devenaient très calmes cachés derrière ce rideau. Ils devaient sans doute regarder dehors paisiblement.

Ils adoraient cela, se poser derrière les tentures et elle les entendait babiller doucement durant plusieurs minutes d’affilée.

Du fait de la situation serrée des meubles à cet endroit, deux petits enfants n’avaient aucune peine à se jouer de l’espace restreint, mais aucun adulte n’aurait pu s’y tenir à l’aise. La jonction des deux murs, l’un recouvert des rideaux, l’autre appuyé d’un bahut volumineux et pesant leur en aurait interdit un accès facile.

 

Sans se poser trop de question sur la valeur éducative de la « punition du coin », (au diable les bouquins éducatifs restrictifs de toute entrave à la personnalité) la maman se ravissait en toute félicité du quart d’heure de tranquillité gagné !!! Surtout que cela n’avait pas l’air de les rendre malheureux, bien au contraire !

 

Des années plus tard, dix pour être plus précise, les draperies furent descendues de leurs tringles en vue d’un nettoyage plus performant que la simple aspiration mécanique et du brossage mural.

Ceci en prévision du Déménagement de la famille.

 

Le gigantesque fou rire en dégradé hoqueté qui s’est entendu du sentier durant quelques minutes a alerté la voisine qui passait par là.

Un éclat de rire cascade comme un ruisseau et, comme lui, attire  tous ceux qui l’entendent. Elle est donc arrivée rapidement pour profiter elle aussi de la bonne aubaine !

Ne jamais perdre une occasion de rire est encore actuellement notre devise…

 

-« Ooooooh ! Je ne pensais pas que vos enfants feraient ÇA ! »

Elle éclate elle aussi en rire retentissant, les larmes cocasses coulent de ses yeux tout plissés.

C’est aussi une maman, et elle comprend vite l’affaire.

 

ÇA ? Mais ÇA, c’est simplement tout un ensemble de traits de crayons de toutes les couleurs qui s’entrecroisent, se tissent merveilleusement sur le mur du temps, enfantin et espiègle, artistiquement écoulé … on y reconnaît les tracés gauches d’enfants tout petits…

Aucune trace n’a jamais débordé des côtés des rideaux qui aveuglaient continuellement ce coin de mur.(faiblesse de la ménagère oui j'avoue...)

 

…Le soir même, la 'mam fit venir les « coupables » et leur montra en souriant le mur déshabillé des toiles, et leur demanda :

« -Vous souvenez-vous de cela ? »

…Regards complices, sourires mutins…

« -Et on en a fait d’autres tu sais ! »

 -Tiens, va voir derrière la bibliothèque du haut, par exemple ! »

Éclats de rire des Ados de l’époque…

 

(Vague inquiétude de la maman qui se demande si en fait, d'autres surprises ne rabaisseront pas le prix de la maison et elle pense, très fugacement : « misère, que je suis mercantile tout de même! »)

 

Voilà pourquoi ils adoraient être « punis » dans ce coin ! Les crayons ont constamment traîné sur la table non loin de cette fenêtre. Les enfants ont souvent dessiné, la boite à couleurs et les feuilles étant toujours disponibles et à leur portée…

 

Le crève-cœur de ne pouvoir emporter cette filouterie ingénieuse et organisée lors du déménagement !!!

 

…Achat d’un appareil photo jetable, dessins fleuris mémorisés dans un album bleu et rose…

 

Du simple tracé au « bonhomme têtard, du trait figuratif au soleil rayonnant, du tag au graffiti, toute une évolution de Gavroches se retrouve enchâssée dans un espace parfaitement calculé intuitivement par deux enfants refusant l’ennui. Aucun dépassement, aucune marque ne se sont jamais discernés dans cet endroit, havre de détente pour chaques antagonistes, par action ou par effet.

 

L’image de complicité enrobera éternellement les mémoires familiales et anecdotiques d’un feu d’artifice coloré, discret, espiègle et voilé, ainsi que l’intelligence des chérubins à avoir découvert une issue créatrice à une limite donnée…

 

feuilllle, à bientôt de vous lire aussi, sourire à tous et à toutes.

 

Posté par feuilllle à 00:22 - effeuill'âges... - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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