Feuilllle, Itin'Errance et Natur'Ailes

correspondance et essais, partage et échange, effeuillage au quotidien, voyages et transhumance, nature et poésie...

02 mars 2007

Voyage à Marseille

Voyage à Marseille

 

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Arbres de marseille, la nuit, vus de ma petite lorgnette numérique...


Il y a une chose que je peux dire !

Même s’il fait gris, dans le Sud, le ciel y déverse une lumière bleue !

 

Il y a presque trois semaines, lorsque je suis descendue du TGV à la gare Saint Charles, j’ai pourtant été estomaquée de voir un ciel lavé de tout nuage, j’ai dû ôter ma cape pour ne garder que ma veste ; il était près de midi et le temps était plus que printanier. La douceur de l’air ambiant m’a surprise car à la mi-février, je ne m’attendais pas à une telle différence climatique d’avec la Normandie.

Si mon premier regard est pour le ciel, le deuxième s’accroche à mon environnement immédiat.

Un grand lion statufié garde avec vigilance les escaliers aux accents chantant. Une partie de la Ville s’étend et se ramifie au-delà. Elle est encore pleine de mystères pour moi.

 

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La légèreté du climat, l’immensité du ciel, surtout ce jour là, m’envoûte littéralement.

Il est vrai que je ne connaissais du Sud que les mois étésiens…le travail a ses obligations.

Des friselis floraux rosés coiffent certains arbres, chez moi cela commence seulement maintenant. Presque un mois de décalage ! la France est merveilleuse : plusieurs climats, campagne montagnes mers et océans, flores et faunes diverses, passé historique et architectural flamboyants, patois et accents encore existants, des dizaines d’ethnies disparates, un petit univers terrestre spécial.

 

Sur l’écorce de l’arbre nu planté devant le portail de l’appartement de mon amie, (d’anciens ateliers de sucre transformés en lofts, j’imagine les ânes gravissant le chemin montant aux étages, transformé à présent par des escaliers) je dépose doucement une coccinelle marchant à petites pattes sur le bitume.

 

J’observe les grands bâtiments magnifiques, les balcons présentant gaiement leurs fleurs ou leur linges colorés qui sèchent, les vieux portiques sculptés…

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J’essaie de trouver un charme à cette ville, de toutes mes forces, mais je suis restée « scotchée » au premier abord par ses effluves et son désordre, par sa saleté aussi. Il faut me pardonner, je n’ai pas l’habitude. Je n’ai jamais vu une ville si mal tenue, je le jure. Alors je lève les yeux, remarque le ciel superbe clairsemé de mouettes et de goélands, constate au fil des jours la vivacité avec laquelle le temps change pour toujours redevenir tiède, son architecture et ses portes cochères superbes, et puis m’attache à la gentillesse des gens, tant de nationalités diverses qui sourient et accueillent chaleureusement !

 

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Marseille est un pays dans un pays : un territoire recevant des familles de tous horizons, installées depuis une ou deux, voir plus, générations ; chacun apparemment s’y sens chez soi, et c’est ce mélange cosmopolite qui me plait. C’est une enclave colorée et robuste faite de mélanges multiples et de fragrances épicées.

En faisant les courses, j’apprécie à sa juste valeur la générosité des marchands qui « font goûter » leur pays, pour peu que vous intéressiez à eux et à leur histoire.

J’ai un superbe souvenir de café Arménien chez un couple presque inconnu.

Des sourires Grecs à ceux des Maghrébins, je trouverais toujours une réponse…

 

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Tous ces gens ont un sourire ancestral à la place du cœur, authentique et inné.

Comment peut-on vivre si timidement dans le Nord de la France ?

Oh ! Les gens du Nord sont chaleureux et accueillants aussi, c’est très connu, mais si réservés…La barrière de la connaissance n’effraie pas le Sud. C’est un mode de vie, certainement dû autant au soleil (sa chaleur doit descendre directement dans l’âme) qu’au passé éclectique de chacun : en effet, le sourire est bien l’unique expression physionomique de la communication importante pour s’entendre, surtout quand tant de langues et de cultures sont différentes. Le sourire est universel.

 

Les jours se sont écoulés rapidement, sans jamais se ressembler, entre Ville et Amis, visites et retrouvailles : les pamplemousses et les citrons du jardin de Jeff (Hum ! ses confitures d’abricots !!!), le couscous et le micocoulier de Romain, les sourires de Romane, la tendresse de martine, Berni et le vieux port (les animations de fin d’après-midi …), Maïté et Myriam et leur doux vin couleur de miel du Muscat de Mireval, Michèle à la mi-journée durant sa pause, Philippe « d’à côté »,  les rubans et la ratatouille de Réginelle, les voisins et voisines « coup de cœur », les plombiers incertains (faut pas être pressé !), Yannick et Nicolas dans leur magasin d’informatique (Place Jaurès) ,et toutes les petites boutiques sympathiques du Boulevard des Dames.

Et Thorgal, ce grand chien surprenant par sa taille et son intelligence, sa bonté et sa fidélité.

 

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…Je trouve tout de même parfois le temps d’avancer ma dernière "nouvelle".

 

Nos soirées se passent souvent dans une ambiance de fête. Un soir calme, je profite du « temps libre » vacancier pour faire vibrer le cristal ; je grave un verre pour mon jeune Ami banlieusard. J’ai choisi comme totem pour lui la licorne ailée. Cela va bien à son monde onirique et fantastique.

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Et puis, lors d’une ballade inopinée au cœur de la Ville, ce moment incongru :

« -Qu’est-ce que tu fais là ? »

Je me suis retournée, surprise par la plaisante tape sur l’épaule, pour voir…

« -Catherine ! Mais que fais-tu à Marseille !

 -Mais je suis chez moi ! Par contre, toi, non ! »

Nous avons ri ensembles, le plaisir insolite des retrouvailles après tant d’années de travail commun aux alentours de Paris !

…Elle y est encore, dans cet établissement en disfonctionnement perpétuel, morbide et inefficace, et cherche à le quitter, ce que j’ai fait il y a plusieurs années. Je n’aurais jamais cru qu’elle était née ici, nous n’en n’avions jamais parlé. Elle n’a plus d’accent depuis longtemps…

Comme quoi, les relations de travail sont bien souvent confinées au simple échange professionnel…

Faut-il le regretter ?

Nous avons parcouru ensembles le vieux port...

 

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 Je n’ai pas entendu de cigales, elles doivent avoir encore trop froid pour sortir ; Pagnol, qui a je crois séjourné un peu à Marseille, aurait bien ri s’il avait pu entendre l’espérance d’une normande : réentendre une stridulation, à cette époque ! Sourire…

 

Subjuguée par l’Hôtel-dieu, je n’ai pas  résisté à le contempler plusieurs minutes…

Il y aussi cette curiosité de « maison tournée » je crois qu’il s’agit de l’hôtel particulier De Cabre, 3 étages, une très ancienne maison de Marseille ; sans doute la plus vieille. (1535, style Louis XII et renaissance m’a-t-on appris).

Elle a dû être déplacée en 1954 et tournée de 90° pour rentrer dans l'alignement de la grand-Rue, m' informe Wikipédia.

J’ignore comment ils ont pu exécuter cette manœuvre étonnante, sans doute par un système de rails et de grues…mais il est courant d’entendre à Marseille que tout a été « pirouetté » d’un coup !

 

Joie ! La maison des bonbons !!!

 

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…Je m’ennuyais des arbres, du vert, je voulais voir l’eau aussi ; Marseille suit la côte, mais il n’est pas très pratique de distinguer la Méditerranée de la ville : il faut prendre un car jusqu’au Prado.

Un soir, nous y sommes allées à trois, les couleurs du ciel et de la mer s’arrangeaient pour nous présenter des tableaux dignes des plus beaux peintres. Je n’avais jamais vu en février des jades et des roses si précis. Le profil de l’archipel des îles de Frioul (If et son château, Ratonneau et Pomègues) dessinait sur l’horizon une silhouette de tortue, produisait un effet d’infini, les lumières de la ville et de la lune frissonnaient et se reflétaient sur une mer d’huile, oh ! Comme je comprends les Surréalistes !

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Le David, dont on me spécifie l’étrange et anecdote, me laisse froide. (Il parait que les étudiants chaque année lui peignent en rouge régulièrement …les testicules !)

Le Bateau Ivre tangue sur son roc ; il surveille galamment une plage presque déserte à cette heure et à cette saison.

 

Au loin, une grande Vierge d’or pointe de son dôme déjà bombé par la colline qui le supporte, en effilochant des bribes de nuage. La basilique Notre-Dame de la Garde, située à162 m d'altitude, au Sud est du Vieux Port, est surnommée «La Bonne Mère» et est considérée comme étant la Protectrice de la Ville.

 

Les arbres prenaient des allures de dentelles… la nuit...

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Je suis passée dans une ville que je ne connaissais pas, que je n’osais affronter, surtout suite à un souvenir très « embouteillé » d’il y a deux ans - une mauvaise traversée en quelque sorte, et que j’ai presque détesté à première vue.

Finalement, malgré les travaux causés par l’installation d’un tramway, la créations de parkings souterrains, le remplacement des canalisations d’eau obsolètes, et  divers ravalements de façades (ce n’est pas un luxe mais un respect pour les vieilles pierres je pense), et malgré la saleté (dommage…) de la Ville, je peux dire que je l’aime à présent !

Et bien sur, privilégiant l’amitié et les rencontres amicales aux visites touristiques, je suis loin d’avoir exploité toutes les magnificences de Marseille. Et c’est tant mieux, car j’y reviendrais dorénavant avec plaisir.

 

Il fallait juste que j’ose y vivre plusieurs jours. Comme ça, sans raison ! Car finalement, le meilleur est toujours dans le cœur.

 

 

…Près de ma cheminée, en écrivant tout ceci, je m’évade encore un peu vers ce minuscule coin du Sud tiède et chaleureux, composite et teinté de toutes les couleurs de peaux. J’y retournerai.

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Je suis heureuse de retrouver la maisonnée, les violettes sont belles, les jonquilles se dressent fièrement sur leurs tiges épaisses, j’ai vu une chouette planer lourdement au dessus de la pâture près de l’Epte cette nuit en rentrant. Les plumes de ses ailes traçaient un arc blanc laiteux sur la voûte étoilée.

La vieille souche commence à déployer tendrement des surgeons qui verdiront bientôt…

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Sourires à tous et à toutes...

feuilllle

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05 septembre 2006

Voyage de l'Âme.

 

Voyage de l'Âme, octobre 2005.(en attendant mon errance de cet été)


….Je suis en route ! J’ai quelques heures de retard sur mon programme personnel, qui m’avait pourtant laissé une marche assez vaste dans mon horaire, mais il y a toujours quelque chose à faire au dernier moment : un agencement de sortie pour l’Un, une discussion de dissertation pour l’Autre, un besoin de présence avant la courte séparation surtout. Les enfants sont grands, mais sont toujours mes enfants…sourire.

Je jette un œil vague et dubitatif sur une carte routière aux routes lilliputiennes pour finalement ne garder en tête que la destination générale : Arras Cambrai. Ce n’est pas si loin.
Les CD sont prêts, Maurice Benin (jolie Eglantine, je vis …) côtoie Beethoven et Jean Michel Jarre, Jean Ferrat, Téléphone et Evanescence, Brahms Berliner et Obispo ; je mettrais Culture ou Nostalgie entre deux…

Le paysage tant chéri dans le passé défile, il ne fait pas trop gris, et je « reconnais » les haies bordant les petites collines et les coins boisés.


Les pans de neige durcis en mini congères, reliquats des chutes de neige de la semaine dernière (ciel à peu près bleu cet après-midi, mais moins quatre quand même), stagnent par endroits et ourlent certains champs façon « frissons ».


Je ne roule que sur les départementales et communales, ça me permet de me perdre un peu ( !) ; du coup, j’entrevois l’arrêt obligatoire pour assistance en personne éperdue ;

Une minuscule station service m’accueille les bras ouverts, on m’offre un café maison spécialement réchauffé pour l’occasion, (hé hé ! le café du Nord toujours chaud, comme les cœurs des gens…) que je reçois en même temps que l’accent rude immédiatement dés-enfoui des souvenirs de l’enfance.
Un grand éclat de sourire me chavire presque, et une foule de détails se dés-ombre et se dénombre sans regrets.

Le ciel se fige un instant dans ses couleurs de gris fer et annonce la fin de l’après midi ; je ne suis plus loin et il est temps d’arriver.

Je retrouve tous les « déjà là », car bien sur, étant la plus proche géographiquement, je suis la dernière arrivée ! C’est un précepte actif qui sommeille en chacun de nous cela ; ne jamais arriver à l’heure. (Rire)
Enfin toi, Lilli, qui m’attend devant ton portail ouvragé, car les autres sont déjà à l’apéritif dans une autre maison de briques rouges. Chez toi non plus, le réseau téléphonique ne fonctionne que par à-coups. ; Je les aurais sillonnées tes petites routes serpentueuses !

Soirée locale, pas très loin du Cateau ; rien que le mot me rappelle la vieille « deux chevaux » couleur bleu suranné et les marchés qui commençaient à piailler vers la même époque.
Sous l’ardoise grise et les murs «  brique », dans la maison des Amis, je reconnais l’odeur indéfinissable des foyers de là-bas, faite de cire d’antiquaire, de senteur des terres, de moins en moins souvent des cuisinières à bois. Mais toujours l’odeur du café, symbole de l’accueil en ces parages.
Dans la petite salle des fêtes d’un village, tous à la même table, nous nous racontons, nous retrouvons encore une fois sans lassitude les émotions communes et les échanges sans bâtons, rompus ou non.
Dès que la musique démarre, nous devenons frénétiques (le champagne ?) et dépendants de la piste. On a bien dansé Lili !


Les danses se succèdent et révèlent leurs personnalités :

La Valse, qui grise les esprits par son simple jeu de toupie, le Jerk qui réveille le corps en le rendant créatif, le Rock qui réunit deux gymnastes légers,

La Musette, qui attendrit les personnes les plus âgées, le twist qui nous oblige à de drôles de postures faites de plis et de jeux de jambes.


J’observe avec quelle facilité les nombreuses personnes s’harmonisent peu çà peu dans le suivi du Madison, que nous préférons tous dans notre groupe regarder que danser : les automatismes des pas et des « phrases » de mouvements se mettent à l’amble. Un bel ensemble collectif…

On a bien ri et on s’est bien trémoussés tous, même si le calme sensuel des Slows nous laisse indifférents ce soir.


(On s’amuse ! Et cet intermède/ interview insolite et merveillesque de la chaîne de télévision locale. ; mdr ! Quel démon extraverti et sans gène m’a piquée ?! Vraiment il faudra que je revienne plus souvent : l’hilarité est trop présente ici. Nos bêtises vers Cambrai!)


…Il est tard, non, tôt. ; Je laisse sans remords le dessert pour m’évader…
J’ai froid…Dehors, le ciel est glacé, et une couverture presque uniforme de givre sclérose légèrement chaque brin d’herbe crissant et cassant. A cet endroit de la nuit, les étoiles brillent « pointu »et leur émaillage semble un tatouage immense et infini clouté de brillants.


Merci du manteau de secours Lili, dans la voiture.


J’ai encore l’acuité de voir, avant le dodo réparateur, précautionneusement nichée au creux de l’un de tes bras, la petite tartelette que je n’ai pas dégustée et que je donnerais à mes enfants au retour.

….C’est un matin clair et froid qui m’éveille.


Je reprends ma boite à tableaux habituelle (c’est si magique les images des souvenirs) et, alimentée d’une énorme tasse de café bien brûlant et de ma vilaine peau de laine grise si chaude, je vais…. Tout dort… sauf…


Les quatre huskies me lèchent les mains et me reniflent en gestes humides de bienvenue. Ils m’absorbent à tel point que je ne réalise pas immédiatement la vivacité du concert extérieur :
Une chorale ailée déploie ses chants en cacophonie perçante et néanmoins musicale. C’est splendide. Je ne vois pas les oiseaux, ils sifflent des airs avec puissance mais ils restent invisibles. Je suis un peu subjuguée car il y en a beaucoup ici. Il sont joyeux et leurs trillent s’accompagnent de frémissements perçus mais imperceptibles.


Comment prendre ces fantastiques chants en photographie ?


Il faut dire que certains arbres ou arbustes sont feuillus même l’hiver dans ton jardin Lili.
Je les écoute un long moment, décode parfois avec succès leur appartenance et lance plus loin mon regard sur les plaines en face.


Ca « me fait flèche » : Une envie de caresser les collines et dormir au creux des ombres des forêts, cueillir les presles et les groseilles sauvages, re-sentir l’écorce-peau-d’arbre du chêne familial, revoir enfin mon coin natal plus précisément me tire en pensée vers des sentiers arpentés peu éloignés d’ici.
…Indécise, je décide tout de même de concréter ce lieu auditif par une numérisation : l’image me fera réentendre ce que je n’y verrais pas.

Je sens l’air palpiter, le froid vibrer, et le matin grandir…

J’examine avant de m’apercevoir qu’ils m’épient aussi, curieux de tout, les carassins prolifiques et rustiques de Jo et Lili, bien au chaud dans leur mare glacée, ( !). Leurs petits ventres rouges ou blêmes se faufilent entre les algues d’eau douce et verte.

Je sais que je vais bientôt repartir…j’ai une boule à l’estomac mais un grand sourire dans le cœur.

Tu vois, Lili ; gentille brodeuse vivant ma Thiérache natale, j’avais un bien beau rendez vous inhabituel à honorer, là-haut, dans cette petite contrée du Nord de la France.

…Et surtout à ne pas manquer...


Sourires à tous, toutes.

feuilllle

 

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25 juin 2006

Transhumance

…Je suis en plein pays des vignes !!!

Evidemment, la Bourgogne !

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….La contrée morvandelle m’avait offert ses collines ruisselantes de soleil… les pépiements d’oiseaux s’entendaient malgré le bruit de la voiture, et le temps était lumineux.

Je roulais doucement, fenêtres et toit ouverts, histoire de recevoir le plus possible les couleurs de la région, ses bruits, ses odeurs.

Quelques écharpes de brumes s’effilochaient parfois vers l’est, mais cela ne faisait en fait que renforcer les teintes florales du printemps, ici en dominantes jaunes et blanches.

La campagne est vraiment riante sous le soleil.

Des centaines de petits chapeaux pointus hachurent en flèches sombres des pans entiers de collines boisées ; les nuages reflètent leur passage sur les forêts et en révèlent leurs essences, des villages étagés se fixent entre deux éminences.

A Châtillon en Bazois, une vieille bâtisse imposante et austère s’ accroche à un roc qui domine ma départementale…un peu plus loin, j’ai l’impression d’enjamber un petit pont qui traverse le canal nivernais. En son milieu, une antique croix, en pierre grège elle aussi, oriente vers l’aval sa face inscrite de lettres que je pense gravées en latin.

Cette marque de la spiritualité humaine trace-t’elle le chemin vers la contemplation d’un dieu pour moi inexistant, ou indique t-elle un chemin vers un autre contrefort montagneux ?

Ce pont est-il une assignation à parcourir la croyance ou un chenal ? Il parait un peu anachronique, surréaliste même dans cette petite gorge, et je m’interroge sur la motivation des vétérans bâtisseurs… Mais il est adorable, et je n'hésite pas à en déposer son emblème de roche dans ma boite magique…

 

Tout à l’heure, j’ai triché : pour gagner du temps (je me connais ! je sais que je vais faire beaucoup d' étapes!) j’ai pris l’autoroute entre Orléans et Cosne/Saint Père … (elle est gratuite encore ici au fait)

A ceux et celles qui me lisent : saviez vous qu’elle se prénomme l’autoroute de l’arbre ?

Au bout de quelques kilomètres, un magnifique « topic » écrit en lettres lumineuses y accueille tous les baroudeurs :

« Prenez le temps de rester en vie »

Du coup je délaisse mes 160 pour ne rouler qu’a 130. ; Je peste en moi-même contre les constructeurs qui ne se gênent pas pour mettre la vitesse en argument de vente. Ma « Six Troènes » (pas de pub !lol) à tendance à s’envoler un peu lorsque qu’il fait beau et que la route est belle et peu fréquentée…

 

Je m'immobilise souvent. Les alentours de Château-Chinon me tentent si fort que je ne résiste pas à une promenade sous les sapinières sauvages des collines. Je gravis sans trop de peine la pente craquante et sèche et me laisse entourer par cette espèce de pénombre silencieuse et tranquille qui sent le térébinthe.

Les gigantesques fûts sont très droits. Cette multitude de colonnes de bois, coiffées de peluches presque noires à leurs sommets, empêche la petite flore d’investir le sol. L’effet « cathédrale » est garanti.

Je m’enfonce de plus en plus loin dans cet antre végétal et j’ai la chance d’y entrevoir dans la pénombre verte deux biches, apeurées et véloces.

Je profite d’une déviation litigieuse à Pantaleon/Autun pour observer les deux amas géants de résidus de terre cuite. (M’a-t-on dit). Ils forment deux mamelons symétriques et jumeaux, chevelus de saules déjà élevés, frôlés par la brise, et paraissent protéger une usine vraisemblablement désaffectée.

Vers le Creusot, la mosaïque des parcelles galonnées de haies vivaces façonne un puzzle en réduction des prés émaillés de charolaises ou de moutons. En cette saison, les jeunes sont encore auprès leurs mères, et j’en vois qui tètent goulûment entre deux gambades.

Dan m’expliquera plus tard que la machine Schneider qui est érigée à l’entrée du Creusot peut casser une noix sans briser les cerneaux (miracle de la technique de précision !)

Il y a par endroits des méandres de dentelles d’arbustes en boutons pâles, qui ondulent en verts ou en blanc, et séparent les reliefs. A l’opposé du versant, différemment exposé, les arbres sont encore dépouillés et me donnent le frisson.

 

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…Lorsque je pénètre enfin chez Dan, ses bras s’ouvrent aussi fort que sa porte qui l’est toujours. Le hameau est calme, juste quelques bruits d’animaux et un braiement de Zacco, l’âne familial ; qui s’approche doucement de moi. (Demain je le gratterais et le brosserais).

Quelques lézards impossibles à photographier se traînent sur les rambardes de pierre de l’escalier...

Comme souvent dans certains types de familles, la tendresse suinte et déborde littéralement des coeurs des Amis.

P. (le papa) et les deux garçons (l’un travaille, l’autre est en vacance scolaire) se succèdent dans la « Salle à vivre » pour me saluer…discussions d’accueil, étreintes et sourires…

Dan me fait raconter un peu mon périple : elle éclate de rire lorsque je lui narre mon excursion, fait de S majuscules et serpentant entre les monts bourguignons. Je suis un peu confuse devant mes échappées toutes en courbes temporelles qui m’ont bien retardées. J’ai_ franchement sillonné le coin !

 

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…Dès le lendemain je pars avec Dan à la conquête de sa région ; mon amie m’emmène à Villeneuve les Montagnes village peu éloigné de chez elle et qui possède une magnifique allée de grands séquoias âgés ; leur force et leur puissance apparentes cachent malheureusement une maladie insidieuse qui les fera mourir inexorablement. Leur écorce sent bon, on ne peut les câliner des bras tellement ils sont imposants à la base. Si je lève les yeux, je ne peux apercevoir qu’un infime segment azur occulté par le feuillage.

Pour l’instant, ils sont alignés de chaque côté d’un chemin légèrement pentu qui nous conduit à une église romane, terrée dans un pli de la colline, et en bon état.

Nous entrons sans problème, les églises restent ouvertes par ici et c’est de toute façon si isolé.

Dan m’explique :

-« elle a été restaurée par des gens du coin, qui ont gratté délicatement les murs pour y retrouver les peintures d’antan. »

Je vois les anciens écussons, les teintes de bleus et de rouges médiévaux, je devine l’emplacement des tentures de l’époque. Les grandes dalles du sol résonnent si on force le pas.

Je vois aussi…

Etre dans un sanctuaire n’empêche pas mes démons facétieux de faire ressurgir mes vieilles envies !

Je vois aussi bien sûr la corde qui rejoint l’emplacement ordinaire de la corde…

Comme le sommet de l’élise est peu révélateur de la présence de la cloche, la meilleure manière de savoir si elle est là est …. de l’activer!

 

Je le dis à Dan. Nous nous regardons, pleines de sourires complices et gamins, puis elle se pend au cordon qui nous répond en tintant tristement.

Non non, je n’aurais pas osé ! bien sur ! Mais c’est si tentant ! Comment résister?

Et puis cette envie est trop systématique chez moi pour que je fasse un effort qui la contrarierait…

J’active la cloche aussi.

Pardon gens de Villeneuve…

Mais franchement, n’avez pas vous affectionné entendre carillonner ce que vous n’osez pas faire mouvoir et qui est à portée de vos mains ?

Un gisant, Saint-Barthaux, est allongé sous un vitrail récemment refait. Il avait été transporté de Chalon il y a fort longtemps dans ce sanctuaire je ne sais pour quelle raison. Il est le protecteur des malades des articulations.

Je remarque de curieux trous bien lisses à divers endroits de son corps, supplicié pendant plusieurs siècles par les fidèles.

Avant que je n’aie le temps de m’interroger sur leur provenance, Dan m’informe :

« -les pèlerins grattaient un peu de poudre du granit du gisant aux articulations et mettaient cette poussière sur la paume.

Ensuite ils allaient l’amalgamer à l’eau de la source située peu plus bas, puis la buvaient… »

En riant je lui fait observer que son entre-jambe est bien creusé sans pour cela être une articulation ! Sans doute, comme tous les saints, il devait soigner tout ce qui était défaillant ....du moins de réputation….et les paysans ont toujours eu des croyances très aménageables.Rires…

 

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Nous jouons le jeu : nous grattons à chaque endroit déjà érodé et saupoudrons le creux de notre main gauche de fine poussière blanche (aie les ongles !) gageons que cet immonde résidu est bien microbien !

Nous nous dirigeons ensuite vers la source en contrebas, canalisée (mal) dans un agreste puits ouvert au ras du champ. L’espèce de jus livide et calcaire qui en ressort n’est guère appétissante et je suppose qu’il  vaut mieux ne pas le boire. Sourires…

 

Dan s’assoit sur une grosse pierre, vestige certain d’une époque lointaine. Son regard se perd à l'horizon et s'éloigne….Je ramasse des plantes.

Nous respirons avec délice une variété de menthe velue particulièrement odorante ; ses feuilles sont douces  et arrondies ; nous les froissons délicatement sur la peau.

Un vieux saule étêté (ils ont la manie de tout tailler par ici… des résurgences de l’habitude de taille des vignes ???) est le seul relief de cette prairie. Mais les dénivellations bourbeuses et disparates, alliées à la déclivité, les rendent malaisées à la marche.

Après avoir re-franchi la poutre usée et les barbelés rouillés qui servent de barrière ( !), nous repartons vers d’autres espaces pour chercher des fleurs…

Je rapporte toujours de mes pérégrinations des plants variés à installer en mon jardin….

Tous les coteaux piquetés de ceps tordus me font penser aux cimetières de croix de bois, rectilignes et réguliers. Ils sont encore juste en tronc et en fourreau d’hiver et je pense en moi-même aux pauvres bonsaïs que cela donne. Mais Dan me rappelle la treille, les vins et les rires qui l’accompagnent…

 

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Le lendemain je perds en son pays mon Amie qui rie de me voir accorder des instants prolongé à la cueillette. Parfois, nous croisons un village et les maisons bourguignonnes m’étonnent avec leur terrasse/balcon, anciennement séchoirs à maïs, en grosses poutres très foncées, ouvertes sur le sud.

Ma voiture est pleine de fleurs et d'arbustes sauvages aux racines enchevêtrées.

Je repère involontairement la flore susceptible de s’adapter au Vexin et Dan s’éclate de me voir m’arrêter intempestivement parfois aux détours de sentes.

Nous patrouillons un peu les bois qu’elle aime, explorons des endroits infréquentés et ténébreux, parfois escarpés ; (Du fait ils en deviennent mystérieux.)

Les bouts de terres apparentes varient des nuances de rouge et de jaune, et même par endroit d’anthracite…

 

…..Nous sommes allées visiter les grottes d’Azè. Elles ont été découvertes en 1963, mais sont encore en cours d'exploration. Les vestiges qu’elles contiennent sont en couches d’époques, préhistoriques, fragments d’outils et ossements paléolithiques (Cro-Magnon, néandertalien et homo sapiens-sapiens,) mérovingiennes et pour finir romaines.

Ces galeries sont inondables, et diverses crues périodiques n'en facilitent  ni l’exploitation ni la découverte.

Je refuse d’emblée la reconstitution du tailleur de silex pour n’admirer silencieusement que les que sculptures sauvages et ombrées, ciselées par l’érosion des eaux, et je traîne un peu devant le mur naturel qui possède à lui seul toutes les encres du passé.

Ma main devenue pariétale cernée d’ocres (rouge ou jaune) et d’un noir profond voilé comme de la fumée, fait se retourner notre petite guide pressée d’en finir…elle doit douter de mes facultés intellectuelles…

Je goutte l’eau qui s’écoule d’une ravine pour rejoindre la rivière souterraine en contrebas. Elle a ce goût calcaire et froid des montagnes…

L’antre de la Terre n’a pas fini de livrer ses secrets par ici. Les galeries souterraines ont quatre niveaux mais peu de pistes sont stabilisées pour les touristes ; en cela, c’est agréable de les inspecter.

En sortant, je ramasse quelques buis encore bébés, l’ail des ours, certaines espèces de violettes, il y en a tant.

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….Ce matin frais est une promesse de chants d’oiseaux et de luminosité tonique.

Assise sur le banc situé derrière la maison de Dan, j’observe un couple de ramiers qui construit sans nul doute un nid.

Tour à tour, le mâle et la femelle (que j’ai du mal à distinguer) apportent les brindilles et s’enfoncent dans les profondeurs d’un des arbres de la haie. Une médaille de plumes blanches orne leur flanc. Leur manège est régulier et vif.

Des mésanges sont juchées sur des althæas habillés de leur peau d’écorce mangée de lichens. Je ne dois pas leur faire bien peur car je surprends nettement leurs regards brillants.

Tout ce petit monde chamarré s’égosille et siffle en stéréo, les rouges gorges et les mésanges, les moineaux et les merles.

Quelques agneaux bêlent et l’odeur humide sublime la couleur du ciel qui devient bleue par reflets, en certain coin du paysage. Les massives maisons du village s’éclairent progressivement.

Je discerne dans le jardin de Dan, un reste touchant de cabane d’enfants, grandis à présent, des ancolies, des phlox, une chouette morte qui semble dormir sous le grand sapin du fond, un emplacement d’ancien verger qui teint de blanc et de rose frissonnant l’Est de la propriété.

A cause des vignes, trop de produits défoliants ou d’engrais ont réduit le monde des insectes : certains oiseaux sont par répercussion inévitablement absents ou peu coutumiers de la région ; mais les busards, qui eux se nourrissent de petits rongeurs, prolifèrent manifestement bien ici et  sont en nombre. On les voit voler et piquer vers une proie invisible pour nous, ou rester immobiles posés sur les grosses branches.

Plus au sud, trois énormes noyers donneront cet été de l’ombre aux vaches qui habiteront le pré.

Cette nuit, j’ai pris le temps de regarder les étoiles et les branches des grands sapins qui indiquent sempiternellement une destination céleste lointaine et inaccessible. La luminescence nocturne varie avec les régions et chaque petit coin de France (ou d’ailleurs !) possède sa propre « électricité » ambiante, ses reflets personnels, sa vibration climatique.

Demain sera pluvieux.

 

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…..Je dois repartir…

Je suis restée plus longtemps que prévu…la matinée se prête au démarrage, orageuse et grise.

Je laisse traîner un bisou inscrit en couleur sur la table…

Je n’éveille personne…mon Amie me le reprochera le soir lorsque je lui dirais que je suis bien arrivée. (Pardon Dan, tu dodotais comme un bébé)

 
Je traverse un orage argenté et zébrant sa colère, puis file sur une route mouillée et raisonnable …

Et, avec moi, des souvenirs gravés dans la mémoire cachée de mon âme et sur celle d’un CD…

Sourires  à vous tous et toutes.

 

feuilllle.


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23 juin 2006

Rouen, La fête de la Musique, Parfums

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Rouen. La fête de la musique.2005

 

Tous bien tassés dans Cosmos (ma petite Six Troènes azur), nous voilà partis vaillamment à une petite centaine de kilomètres de Village, toit et carreaux ouverts car il fait chaud…Destination : la Ville « aux cent clochers », surnommée jadis ainsi par Victor Hugo grâce à sa trentaine d’églises ou cathédrales qui la hérissent de tours et de beffrois…

La capitale de la Normandie est remplie de jeunesse et d’histoire : l’Homme préhistorique y a connu la courbe lente de la Seine semble-il, puis, il y a deux mille ans, les Romains l’investirent et la baptisèrent Rotomagus. Ses fontaines et ses ruelles, ses poutres enchevêtrées et ses enseignes de fer, forgé ou peint, ses temples à prières et ses moyenâgeuses maisons à colombages, nous transposent sans peine dans une autre époque.

 Elle devrait être sombre. Je l’ai toujours vue illuminée de soleil ou de luminaires, et si parfois la blancheur de l’hiver la recouvre, les rayons du ciel en précisent les nervures du bois et les sculptures de pierre sur les bâtisses.

 

...Garés tranquillement près du CHU, nous filons d’un bon pas vers le centre ville, enthousiasmés par les échos des musiques diverses qui s’en épanchent.

…Les places sont denses, striées d’éclats de lumières, meublées de tables de mixages et d’orchestres. Les rues ricochent de sons musicaux, parfois cacophoniques, et les couleurs vestimentaires ajoutent à la joie et parfois à l’exotisme.

Des fragments de foule dansent et se regroupent selon affinités musicales ou amicales.

Des années d’entraînement de fête de l’Huma m’ont appris à me frayer un chemin dans la foule compacte sans dommage, je me fais fluide, et les jeunes suivent mon sillage. La mince brèche se referme très vite derrière nous et tout en avançant, nous avons l’insolite sensation de voguer sur place. La Cité devient bateau…

…Au travers de la Ville, je remarque la similitude des odeurs culinaires qui s’assimilent avec les musiques jouées, et leurs lieux de prestations : ici un vieux Monsieur joue du clavecin électronique en face d’une galerie d’art (fragrance tisanes…). Il résistera courageusement jusqu’à plus de onze au groupe « Métal », bien sur plus sonore, qui œuvre non loin de lui, dans une rue pavée elle aussi et cernée de magasins modernes (Odeur hamburger) ;

Enchâssé dans une cour intérieure protégée de maisons à tourelles et d’un castelet, un groupe folklorique virevolte au son d’un antique accordéon. (Exhalaisons de cochonnailles variées et de pain campagnard).

Le jazz nous subjugue au coin d’un bistrot aux parfums de café, et « Let the sun shine » se fait entendre harmonieusement sous les effluves de barbecue non loin de là.

Les chants du « Ché » se devinent plus qu’ils ne s’entendent sur une grande place aux stands variés. (Parfums de crêpes, de café…)

La chatoyance des Femmes et des Hommes qui gesticulent une danse sauvage et sublime au son des percussions (tam-tam et tambours) et des onomatopées gutturales, devant un ensemble de bâtiments modernes, nous font imaginer l’Afrique et ses rythmes sthéniques (Effluences vanillées).

A l’ombre de la nuit, dessous une voûte arcadée, un groupe de musiciens tournant leur vielles et autres instruments surannés, se produit et envoûtent quelques personnes de leur complainte désuète... ("bouquet" d’herbes …)

Des bouffées de rock…des couleurs merguez…des mouvements bruyants…des gestes doux…des sons musicaux…agitation et sourires…

Corps et sensations…

Un fumet chocolaté entoure un air fugace et isolé de flûte traversière...

Des bouffées pâtissières envahissent des refrains spontanés de jeunes chanteurs de variété près d’une petite place pavée.

Les signes courtois et précieux des mains Indiennes tracent une arabesque dans l’espace restreint d’une courette, presque secrète… (Vapeurs d’épice et d’encens)

Un arôme de valse tourbillonne timidement et s’esquisse près d’un petit magasin de tissus.

Des rengaines émanent des restaurants…

En face d’un cuisinier temporairement et modestement installé à même la rue, un artiste peintre dessine et étale ses images crayeuses et magnifiques directement sur le sol dallé. (essences  sucrées)

A quand la fête des Peintres ?

...Les senteurs auditives ?

Hum ! Quelques odeurs de shit sans doute m’auront exacerbé et erroné les sens, qui s’emmêlent.

Le mélange est presque palpable. Je goûte les Musiques, je déguste la joie de la foule, j’écoute les odeurs…

La nuit nous offre par moment son haleine de fleurs…

…….Il est tard…Nous repartons, un peu saoulés et vacillants, avant que certains ne se modifient en groupes véritablement ivres, et que les marques de véhémences ne deviennent trop nombreuses.

Pratiquement tous les coins internes des jonctions des maisons sont – ou ont été- investis tels des vespasiennes ! Vous êtes terribles Messieurs !!!!(Relents ammoniaqués !)

La nuit bien entamée nous emporte, les étoiles clignent des yeux.

C’est l’heure de la lune ; pleine et laiteuse.

C’est l’heure des futurs songes que l’on fera, au creux de la plume, dans un moment.

C’est l’heure de se souvenir, pour écrire…

 

                               Sourires à tous et à toutes, feuilllle. 1828501

Posté par feuilllle à 06:13 - Itin'Errances - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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