08 septembre 2006
Une petite église du Vexin normand …
Une petite église du Vexin normand …
Elle a vaillamment survécu aux tempêtes des siècles et à la Révolution, et se situe à la droite de l’Epte (affluent de la Seine) dans un petit village d’à peine 500 habitants. (Louis le Gros et richard Cœur de Lion s’y combattirent jadis pour en obtenir la primauté.)
Les truites et les canoës y glissent tranquillement, les gros « bourgognes », les verges d’or et les menthes indomptées sillonnent, dansent ou parfument ses rives touffues et galonnées de roseaux.
Je connais un endroit parsemé de saxifrage, de violettes timides, de houppes d’herbes de marais, de saules pleurant leurs membres clairs et frissonnants. Dès octobre, des centaines de noisettes s’entrechoquent presque en silence…
Le lac proche appelle de nombreux oiseaux dans ses environs, et les insectes ou batraciens sont là pour les satisfaire.
Dernièrement, des cigognes en partance vers un probable Egypte ont frôlé de leurs grandes ailes le clocher hexagonal mitraillé durant la dernière guerre.
On ne perçoit, été comme hiver, de ce village camouflé entre champs et bosquets, que sa flèche d’ardoises grises émergée d’un pli de la Terre. Les lierres vivaces ondulent sur ses murailles quand le vent est fort, et leur ritournelle se plaint en arpège chiffonné.
Bien serrées autour de l’église, les maisons se touchent, se sourient de leurs fenêtres, et s’embrasent en décembre des couleurs de noël. Chauves souris et hirondelles s’y côtoient en alternance du cycle quotidien.
A l’arrière du campanile, les abeilles sauvages y déposent parfois un bourdonnement continu d’essaim, tout en persévérant à butiner les nombreuses fleurs environnantes.
…Elle se nomme Eglise de Saint Jean Baptiste. Elle est « classée ».
Quoique !
Je crois bien qu’à certains moments, un gentil monsieur de la commune peut ouvrir la porte au curieux troupeau d’humains éclectiques qui a parfois le temps de parcourir certains chemins de France …
Prochaine visite le 25 novembre !
*Les parties primitives de l’église datent du douzième siècle. Les murailles latérales sont surmontées de corniches à modillons*² et nanties de contreforts.
Le feuillage gotiques en frise sur l’arc de la baie, ainsi que le porche de pierre assis sur cinq colonnes doriques, sont apparus au quinzième siècle, sous le règne de HenryIII.
A la même époque, Guillaume de Montmorency (baron de ce village) y fit construire une chapelle : douze niches serties d’apôtres y recueillent la lumière d’un vitrail en grisaille.
La chaire est attiédie par une tapisserie d’Aubusson dessinant le calvaire.
Le bénitier et le bathysphère se font face et sont en pierre sculptée.
Creusée sous la droite du chœur style LouisXV garni du maître-autel d’époque et d’un tableau de Gilbert, peintre de Louis XVI, la crypte renferme deux enveloppes de cœur et des cercueils, dont un d’enfant, plombés. (Si un historien voulait me donner la fréquence et la raison de ce style d’ensevelissement, je serais ravie. Dans la commune, nous aimerions en savoir davantage à ce sujet.)
Actuellement, l’édifice ne sert qu’au culte, car les boiseries sont en réfection. Les journées du patrimoine ne seront pas à l’honneur encore cette année…
Sourires à tous, à toutes feuilllle.
06 juillet 2006
le Vexin Normand (suite et fin)
Historiquement, je ne suis pas très calée, mais bon, tout le monde sait ici que le Vexin Normand a abrité les hommes du paléolithique et du néolithique. (Abris sous roches). De cette époque il reste, en plus des vestiges, quelques animaux sans doute bien changés, les cerfs et les sangliers par exemple.
La pré-histoire passée, les Gaulois, dont les tribus nombreuses ont donné les noms actuels à nos villes, ont investi les lieux ; ils étaient apparemment doués pour travailler le bronze.
Sûrement, je vais vous apprendre quelque chose : je suis Véliocasse, comme tous les habitants du Vexin Normand !
…Puis les envahisseurs envahirent ! Normal c’était carrément un métier à cette époque ! J’imagine que le mot à présent n’est plus assez subtil pour cohabiter avec nos sociétés…coloniser ? Non c’est passé de mode …heu, peut-être « intervenir en vue de prospecter » ? Non je veux dire en vue de protéger, (pardon ! errare humanum est) .Non c’est de l’altruisme cela…
La chaussée Jules César sera construite, elle passe au travers de la Normandie et son emplacement ne se différencie pas énormément de la grande route actuelle.
Puis vinrent les Francs, les Saxons, les Vikings….
Et tous les pillages et massacres nous amènent gaiement au millénaire suivant ! Petit épisode de trêve entre Charles le Simple et Rollon, puis Guillaume le Conquérant - et sa suite les Plantagenêt – installent cette province « à l’anglaise ».
Aparté
saugrenu, indispensable et euh…:
……Misère !
Dans quoi me suis-je fourrée ! Y a t-il un prof d’histoire dans la
salle…. ?
Ensuite et pour résumer (car même avec l’aide de références tout à fait officielles je trouve cela un peu ardu) Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste se jalouseront aussi cette belle province. Parler de simples tiraillements serait un euphémisme.
Même si cette partie de l’histoire de France m’a toujours agacée et ennuyée, tout cela, je suis obligée de le savoir !
Car sachez que je crapahute fréquemment sur les remparts de la route des Crêts, à photographier les innombrables petits buis qui y poussent et recueillir des herbes précises, à galvauder sans rien en dire sur les pentes de Château Gaillard, et à visiter les innombrables constructions, fortifiées ou non, de ce l’on nomme ici la route des anglais. Je visite et revisite le château de Gisors et sa tour Poussin, gravée selon les possibilités de l’éclairage d’une meurtrière par son prisonnier ; je brandis une torche dans les vieux souterrains connus, je paresse en contemplant les vieilles pierres de Neaufles Saint Martin ou de Boury en Vexin ; c’est dans ce coin que j’ai vu une seule fois une autre plante endémique du Vexin, la biscutelle de Neustrie. Je ne l’ai malheureusement pas numérisée.
Puis, encore des guerres, ce moteur inacceptable du progrès, celle de cent ans qui dura bien plus que cela, Jeanne d’Arc cherchant sa voiE, Luther et Calvin, celle d’Ivry la bataillle (Henri IV face au Duc de Guise) et enfin l’exil de milliers de normands vers les Pays-Bas, l'Angleterre et la Prusse, sous le règne du Roi Soleil lors de la révocation de l’édit de Nantes. Le rayonnant Louis 14 sut éteindre la joie de toute une partie d’un peuple dit-on…Mais Napoléon aussi… et pas qu’en Normandie lui !
Allez ! Un petit coup de Prussiens et de 14-18 ! Avant que d’attaquer « la der des der », celle du débarquement ! J’espère profondément que l’on peut arrêter là, et définitivement…
Décidément, pauvres normands !
Mais du coup, jolie Normandie, truffée de châteaux, d’édifices religieux, de forteresses et de souterrains…ses vallons et ses bois ont depuis longtemps reverdi les grandes cuvettes des obus.
C’est tout de même dans le Vexin normand que la Normandie est née, il y a plus de mille ans, par le traité de Saint Clair sur Epte, la petite rivière sur laquelle on pratique le canoë, et qui a toujours servi à délimiter administrativement les départements. J’y vais souvent avec mes chiens… il arrive aussi que certains palmipèdes humains porteurs de bouteilles de plongées y caressent amoureusement l’onde avec discrétion.
Les coquelicots au fait, ceux qui dégoulinent des récoltes, qui ondulent au gré des brises, et qui ornent partiellement des carrés de prairies ? Cela ne vous rappelle rien ? Et Giverny alors ?
Monet, Millet, Corot, et d’autres encore, ont tous eu dans le cœur des morceaux de Normandie. Les paysages y peuvent être surréalistes avec leur lumière particulière. Des falaises crayeuses sur certains sommets du relief, émane l’idée de la force du temps, leurs luisance et chaleur réflective attirent les familles : quelques habitations y sont creusées.
Les amateurs de gothique pourront admirer l’église de Gisors et la collégiale des Andelys, les amoureux du Cistercien les abbayes de Fontaine Guérard et celle de Mortemer, qui possède en plus une Dame Blanche fantomatique qui déambule dans les couloirs. Et oui ! Même le mysticisme, ou plus simplement le mystère existe en ces lieux !
Quelques célébrités ? Aristide Briand, Clemenceau, Ravel qui composa son fameux « Boléro » si je me souviens bien à Lyons la forêt.
Alors ? Cela ne vous donne pas envie d’y patrouiller un peu ? Et… vous pourriez aussi bien après avoir traversé le Vexin continuer vers les bords Normands plus extrêmes ? Et finir en beauté par le grand vaisseau de pierres ciselé par les hommes et les vents du Mont Saint Michel, ancré pour l’éternité en son immense baie…
Je ne suis peut-être pas objective, mais c’est tout de même vraiment beau, le Vexin normand. Ma petite famille, mes amis et moi la sillonnons, y dégustons des repas de pain et de fromage, ramassons des cagouilles et des pissenlits à salade, explorons ses endroits tranquilles. Lorsqu’ils étaient encore en primaire, dès le mois de mai, je préparais un déjeuner à emporter pour mes enfants : ils se baignaient en pique-niquant au bord des petits ruisseaux, puis repartaient pour l’école l’après-midi avec l’odeur des herbes dans les cheveux. Chacun de leurs anniversaires (fin avril et juin) étaient fêtés avec leurs petits camarades par une course aux trésors dans la nature.
Même nos bons souvenirs sont inscrits dans les paysages ! Rires…
Bonne promenade à tous et à toutes.
Feuilllle
*euh… après re-lecture, je me
rends compte que mon historique est très relatif !
Il me semble que durant les cours
d’histoire scolaire, j’aurais dû moins rêver…je crois d’ailleurs que c’est lors
d’un cours d’histoire en cm1 que j’ai commencé une autre histoire, celle d’un
petit point qui s’évadait de son cahier pour rouler sa bosse au travers le
monde…
26 juin 2006
Vexin Normand 3
Les quatre saisons
L’automne est une symphonie de couleurs mordorées car les essences y sont nombreuses. Le flamboiement des érables éparpillés dans les bois jouxte les jaunes d’or des saules, les charmes n’en manquent pas, et les verts et bleus foncés des sapins accentuent le toute la palette.
Les champignons ballonnent dans les pâtures et les bosquets…Hummmm ! Ces vaillants petits rosés ! Les coulemelles et les coprins chevelus (à ne pas mêler à l’alcool) se regroupent en troupeaux aux mêmes emplacements... Les cèpes et les morilles s’isolent dans des endroits soigneusement dissimulés, les petites vesces blanches et pulpeuses qu’il faut prélever très jeunes s'affichent au bords des sentiers ou des sous-bois.…Une ballade, panier sous le bras, et vous êtes sûrs de ramasser ce qu'il faut pour cuisiner une omelette d'enfer !
Le piquant des châtaignes éclate. Les fruits lisses et fauves vont régaler les bêtes comme les gens, les uns par besoin, les autres par plaisir. (Gâteau de châtaignes : il faut simplement remplacer la farine par des châtaignes écrasées).
Les vieilles souches
aux écorces crevassées et striées de mille rides biodégradables teignent par
place d’ocres les collines, que les dernières fleurs de la saison tâchent par
paquets. La forêt de Lyons, une hêtraie à l’origine plantée par les rois pour
alimenter en bois de construction (inaltérable à l’eau de mer) leur flotte
navale, est immense (plus de
Nous ramassons aussi les noisettes.
… L’automne une saison souvent douce et sereine en Vexin Normand. L’automne aménage le sommeil…
L’hiver, la neige blanchit de
temps en temps le sol de quelques centimètres, bien sûr, mais
Certains matins, une ouate profonde envahit tout… on entend le glouglou des ruisseaux qui pétille encore imperceptiblement sous la fine pellicule de glace qui se forme les jours de gel. Les chants d’oiseaux et les cliquetis des branches dénudées offrent leurs sonorités dans un paysage atténué de détails, ce qui accentue son « flou ». L’hiver est un orfèvre qui sertit de givre blanc et scintillant toute chose, et les nuits les éclairent d’une lueur glacée.
Cependant, le brouillard qui assourdit les sons et atténue les couleurs de son haleine moite et froide n’empêche pas la fureur des éléments. Il faut entendre alors les sifflements des vents et le fracas des arbres se brisant dans les orages ou lors des tempêtes. Les arceaux des arbustes-lianes se fouettent alors violemment sous la bise, les animaux se terrent, tout ce que le givre figeait dans le calme du froid s’envole dans une cacophonie naturelle et véhémente.
…L’hiver est aussi à mon idée la meilleure saison pour observer la course des étoiles et des planètes.
C’est la saison de l’inhibition... Il est comme une rémission, terré et profond...ce sont ses racines qui le renforcent...
Le printemps oppose à l’été qu’il prépare imperceptiblement ses fleurettes basses à celles de la saison suivante, plus hautes, parfois géantes.
Les violettes sont sauvages et disparates, j’en ai même d’une couleur quasiment grenat dans mon jardin. Je pense sans en être tout à fait certaine qu’il s’agit d’une variété de la fameuse Violette de Rouen, une plante endémique. Les timides perce-neiges les devancent de peu, et je certifie que cette fleur porte bien son nom : en cas de neige, leurs aréoles frisottés de vert clair dessine de minuscules cercles de dentelle en bouquet. Puis les anémones blanches et graciles, aux feuillages découpés et veinés de noir, éclairent les muscaris, violet profond. Les jonquilles plus jaunes que le soleil à l’aube et les primevères pourpres, crèmes ou orangées les suivent de près. Les jacinthes mauves, élancées, échancrent l’orée des bois d’un tapis fragile et mouvant. Les sceaux de Salomon (je ne suis pas sûre de l’orthographe de ce pluriel), les muguets et les coucous s’installent peu après, alors que les iris commencent à peine à colorer de teintes diverses leurs corolles encore repliées sur elles-mêmes. Les cistes déploient enfin leurs camaïeux roses.
L’atmosphère s’imprègne du parfum des lilas ; les pommiers, neigeux et tremblants, déterminent une toile rupestre et pastelle parcourue par des millions d’animaux qui s’éveillent à la vie et se hâtent de bâtir.
Les douces vaches noires, blanches ou brunes, promènent un pas débonnaire sur leurs territoires réservés…
L’air retentit de musique indomptée, de vrombissements d’élytres et de froissements d’ailes.
Les arondes (hirondelles de fenêtres) bâtissent ; les mésanges troglodytes façonnent un semblant de tunnel dans mon mur vétuste, derrière la grange. Les écureuils auburn descendent des arbres. Ils sont d’un roux fauve très foncé par ici. Toutes les prairies regorgent de rosée à l’aurore et brillent d’un éclat mouillé le temps d’un lever de soleil. Puis l’évaporation tamise d’un voile léger et fugace la plaine. Le temps qu’il fait et le temps qu’il est s’harmonisent alors à l’amble.
…Le printemps est le symbole de la résurrection…
L’été est là. Son odeur de graminée qui fleure parfois le pain cuit, bien avant la fenaison, active chez moi des envies de dodos dans les foins !!!
Mais il faut avouer que j’investirais avec le même plaisir les sombres sous bois aux fragrances de mousses et de fougères, avec leurs racines torturées et sculptées de reflets et leurs feuillages tour à tour immobiles ou bruissants.
Bientôt nous irons collecter les diverses races de mûres pour les « confiturer ».
Le chèvrefeuille aux senteurs vanillées, l’églantier à l’arôme subtil, les verges d’or et l’épice des giroflées embaument par effluves, et les « fils de la vierge » tissent un impossible sentier vacillant et aérien.
Les aulx sauvages, les prèles et les massettes, le serpolet et les joncs vous griffent amoureusement les mollets lorsque vous les traversez. Les champs sont pleins de petites pensées de toutes les couleurs, de linéaires, de trèfles incarnats, de chélidoine, la plante aux nombreuses vertus, le plantain qui soulage efficacement les piqûres d’insectes, et tant d’autres…
Les orchidées sont nombreuses aussi : il y a celle qui ressemble à un petit frelon, celle qui est rose vif et en cône, aux pétales très serrés, celle qui, blanche et rose, porte sur sa tige de petites fleurs espacées. Je les ai toutes longuement observé, tranquillement installée à même les herbes, pour repérer les insectes qu’elles attiraient.
Les talus sont tapissés de liserons rampants, aux petites jupes inversées et rosées, et si serrées que le sol parait s’habiller de papier crépon. Les raiponces, les boutons d’or et les gentianes jaillissent des bords des sentiers et des routes. Les marguerites s’étalent aux côtés des reines et des sauges des prés. Les digitales et les campanules embrassent les ombellifères, et les bouquets champêtres fleurissent dans les maisons de briques rouges ou de pierres.
Coccinelles et gendarmes rougissent les plants, les chenilles dévorent même les orties, et les papillons zigzaguent en rasant les corolles.
Le fourmillement des insectes terrestres ressemble à un embouteillage parisien, et les animaux volants décorent le ciel d’arabesques compliquées ; l’alouette fixe un moment un point d’un champ, puis y plonge tout à coup, en stridulant. Les poussins des prairies criaillent en courrant derrière leurs mères.
Je vois parfois le renard passer… ce n’est pas qu’une chanson… J
À l’ouest, un champ d’avoine, incliné car légèrement pentu, saigne de coquelicots…la vibration émise par ce tableau surréaliste, mouvance et émotion, est de l’ordre du divin…
…L’été est moisson, l’été est chaleur, l’été est l’explosion de la vie…Même ses tempêtes rendent la transparence de l’air plus vive, plus rayonnante…
En toutes saisons, les parfums des menthes velues ou aquatiques vous accompagnent plus ou moins.
Les exhalaisons de
J’y navigue régulièrement, prenant des notes et préservant ce que je peux, apprenant encore à distinguer l’observation de l’inférence de mes actes. Apprenant toujours…
J’ai la chance de
vivre dans un endroit, dont l’espace non habité était originellement recouvert
de déchets humains et en friche, pour générer mon jardin et supplanter
humblement à
Sourire à tous et à toutes.
feuilllle
18 juin 2006
Vexin Normand suite
C’est une
région agricole et rurale. La seule grande agglomération est Rouen, médiévale
et très fleurie aux beaux jours, et surnommée «
la Ville
aux Cent Clochers » ; j’y vais plusieurs fois par an me perdre dans ses dédales de ruelles assombries de colombages et d’enseignes forgées, et toujours lors des fêtes de la musique.
Les gens vivent éparpillés, et les petites bourgades plantées ça et là aux milieux des campagnes possèdent toutes de quoi fournir services et objets essentiels -voir même un peu plus- sans devoir obligatoirement aller très loin. (Moyennes surfaces, laboratoire, conservatoire, bibliothèque de ville, etc.…)
L’aspect culturel
est appauvri, les communications et transports sont limités, le bibliobus ne
passe pas toujours. Pas de théâtre sinon quelques troupes excellentes locales
qui « tournent » sur le département. Quelques salles de cinéma
« art et essais » insuffisantes en places…un bus seulement par jour,
la voiture reste indispensable. Nous venons juste d’avoir
La Déesse Aile
, mais raccordée sur des raccords (lol) et donc pas tous ses services. Le tout à l’égout n’est pas encore mis en place partout. Les collèges et lycées sont excentrés, comme les grands hôpitaux. (Quelques petits hôpitaux de campagne ça et là) Par contre, les piscines sont nombreuses, j’en ai par exemple deux dans un rayon d’une dizaine de km. Durant l’année scolaire, elles se partagent les écoles (RPI ou de village), le soir et durant les vacances, elles sont ouvertes à tous.
Il faut dire que tout ce qui activité nature est bien représenté, le pays s’y prête ; beaucoup de nos enfants montent les chevaux, ils vadrouillent dans les forêts et les champs (pistes VTT et trecking ) la chasse et surtout la pêche les occupent fortement. Une multitude de truites remplissent pour qui veut les congélateurs et à la saison, il nous arrive de déguster les succulentes anguilles ; que nous n’avons bien évidemment pas le droit d’attraper après le coucher du soleil. (Tout le monde sait ça !)
Nous ne sommes pas isolés, mais éparpillés : cela fait que beaucoup de villages possèdent encore leurs petites boutiques, leur école, leurs cantines sont souvent installées avec accord officiel dans des salles des fêtes car le pays du fromage est aussi celui des grandes réunions festives ou familiales et chaque village en possède une.
Dans mon village, (425 habitants), l’école n’est que primaire, la boucherie fait aussi un peu de bazar et d’épicerie, la boulangerie-pâtisserie quelques cartes et livres d’auteurs locaux, le café-tabac les journaux et le billard, et la poste est ouverte trois jours sur cinq, par demies journées.
Les talents des gens sont partagés le plus souvent (piano, travaux manuels) des organisations de rencontres sont fréquentes (scrabble, artisanat, chorales) mais nous restons tout de même un peu à la traîne pour tout ce qui concerne les nouveautés, de quelque ordre qu’elles soient.
Peu d’usines. Dans mon coin, les forges de Trie château et l’usine sucrière Saint louis à Etrépagny, une entreprise de fourrage animalier, un gigantesque silo a grains de la coopérative de Gisors. Tout cela ne frappe pas l’œil, sans être dissimulé c’est relativement discret.
Toutes les fabriques de boutons d’écaille ou de nacre sont désaffectées, mais beaucoup de petits musées privés.
17 juin 2006
un petit coup de Vexin...
...Je suis une maman du nord. Mes deux bourgeons s’épanouissent au fil des saisons et c’est tout ce que je leur demande.
Mon pseudo sur le net est partout le même : « feuilllle » car j’aime les Arbres et écrire.
J’y pose depuis trois ans mes quatre ailes (4 L, comme à libellule pour un meilleur équilibre de vol) et surfe sur divers forums ou sites avec autant de plaisir qu’au premier jour.
J’ai passé plusieurs instants à vous lire, il est temps à présent de vous écrire. Je ne sais pas trop comment me présenter, j’ai vu que vous l’aviez parfois fait, je trouve que c'est une bonne idée.
Je préfère commencer par vous peindre ma région de quelques coups de crayons colorés.
Mais ne jugez pas les erreurs ou
les omissions, je ne prends pas de petit livret touristique, je vous la
présente telle que je la perçois, et selon mes intérêts…
La Normandie du Vexin est modelée par ses collines, dentellée de forêts, le relief est constamment traversé de ruisseaux et de rivières. Cela forme de minuscules vallées, des paysages montagnards en miniature. La douceur du climat tient de ses nombreux lacs et étangs, repères pour de multiples animaux, migrateurs ou non.
Le Vexin étant une zone protégée, (Parc Naturel Régional, à ne pas confondre avec Parc National*) les traitements pour les cultures sont surveillés de près ; de ce fait, il est encore possible de rencontrer au hasard des promenades des insectes tels que les lucanes ou des chenilles prodigieuses. La diversité des oiseaux est reconnue, et je conserve toute plume tombée du ciel pour les coller en éventails teintés de bleus et de verts, d’écarlates et de jaunes, de bruns et de gris.
De nombreux ornithologues passent des week-ends entiers à explorer notre « micro ciel » et les alentours des lacs pour y observer de drôles d’oiseaux ! Leurs étranges pieds télescopiques poussent alors discrètement au creux des feuillages et même les sinueuses vipères d’eau s’en écartent.
Les canards sauvages glissent dans les eaux vives ou stagnantes du coin ; les cygnes se sont octroyés un endroit privilégié, un pré marécageux épiné de roseaux ; des hérons cendrés y soulèvent d’entre les petites roches affleurant les rives, des volées de grenouilles et la gente ailée irise le ciel de ses ailes diaphanes ou caparaçonnées.
Cette année, du fait – parait-il – de changements climatiques, les chemins migratoires auraient été modifiés, et les cigognes se sont reposées, là, tout près de chez moi, dans un des grands champs qui côtoient les bois aux escargots (bourgognes et petits-gris). Je n’imaginais pas les cigognes si hautes et si majestueuses, ni leur allure si puissante…
En ce moment, le lin bleuit tendrement certaines collines. Il est toujours exploité dans la vallée de l’Andelle. Les pousses de blé et de maïs s’alternent avec les pommes de terre et betteraves (sucre Saint Louis). Les fruits rouges fournissent une très grande marque de yaourts (et oui ! vous dégustez les petites baies normandes…), et les pommiers donnent des fruits succulents à manger, crus ou cuits au four sur une biscotte beurrée et acidulée de confiture ou de sucre. Parfois, Les « descendantes du Désir d’Êve » se transforment aussi en cidre, et chuttttttttt…. se distillent encore en douce dans certains coins en Goutte… (Calva)
Les plantes fourragères tels que les pois, luzerne et diverses graminées sont en bonne place aussi ; il faut dire que les bovins sont en nombre importants. Du coup, les fromages aussi…
Le camembert a été fabriqué en 1790 pour la première fois par une femme , Marie Harel, à la ferme de Camembert, située à Beaumoncel. C’est un prêtre « réfractaire » venu de Brie qui l’influença dit-on…l’art et la manière de jouer du goupillon, sans doute….
C’est une contrée douce à vivre, les froids et chaleurs extrêmes y sont assez rares, mais les saisons y sont tout de même bien différenciables.
Son relief se nivelle gracieusement et les vieilles demeures de briques rouges ou en pierres suivent les élévations du terrain et sont souvent sur plusieurs niveaux ; les villages se tassent fréquemment au creux des petites vallées, ce qui les rend invisibles des grandes routes. Occasionnellement, un clocher étire sa pointe effilée ver le ciel et semble s’accrocher aux nuages.
voilà... je commence à écrire et je ne m'arrête pas!Donc, la suite plus tard. Sourire à ceux et celles qui me lisent.
feuilllle
* il ne faut pas confondre le Parc National et le Parc Naturel Régional: le premier est crée par le gouvernement, l’autre par le conseil régional. L’un est limité, l’autre libre d’accès. La chasse et la pêche, toujours réglementées, sont permises dans le parc naturel régional. Enfin le parc national sauvegarde le milieu naturel surtout dans un but scientifique, tandis que l’autre, tout en protégeant les richesses naturelles locales, participe au développement économique et rural.











