Feuilllle, Itin'Errance et Natur'Ailes

correspondance et essais, partage et échange, effeuillage au quotidien, voyages et transhumance, nature et poésie...

24 janvier 2016

Grandir...

 

 

Lorsque j'étais petite enfant, je croyais que la Terre était immense, et qu'il ne serait jamais possible de la voir toute.

Je regardais les étoiles, et me demandais avec étonnement pourquoi nous étions tous, nous Humains, si perdus dans cet espace - immense lui aussi, et encore plus infini, puisque non mesurable à nos yeux.

J'ignorais alors, de ma campagne si fertile et si rustique, que notre race allait bondir en l'espace d'une insignifiante génération, de l'industriel au nucléaire, du bois au plastique, du phare au laser, et plus prosaïquement et quotiennement, de l'eau froide à l'eau chaude.

Des poëles à bois et du porte-plume, du cuvier en zinc et des précieux timbres, nous sommes passés si vite - le temps pour une enfant de grandir et d'en faire naitre à son tour, qui eux-mêmes ont procréé ...  aux chauffages modernes et au "Bic",  au Jacusy" et au NET.

Durant tout ce temps, notre planète est devenue comme "plus- petite" à mes yeux, car j'ai voyagé (et je continue) et la cerner est possible actuellement, et les images, les noms et les mesures des cieux se partagent abondamment.

Le plus amusant, c'est que je constate aujourd'hui en souriant que oui, je ne la verrai jamais toute, cette si chère Terre, et que l'espace est toujours autant infini, même si nous arrivons à le définir et nous y situer tout de même un peu.

Mais le plus étonnant, c'est que je m'y sens de moins en moins perdue.

Sourire...

 

 

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08 décembre 2015

SUBVERSION

 

 

 SUBVERSION

 

 

Je n'ai plus envie de payer des taxes, directes ou indirectes, pour des poches trop lointaines et bien trop personnelles pour que l'on en ressente le moindre bienfait...

Je n'ai plus envie de devoir boire de l'eau chlorée ou malade, ni de me nourrir de produits éclusant les pesticides de la dernière guerre...

Je n'ai plus envie de perdre mon énergie vitale à lutter pour ne plus me méfier, dans cette civilisation malade et « psychosée » par autrui, ni devoir me battre pour survivre comme une automate...

Je n'ai plus envie d'être manipulée pour penser qu'il est bon de courir à chaque instant, dans le seul but de gagner du temps, moi qui aime tant le sentir passer comme une caresse bénéfique imprimant ses reliefs sur ma peau comme valeur d'expérience.

Je n’ai du reste pas envie que l’on amalgame ce Temps, (temps qui passe ou temps qu’il fait,) avec l’argent, considéré comme fiable et sécuritaire pour nos vies du coup étriquées.

 

Et en riant beaucoup, je divague en créant dans une histoire un Arbre « Porte-Feuilles » unique et gigantesque, qui produirait à chaque saison une monnaie différente recevable équitablement par chacun, et qui aurait le bon sens de faner chaque hiver pour anéantir l’amassement des billets…

 

Je n'ai plus envie d'être exploitée au nom d'un pouvoir axé exclusivement sur la puissance de cet argent...

Je n'ai plus envie d'être possédée, ni même exiger posséder une place sur Terre, car cette place appartient de droit à chacun...

Je n'ai plus envie de voter pour des gens qui n'ont besoin de moi que pour se mettre en place en bouffant celles des autres, même aux noms chéris mais falsifiés de "Démocratie", de "Liberté" et d' "Egalité".

Je n’ai pas envie de taire les outrages subits par les populations, qu’ils soient subtils ou choquants.

 

 

Mais :

J'ai envie de crier pour vivre et non survivre dans un cauchemar savamment orchestré, et dont le but est nettement de nous contrôler.

J'ai envie de regarder les étoiles en hurlant que nous ne sommes pas seuls dans l'espace sans être regardée étrangement.

J'ai envie de faire, d'écrire, d'exprimer (comme l'on exprime le jus d'un fruit) d'agir pour exister, sans l'entrave de l'étouffement social programmé par et pour on ne sait qui ou quoi.

Je voudrai que les forts aident davantage les faibles, que les « bien-portants » en ayant le pouvoir et le savoir s’occupent sereinement et avec dévouement de ceux et celles qui en ont vraiment besoin, que les érudits parlent consciencieusement et régulièrement aux analphabètes, que l’on ne considère plus la spiritualité comme n’étant que religieuse.

J'ai envie de voir nos animaux mieux considérés, et les biens de la Terre mieux exploités, protégés, partagés.

J'ai envie de profiter intelligemment de mon temps, de partager des informations, des savoirs et des technologies existantes, même si officiellement inconnus, ou camouflés.

Comme la plupart des gens, j'ai envie de Justice, de joie, d'échanges.

 

... Et je suis heureuse de constater que si je suis peinée, je n’éprouve pas de colère.  Inexplicablement, je me sens même plus solidaire et plus aimante de ma Race que jamais...

 

 

Pourtant, je soupire parfois :

Si les tous les chômeurs ne s'inquiétaient ni ne culpabilisaient plus de leur "manque" de statut social, ils sauraient découvrir en eux les ressources pour actionner d'autres manières d'être utiles : il n'y a pas que les chemins classiques qui aient de la valeur.

Si nous n’étions pas dirigés dans la vaste manipulation qu'est cette sempiternelle « course à la montre » et à l’argent, par on ne sait quel chemin à œillères et montrée comme un devoir, nous penserions librement et certainement plus fraternellement ; en tout cas plus sainement. Et notre sécurité sociale et individuelle serait presque totalement assurée.

Si nous étions considérés avec tolérance et respect par des dirigeants qui dirigent nos vies simplement pour contrôler la leur avec un maximum de profit, nous serions plus à même d'être plus vigilants envers l'inhumain, et plus aptes à comprendre et admettre nos différences.

Si j'avais encore confiance, je ne craindrais ni bavure ni déviance et serrerait dans mes bras toute personne portant uniforme.

 

 

Et j'ai envie de rire aussi, car du cauchemar et du chaos je passe au rêve et à l'idéalisme facilement :

Si nul ne payait ses impôts, aucune force armée ne saurait forcer le monde à déverser une manne collective dans un bas de laine que beaucoup ne toucheront jamais du bout du doigt.

Si chacun refusait de voter, ce serait très drôle de voir qui s'installerait sur les trônes, s'ils restaient en place !

 

 

Si, si,si...

 

 

J’imagine, et de l’impossible, je passe au probable déraisonnable, mais la raison est-elle toujours une réalité à viser ?

Car je n’oublie pas que si nous n’avions pas à l’aube de l’humanité rêvé être débout, pour voir plus loin ou plus haut, nous serions toujours dans les arbres, ni que chaque bébé a le même rêve, ce qui le fait grandir.

Du coup, comme tous, je vivrai simplement, hors peur et indifférence, sans gêne et sans tabou, libre et épargnée, et enfin je m'éveillerai en m'émerveillant de ce que la Création nous a offert, fière d'avoir su la préserver pour la continuer par et au-travers d’une évolution bénéfique.

Alors, en bonne gardienne de ma planète et de l'utopie avérée, je peindrai la vie avec des mots doux, j'écrirai des paysages verts et sans fumées toxiques, je sentirai les couleurs du monde en toute musicalité, je palperai les ondes qui transmettent et les souvenirs des Autres, je deviendrai enfin Humaine.

 

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28 septembre 2015

Terrorisme

Hier soir, je regardais, une fois n'est pas coutume, la télévision.

Cela causait de la "dé-radicalisation".

Une des chaînes françaises constatait que la France a encore un gigantesque travail de création à entreprendre sur ce sujet, du moins pour le continuer en innovant efficacement.

Cela est l'affaire de chacun de nous.

Mais je me suis demandé pourquoi on ne pouvait partir du simple fait que des milliers et des milliers de personnes sur le terrain veulent en partir.

Démonter un discours sournois et manipulateur est évidemment indispensable, mais rappeler en image  la fuite constante  de familles Musulmanes entières on ne peut plus concernées (puisque vivant entourées de cet état de fait qu'est le djihadisme -n'ayons pas peur des maux-) serait déjà élémentaire. Les informations à ce sujet sont encore insuffisantes ; les provocations sanglantes et brutales sont toutes à bannir du NET, les détails qui sont le quotidien malheureux des Echappés sont hélas à voir, à interviewer longuement, à entendre, et cela est primordial.

 

Ces jeunes gens qui désirent partir pour ne plus être anonymes, ni seuls, espérant devenir presque parfaits, espérant devenir "quelqu'un ou quelqu'une", se sentir "frère ou sœur", utiles en tout cas, et reconnus pour ce qu’ils devront être, ont-ils seulement noté que tant de personnes veulent fuir exactement ce et ceux que l’on veut leur faire rejoindre? Ont-ils remarqué que ces mêmes Humains fuyant leur pays décrivent exactement les horreurs dont on les induit à supposer qu’ils en seront les Maîtres, ou qu’ils pourraient les "exorciser" ?

 

Cette magnifique énergie en sommeil doit-elle nécessairement s'éveiller et s'accomplir dans ce milieu, alors que partout ailleurs il y a tant à faire?

Sont-ils certains de regarder toutes les facettes de ce que l'on présente, sans remettre en cause la facilité d'action proposée? 

 

Il est vrai que même pour participer à de simples "Restau du Cœur", il faut démarcher, ce qui est évité dans le djihadisme. Cette facilité devrait déjà alerter. Cela me parait être le summum de la manipulation mentale.

 

Ces jeunes gens sont-ils prêts à ressentir qu’ils ne pensent plus par eux-mêmes ? Car tout de même, ce qui est dit en gros, c'est que c'est mieux pour eux d'être là-bas ! Franchement, je me poserai des questions si on me faisait lanterner ce genre de chose en voyant tout un tas de monde fuir ce "là-bas" ! Où sont passés leur bon sens et leur réflexion ? A-t-on le droit d’amputer ainsi leurs esprits et d'utiliser ce qu'on leur en laisse ?

Est-ce vraiment jouissif de tuer en voulant éradiquer en toute bonne foi Ceux et Celles qui pensent d'une autre manière qu’eux ?

Comment peuvent-ils accroire si aisément que la religion musulmane doive les isoler de tout un Peuple d'Humains ? Qu'elle soit différente en Orient d'en Occident ? Et qu'elle soit supportée par la cruauté, des armes et des larmes ?

Comment peuvent-ils consentir à se comporter pire que des bêtes, à l'heure où l'on crée des instances officielles rendant l'abattage des animaux  plus "humain" ? Aiment-ils tant voir le sang couler ? Cela est-il  normal de devenir si tyranniques et si sanguinaires, pour des cerveaux permettant normalement, en tout cas originellement, l'avancée spirituelle ? Ce qui du reste manque singulièrement dans le contenu de leurs actions, malgré le contenant soit disant religieux !

 

 

... Alors je pense :

N'est-ce pas cela, être « dénaturé »?

Comment peut-on accepter si facilement un tel leurre, en regard et en réponse à ce qui est pour le monde entier un grand mouvement migratoire ?  Une difficulté réelle soit dite en passant, ce déplacement de foule devant être admis et accueillant, malgré l'embarras et les contraintes causés par un accueil en masse.

Comment ne pas voir la nuée de gens fuyant leur patrie en quittant tout, ce qui n'est pas rien (sans jeu de mots)  en choisissant choisir la mort peut-être, pour ne pas être privés de vie chez eux ?

 

Leurs dirigeants sont forts, certes, pour savoir  et pouvoir imposer la majorité d’un Peuple plus loin.

Mais ils ne seront jamais aussi nombreux que cette foule.

 

 

 

... Cette fuite massive est un fait avéré, réel : certainement voulue -voire programmée par "des enragés", tapant sur les âmes et les corps autant que sur une économie occidentale, elle est surtout l'unique et courageux espoir de survie de familles entières.

... L'Occident a son passé, pas toujours glorieux, mais au moins le barbarisme du moyen-âge tend à y disparaitre ; la France a aussi quelques comportements critiquables mais ne régressera plus jamais à ce niveau de brutalité deshumanisante, datant de plusieurs siècles.

 

 

Historiquement, la France (comme d'autre pays) a reçu bien des populations fuyant pour des raisons similaires, à savoir pour elles l'espérance de survivre, puis vivre en paix, et ce depuis pas mal d'années. La preuve, les seuils de réception de foule sont depuis longtemps dépassés en Occident.

Mais "même pas peur" !

Car ce n'est rien en comparaison du bénéfice humain que cela apportera  à tous : chronologiquement, au bout de deux générations et parfois moins, des Africains, des Arabes, des Chinois, des Espagnols, des Italiens, des Polonais, des Russes, des Vietnamiens ou autres sont devenus, gardant leurs religions diversifiées, des Citoyens fiers d'être en France ; ils sont à présent maires, ou chercheurs, ou auteurs, ou commerçants, ou  comme je le suis simple Citoyen(ne). Ils participent chacun comme ils le peuvent et/ou le veulent à la construction de valeurs et d'actions impliquées ou insérables dans notre République.

Certains ont des différences physiques visibles, d'autres pas ; tous, sans oublier leurs chères origines, sont là, et si intégrés que l'on ne sait même pas d'où ils viennent s'ils ne nous racontent pas leur histoire, qui est à présent la nôtre.

Et ils ne tiennent pas à repartir. Ce sont nos Compatriotes, car faut-il encore l'écrire (?) notre Identité Nationale n'est pas religieuse, mais démocratique, (souveraineté du Peuple) et une société protégée par des LOIS élaborées par ce même Peuple. Ce qui favorise nettement le "Vivre Ensemble" avec des opinions hétérogènes, variées, et même divergentes car nous savons que la mixité culturelle et sociale est le premier facteur d'enrichissement personnel et collectif.

D'autres arrivés plus récemment "galèrent" encore malheureusement, et à ceux-là, courage, ce sera pour leur descendance, car tant que le lien familial est préservé dans un cadre démocratique, l'intégration voulue est certaine, bien que prenant quelques décennies.

 

Oui il y a encore des disfonctionnements sociaux dans mon pays.

Oui le pouvoir de l’argent possède des centaines de ramifications fouineuses pour de multiples et sordides aboutissements.

Oui il y a encore du racisme et beaucoup de chômage.

Oui il y a encore des tonnes d'injustice et de situations plus que précaires.

Mais vous êtes avec nous, sous le couvert de nos lois qui deviennent vôtres ; à l'aide de structures organisées, elles ne permettent ni le crime de pensée ou de religion, ni l'intolérance totale, ni de mourir de faim ou de rester totalement inculte.

Je ne dis pas que tout cela n'existe plus, je dis que nos lois ne permettent pas ces dérapages. Et c'est déjà énorme, même si je ne pense pas qu’il faille s’en contenter : je sais que là aussi, il y a du boulot !

Cependant, j'affirme que le Droit est la plus grande Force imaginée et réalisée sur notre Planète. Exemple : ce n'est pas la religion qui donne la liberté d'expression ou de penser, et ce sont bien des lois qui imposent la protection face au fanatisme. Le Droit ne propose pas un "chemin spirituel", mais il le surveille!

Les religions montrent une ligne de conduite et offre une matière de résistance et d’endurance envers les vicissitudes de la vie. Pour toutes les religions, les hommes sont tous égaux, et tous aimés, car créés par Dieu, et peu importe son nom.

 

... Et oui, ce genre d'attaque migratoire voulue et programmée, douloureuse et contraignante est finalement un bienfait pour notre société ; et nos petits-enfants de tous les bords en auront les résultats positifs.

Les Occidentaux, les Français (issus de toutes racines humaines) sont devenus par la force du temps subtils et patients pour ce genre de chose. Et s'ils sont lents, ils sont tenaces.

De plus, la Démocratie (royaliste ou républicaine) n'oublie pas cet adage : l'union fait la force. Cette puissance est massive, appliquée individuellement et « étatiquement ».

 

Et nous serons alors si nombreux à combattre ce non-sens humain qu'est le terrorisme et la violence gratuite et stupide qui en émane...

 

 

 Sourire à TOUS et à TOUTES.

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06 juillet 2015

Quel dommage, une si belle idée.

Quel dommage, c’était une si bonne idée…

Laquelle ? Celle d’un dieu unique, présent dans toutes les religions, pour rappeler que la variété de costumes ne fait que renforcer une seule étape : celle d’être tous vêtus ; mais : selon notre propre « folklore. »

Que l'on soit paré d'une parka, d'un arc ou de peinture, vêtu d'un pagne, d'un voile ou d'un pardessus, nous portons tous quelque chose sur nos corps.

Climat et culture. Et en très résumé bien sûr.

Nos cultures sont toutes issues de notre adaptabilité à l’environnement.

Ces environnements sont diversifiés, nos protections physiques, apprêts ou parures aussi donc. Ce qui nous couvre la peau est différent selon l'endroit où nous nous trouvons.

 

... Je vois les religions comme des costumes de cultures, et sans doute ne sont-elles pas le plus important de la Foi, de l’action spirituelle.

Elles sont un signe d’appartenance à une communauté, et chacune d’elles voudraient être la seule et unique, car Dieu est seul et unique.

Ce qui devrait faire en sorte de rassembler tout le monde.

Car c’est le Dieu qui n’est qu’Unique et Universel, selon chaque religion ; pas les religions, qui sont, elles, nombreuses et variées. (ce qui ne me déplait pas du reste)

Les religions sont la plupart du temps des codes de conduite et de croyance insufflés par et sur des parties d’humanité. Quelle importance qu’elles soient d’histoires différentes, de « costume » différent ? ?

Certes, dans toutes les religions, Dieu est une entité puissante, omniprésente…

Ainsi des hommes doivent-ils s’abroger le pouvoir « divin » de l’enfermer dans un rôle de juge et/ou justicier ? Est-ce vraiment là ce qu’Il serait ?

 

 

 

... C’est dommage, c’est une bonne idée, car là chacun pourrait s’y retrouver.

L’Entité divine suggérée par les diverses religions est définie à l’identique partout : Unique.

Malheureusement, les « costumes », c’est-à-dire les différences de dogmes ou de légendes, ont fait naitre chez certains la peur et l’envie, avec ce qui en découle en peine, en sang,  en stupidité, en guerre, en monstruosité.

Tout ce qu’un dieu ne voudrait pas : de Rassembleur, certains voudraient le faire tyran.

 

 

Dieu unique, omniprésent, et surtout uni vers Celles et Ceux qui l'aiment, ou aime l'idée d'une ligne de conduite commune, bien que prenant des teneurs variées.

Dieu Universel, non?

 

Qui d’entre nous n’aime pas sourire en admirant tous les costumes régionaux ou nationaux, au fait ?

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13 janvier 2015

Les Enragés - III -

 

Nécessité et Fierté de la Peur.

 

J’entends, je vois beaucoup : « Même pas peur ! »

Je ne suis pas d’accord.

J’ai peur et je le revendique ; cela ne m’empêche nullement de sourire -ou davantage- à n’importe quelle couleur, culture ou religion humaine, uniformisée ou non, et même bien au contraire.

Mais ma peur exacerbe ma vigilance, améliore ma concentration, tout en affinant mes perceptions, et évidemment ne détruit absolument pas mes projets : je sors, je discute, et je vais même davantage à Paris, histoire de passer devant une synagogue ou une mosquée.

La prudence est mère de sureté, c’est bien connu,  mais ne fige pas forcément.

Ce n’est pas par provocation, c’est simplement pour sourire à des populations maltraitées et le mot est faible. C’est en ce moment qu’il faut le faire justement. Mon rapprochement doit être physique, acté. Les mots ne suffisent pas toujours malgré leur force. C’est du moins ma sensation actuelle.

Même si ces déplacements tiennent parfois de l’épopée d’où je pars (garer ma fourgonnette aisément dans la Capitale que je connais trop mal n’est pas vraiment une sinécure, et je prends les transports en commun à la périphérie Francilienne–Normande) il me semble que je ne peux rester comme à l’accoutumée tranquillement dans ma superbe campagne.

Il ne s’agit pas de braver quoi que ce soit ; les adultes ont le discernement de ne rien provoquer de séditieux. Il s’agit simplement d’être présente, de montrer que rien ne doit entraver les échanges et le partage, d’être libre, même si la crainte d'être blessée ou pire existe.

 

... Et je l’avoue, j’ai peur aussi que beaucoup de Juifs s’en aillent. Bien sûr je les comprendrais, et ce n’est pas simplement par orgueil de Française, je n’en suis plus là ; bien sûr également, je suis effondrée de voir que ma chère France ne sait pas défendre à ce jour ses Citoyens de toute religion, mais cela va au-delà de cette pensée : en tant que Française, j’ai besoin de cette pluralité, de cet arc-en-ciel de Peaux, j'y suis accoutumée depuis l'enfance ; j'aime croiser ces différences, m'enrichir des diversités pensées spirituelles, culturelles, amicales, économiques etc… de toutes les confessions.

Je me vois seulement mal vivre chaque jour avec la réduction des richesses françaises.

 

 

… Tout être vivant, et l’humain adulte n’y échappe pas, défend naturellement d’instinct sa vie, cherche à la rendre meilleure, et c’est ce qui a conduit notre race à atteindre son niveau actuel de connaissance, de savoir-faire, de réflexion et de raisonnement. Je ne dis pas que nous sommes parfaits, (loin de là !) mais au moins nous sommes encore là, et si variés !

 

... L'humain se protège des dangers, car son instinct de survie est le résultat d’un apprentissage constant débutant à sa naissance. Depuis que nous sommes nés, nous apprenons tous l’amour de la vie, c’est aussi ce qui perpétue notre race. Nous l’apprenons systématiquement lorsque nous apprenons à protéger nos vies, et la plupart du temps avec bienveillance et amour.

Comme nous ne sommes pas dotés d’emblée d’instinct à notre naissance ; nous ne pouvons pas, tout petit enfant, nous défendre car nous ne comprenons pas les risques. Pire même : si une personne en qui nous avons confiance nous demande de faire un geste mettant plus petit que soi en danger, nous le ferions sans doute en toute inconscience, pour faire plaisir.

Mais qui demanderait cela???

 

 

Au fil du temps et des apprentissages, prodigués régulièrement par les proches et les collectivités, nous emmagasinons et intégrons "à vie" de plus en plus de réflexes qui nous la préserveront si besoin est (maturité, bon-sens). Nous sommes éduqués dès que possible à repérer les périls à l’aide de tous nos sens, et  ensuite à les présager et analyser grâce à nos mémoire et intelligence :

Nous apprenons l’odeur du danger (gaz- feu).

Nous apprenons à repérer les bruits l’inhabituels (avalanche, explosion, détonation.)

Nous apprenons à goûter précautionneusement (amertume, acidité, poisons.)

Nous apprenons à ne pas toucher longtemps ce qui blesse (glace, braise, acide.)

Nous apprenons à repérer un éclat incongru, un objet contondant indécemment porté ou une lueur étrangère au quotidien (arme, lame, incendie.)

Plus tard, en réfléchissant, nous pourrons ainsi éviter une atteinte physique, consciente ou accidentelle (attaque d’un félin, voiture fonceuse.) Nous parviendrons (en les prévoyant ou/et les déduisant) à échapper à une mort ou des blessures  potentielles ou possibles. Nous nous préserverons toujours par exemple lors d'un bombardement ou d'un tsunami attendu.

Nous « apprenons donc  l’instinct », regroupant toutes ces prévisions et savoirs acquis, les transformant en une alerte machinale et automatique, constante en nos esprits. Nous affûtons et complétons cet apprentissage encore davantage dans un environnement inconnu (jungle pour les non-initiés, état de guerre...)

Cet "instinct" acquis et non inné (réflexes) a sans aucun doute épargné une infinité de vies précieuses, sans être la panacée de tout.

Mais bien certainement la peur est instigatrice, au même titre que la raison et les apprentissages, à cette forme "d'instinct" typiquement humain. Je ne la dénierai donc pas.

 

 

... Je relève la tête, vois un ciel nuageux mais clément pour cette saison. Je passe devant une mairie affichant des noms noirs sur fond blanc, mais aussi des pancartes fraternelles…

Et je songe à la folie des meurtriers, suicidaire, donc bafouant le principe primaire et initial de la vie : l’aimer donc se protéger ou apprendre à la protéger.

Ils n’ont pas toujours été ainsi, je ne dois pas l’oublier.

Avaient-ils si peur de la vie ? S’y sentaient ils si inutiles, si anonymes ?

Il va falloir maintenant chercher à comprendre la cassure de leurs âmes, leur perdition pour l'humanité, leur cheminement les conduisant à la monstruosité.

 

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Terre

Terre

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12 janvier 2015

Les Enragés - II -

 

 

 

Dimanche, République - début d'après-midi.

 

Les émotions sont terribles : allégresse et peine entremêlées. La révolte face à l’absence des êtres regrettés et ce qu’ils représentent égale la joie de ressentir à nouveau cette fraternité neutre de tout préjugé, enfin retrouvée. On se sent emporté vers une conciliation intense, sans oublier cependant le recueillement.

 

 

 

… Normandie, dès potron-minet :

 

Nous nous sommes levés tôt afin d’arriver de bonne heure à Paris. Vite vite, voiture jusqu’à la gare la plus proche de chez nous desservant la Capitale, train, RER, métro…Pas question de ne pas participer à ce Rassemblement, que nous désirons déjà historique au fond de nos cœurs !

 

Il fait plutôt bon.

 

… Sac-à-dos, eau, fruits, sandwiches.

 

Au travers les vitres des divers véhicules, je vois défiler la campagne normande, champs et bois alternés, puis les villes de plus en plus rapprochées, enfin les murs et les murmures de la ville.

 

Etonnement à l’arrivée à Paris vers midi de voir la place et ses alentours totalement investie et grouillant de monde. On se presse, on presse, on « dépresse ».

 

Pas de véhicules roulants. C'est un drôle de Paris aujourd'hui. Ah : Ne pas oublier de regarder les fenêtres des immeubles, riches en information aussi.

 

 

 

Rassemblement :

 

Les émotions sont terribles : allégresse et peine entremêlées. La révolte et la détermination face à l’absence des êtres regrettés et ce qu’ils représentent égalent la joie de ressentir à nouveau cette fraternité profonde et authentique, neutre de tout préjugé, enfin retrouvée. On se sent emporté vers une conciliation intense, sans oublier cependant ce qui l’a provoqué ni le recueillement.

 

Avec difficulté, si lentement que nous comptons notre avancée par demi-mètres, nous tournons autour du monument devenu socle vivant tant il est recouvert de monde. Nous regardons passionnément les banderoles. Sous les déclamations et la Marseillaise, nous prenons en photo celles qui nous touchent le plus, celles que nous trouvons les plus originales ou percutantes. Certaines nous font rire, d’autres piquent les yeux.

 

Certaines les deux : « Ils ont voulu nous réduire au silence, ils n’auront obtenu qu’une minute. »

 

              Sous les silhouettes volontairement identiques et anonymes des terroristes qualifiés de lâche, trouillard et froussard, les photographies bien séparées de Wolinski, Cabu, Charb, Maris, et Tignous précédées de ces mots : « Eux ne se cachaient pas, eux ne se sont pas enfuis. »

 

                           « Arrête ton char, lis ! » ( j’y avais pensé du coup j’éclate de rire)

 

                           « Qu’un sang impur abreuve nos crayons. » ( vue plus tard à Bastille)

 

Et tant d’autres.

 

 

 

… Je suis impressionnée, puis carrément abasourdie par le nombre de gens motivés présents à ce Rassemblement. Je prévoyais qu’il y aurait beaucoup de monde mais à ce point je ne l’avais pas escompté : "du jamais vu".

 

J’imagine que les autorités et nos gouvernants ne l’ont pas prévu non plus, car finalement le périmètre de sécurité est étendu plus loin qu’initialement prévu, pour désengorger le centre République.

 

Il est temps, car plus l’heure avance, plus l’espace vital s’est rétréci, et, question élémentaire de survie, nous décidons de remonter l’artère menant à Bastille bien avant quinze heures. Déjà nous voyons des personnes se sentir mal, et certaines sont prises de malaise.

 

Mobilité restreinte et densité humaine… Il nous faudra plusieurs heures.

 

 

 

Dans le même temps, je me surprends à sourire, malgré les enjeux consécutifs aux attentats constamment logées dans un recoin de l’esprit : les gens d’armes de toutes catégories ne sont pas, pour une fois, « contre » nous : ils sont plutôt « tout contre nous », même derrière leurs barrières de sécurité. Cela semble « faire du bien à tous. » Voilà la véritable force des Forces de l'Ordre.

 

Comme nous avons besoin d’être les alliés de nos protecteurs ! Comme ils ont besoin de notre reconnaissance !

 

Voilà la véritable force des Forces de l'Ordre!

 

… Les couleurs de la République sont multiples et toute cette diversité entonne notre hymne national fréquemment, ponctué d’applaudissements. Est-ce cela le véritable patriotisme ?

 

Les coiffures se font voiles, crayons, drapeaux, plus rarement kippa.

 

Les couleurs sonores chères à Baudelaire sont encore bien vivaces.

 

 

 

… Je songe amèrement que tout le monde n’a pas encore réalisé ou admis qu’il n’y a qu’une race chez les hommes, sinon les espèces ne pourraient se métisser entre elles. Et quand bien même !

 

 

 

Parmi toutes les pancartes en plusieurs langues « JE SUIS CHARLIE » (dont le concept a dépassé le Concepteur J.Roncin) et ses formidables dérivés, je cherche quelque chose dans la foule, un certain slogan ; enfin je le trouve en unique exemplaire inscrit à la main :

 

"JE SUIS TERRIENNE".

 

L’affiche est portée par une calme et belle femme d’une cinquantaine d’années, qui contemple sereinement sans bouger la masse humaine, mouvante et émouvante.

 

 

 

Sourire… Elle aussi a dû voir des extra-terrestres.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les Enragés -I .

charlie

Bonjour,

J'en ai assez d'entendre dire que les caricatures d'un Prophète sont inacceptables : n'ont été caricaturées jusqu'alors que la vision de ce qu'est et représente ce Prophète découlant de l'esprit d'un fou ou d'un groupe de fous.

Cette folie consiste bien souvent à un embrigadement honteux et si traumatisant qu’il fait renier à l’individu sa propre existence : son but n’est plus un projet personnel, mais celui imposé par manipulation par un autre, qu’il identifie pour sien.

Autre chose : L'humour caustique est une forme de révélateur des travers et des déviances émanant des religions,  des cultures ou sociétés, et même des gens :  la moquerie,  l'ironie, la dérision  sont les armes les plus agréables et les plus douces qui existent, même lorsqu'elles sont cinglantes. Ne les redoutons pas et regardons-les en face.

Il est vrai qu'en tant qu'athée je n'ai pas à souffrir personnellement d'attaques de cet ordre. Cependant, toutes les agressions concernent un athée.

 

... Comme beaucoup, ma peine pour toutes les personnes assassinées est réelle et pénible ; et qui ne songe au chagrin de leurs proches ?

Je suis triste car j’apprécie lire Charlie-Hebdo, avec son caustique et son pluralisme, et je ne veux pas accepter la mort de la pensée libre en me taisant ; cette tuerie est infondée et inhumaine, ce racisme et cette violence sont intolérables, et ne doivent jamais être tolérées.

Mais dépassons la révolte et la peine. J'ai besoin de faire le clair sur ce que je ressens, de l'écrire.

 

 

 

... Avant d'être Musulmans, ces gens, d'un point de vue strictement génétique, étaient nés humains. A présent ce ne sont plus que de vulgaires tueurs. Ils ne sont pas même des bêtes, car ces dernières ne tuent pas par perversité. Les animaux se défendent ou protègent un territoire, apprennent des techniques de chasse à leurs petits (et cela peut paraitre cruel à nos yeux guidés de raison) ou attaquent pour se nourrir ; bref  ils tuent par besoin.

... Pauvres bêtes, je ne ferai pas l'injure de les comparer à de vulgaires terroristes qui n'ont plus rien à voir avec les Terriens, d'autant que j'éprouve beaucoup d'émotions avec elles : du rire bien sûr, du partage amical souvent, de la compassion aussi lorsque je vois leurs histoires :  chiens que l’on dé-laisse de moins en moins,  éléphants sans défenses, porcs sans attaches,  insectes en assiettes,  vaches-à-lait,  hérissons épinglés sur les bords des routes, etc... Nous ne sommes que rarement hélas, si je parle au niveau mondial, des pro-fêtes pour elles.

 

… Des quinze Hommes et des deux Femmes des groupes, certains voulaient simplement par le rire et la caricature, faire avancer les mentalités, (c’est du moins ce que j’ai compris au fil du temps de leurs créations,) d'autres voulaient faire leur métier, défendre et protéger les agressés, d'autres encore se tenaient à certains moments dans des lieux désormais tristement célèbres de notre histoire Française, Européenne, Mondiale, Humaine.

... Le fait de pas connaître ceux et celles qui ne sont pas célèbres, tués également dans l'un des deux attentats ou dans la rue,  n'empêche nullement la même peine de s'installer, car l'arrêt conscient de toute vie humaine n'est que cruauté, folie ou crétinerie, "qualités" aberrantes pour des êtres humains, dotés normalement d'un minimum d’esprit, de compassion, de confiance en soi, de tolérance et d'amour.

C'est aussi un échec à la fraternité, à la sociabilisation, à l'intégration, et surtout un échec au sentiment d'appartenance à une collectivité.

Connus par leurs œuvres ou inconnus,  F.Boisseau, P.Braham, F.Brinsolaro, Cabu, E.Cayat, Charb, Y.Cohen, Y.Hattab, Honoré, C. Jean Philippe, B Maris, A.Merabet, M.Ourrad, M.Renaud, FM.Saada, Tignous, Wolinski, tous ces gens sont morts des mêmes mains fanatiques de trois robots tueurs qui ne peuvent plus, qui ne pourront jamais plus être considérés comme faisant partie de l'humanité, et je veux oublier puis ignorer leur nom.

Mais pas leurs actes.

 

Comment ces 3 tueurs auraient-ils pu comprendre qu'ils ont "vengé" non pas un Prophète,  mais tué ceux qui avaient l'excellence de se foutre de la gueule de déséquilibrés mentaux se prenant pour Dieu, en voulant représenter une religion qui n'a jamais demandé ça! Nous ressentons hélas sans difficulté la détresse des vrais Musulmans, Français ou pas, devant cette version imposée de leur religion, qui en attaque une autre…

Abrutissement, bêtise et folie.

Bêtise et folie superbement manipulées du reste par d'autres aliénés qui ne pensent qu'au pouvoir dans ce qu'il a de plus sale et de plus tordu, dans le désir pervers de vouloir écraser l'autre. Il serait temps de passer à autre chose!

Au fait, vouloir dominer tout le monde, ce n'est pas vouloir être Dieu ??? C'est je crois de l'hérésie et être impie selon les critères religieux...

Rien que ce décalage et cette incohérence devraient alerter les apprentis-djihadistes de l'indécence de leur avenir. Même si l'on réussit à vous persuader chaleureusement que votre utilité ne peut être que dans ce projet.

Mais quand on s'arrange pour vous abêtir, pour vous imposer une image faussée de soi, que l'on ne sait plus réfléchir...

 

 

 

 

 

 

 

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06 avril 2013

Et si l'école n'était plus un plaisir?

 

"Pour avoir une situation plus tard" : l 'école... NON :

Rendez-nous les écoles "pour apprendre".

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 ... Années cinquante et quelques.

 

La Petite a presque cinq ans, elle va aller à l'école, comme son ainée, âgée d'un peu plus de deux ans qu'elle.

Elle est heureuse, enfin elle va aller à l'école. Elle pense à sa chance.

A cette époque, on ne va pas à l'école si jeune, il n'y a pas de maternelles du reste.

Sauf si...

... C'est une période de crise de logements en France : d'une part la population moyenne est pauvre, (la différence entre les classes sociales est énorme) d'autre part après la guerre tout n'est pas reconstruit : pour un simple vingt-cinq M2 où logent plusieurs membres d'une seule famille, et peu importe sa taille, les "dessous de tables" sont obligatoires.

Les ancêtres des "cautions" sans doute.

A part que nuls ne les récupéraient.

Alors les parents ont confié un an (ou plus) leurs deux filles, le temps de trouver un habitat et un travail fixe pour le père, ouvrier itinérant et payé à la semaine, car les déplacements pour leurs enfants commencent à devenir problématiques : la grande doit entrer à la vraie école. La Grande école.

Justement, la sœur de la maman est institutrice, est la marraine de l'ainée des fillettes, et se chargera volontiers d'elles. La mère  sera rassurée pour ses gamines ; elle sait bien que sa sœur , elle-même maman depuis peu d'un petit garçon, adore ses nièces, elle s'en occupera bien.

Et puis cela mettra "un peu de beurre dans les épinards" de la maman-célibataire-institutrice, qui doit se débrouiller seule pour élever son fils, car elle n'est pas mariée.

... Le chaleureux et minuscule village ( Foreste) champêtre du Nord qui  accueille l'institutrice a accepté dans ses locaux de fonction une femme seule, institutrice, avec trois enfants. Le bébé va en nourrice la journée, les deux fillettes vont à l'école.

Dans la classe de leur tante.

L'ainée est scolarisée "pour de vrai", la cadette pour être gardée en sécurité. Elle aura un pupitre comme tous les élèves et devra se tenir bien, rester calme et faire ce qu'on lui dira de faire, c'est à dire "apprendre".

Elle acquiesse joyeusement : elle a vu des enfants rentrer joyeusement de l'école et dire "que c'est bien". Et ça fait des camarades.

L'école primaire est constituée de deux classes de plusieurs niveaux, mixtes avant l'heure par commodité : un certain Monsieur A. s'occupe des cours moyens et Fin d'Etudes, la tante prend en charge la première classe comprenant le Cours Préparatoire et les deux Cours Elémentaires. Chaque section est formée de deux rangs de pupitres.

Ce sont deux classes séparées par une cloison commune, chacune d'elle doit rester silencieuse pour ne pas gêner l'autre.

La petite doit faire comme tout le monde, il n'y a pas de "passe-droit" à cette époque : si on va à école  c'est pour apprendre, et travailler. Peu importe l'âge.

La petite a bien des tremblements dans les jambes de rester si longtemps assise sans trop gesticuler, mais savoir qu'il ne faut parler lui laisse une liberté interne dont elle n'avait pas idée, et qui la régale d'emblée. Elle n'a aucun mal à suivre sans s'empécher de rêver, et sait lire et compter.

Mais elle a rarement écrit, et quand elle l'a fait, c'était avec un crayon noir. (Le nom à cette époque du crayon de papier)

A l'école, dès la première classe, et pour tout le monde, c'est le porte-plume et l'encre.

Le crayon noir n'est autorisé que lorsque c'est l'heure et le jour du dessin, c'est à dire, quand tout va bien, une fois par semaine en fin de journée ; le samedi donc, car dans ces années-là, le "week-end " n'existe pas encore : les samedis sont scolarisés comme les autres jours jusqu'à 16h30.

La grande difficulté est donc d'écrire : le porte-plume, peu adapté aux petits doigts pourtant habiles à façonner divers objets en terre glaise, en chiffon ou en bois, (comme tout enfant fabrique ses jouets) crache l'encre violette sans qu'elle en maîtrise l'écoulement ; ceci malgré ses efforts et son application, et elle en est réprimandée chaque jour, comme il se doit.

Non pas qu'elle en fasse grand cas, ce qui l'agace surtout c'est de ne pas y arriver.

Mais elle a dès le début trouvé la solution : la Petite transforme dans son imaginaire toutes ces tâches et ratures en végétaux, arabesques ou animaux fantastiques : une araignée tissant sa toile, un nuage avec une forme, comme lorsqu'on les voit dans l'azur quand il fait beau et que la ouate du ciel y navigue paisiblement, un mouton auquel elle rajoute des pattes, un bandoléon zigzagant sa musique, une feuille avec une tige...

Elle dessine ses tâches lorsqu'elle a le bonheur de voir "cracher" sa plume. Elle se dit que toute façon elle n'en ai plus à une près, puisque aussi bien elle aura une réflexion sur la malpropreté du cahier, autant que celui-ci lui plaise.

Elle a réalisé, puis retenu : l'école, ce sont des livres qui ne nous appartiennent pas, dans lesquels on puise des merveilles, du moins c'est la sensation qu'elle éprouve à l'époque, et des cahiers qui sont à soi. Tout le monde sait que les cahiers sont aux écoliers, qu'ils sont leur travail.

... Et puis, il y a aussi son imaginaire, dont elle ne veut pas se séparer, même à l'école, alors elle transforme la réalité scolaire par la sienne propre, apprivoisant un travail ardu et laborieux pour en faire un jeu dessiné : par exemple un F majuscule devient une échelle avec de multiple échelons, comme il y en une pour monter au  grenier à foin dans sa maison natale, chez le Grand-père. Un O aura toujours presque caché dans son cercle deux petits yeux ou un point pour une bouche, intraduisibles aux yeux des profanes. Un E dans l'O (œ) devient un escargot avec une minuscule casquette.

C'est ainsi : il y a des tâches pas exprès, et d'autres exprès pour justifier les premières. Il faut que cela ressemble à quelque chose, qu'elle reconnaisse les histoires qu'elle se raconte ainsi à l'insu des autres, mais il est nécessaire que le figuratif ne le soit qu'à ses yeux, et passe au regard extérieur pour des maladresses.

Elle peut se rappeler ses histoires ébauchées par ces tâches arrangées, mais ne doit pas communiquer leur contenu aux autres. Elle sent que ce n'est pas "bien".

Elle dessine des tâches, des points, caresse même parfois d'un doigt discret l'encre humide pour l'étaler avec à-propos pour sa "figure", pour "parfaire" l'idée de l'image minuscule dont elle pourra se souvenir, représentée par le biais de l'écriture. Les manches de son tablier sont souvent teintées de violet...

C'est un pont entre son symbolisme et la consigne.

Un code -personnel- dans un code -collectif- ; l'écriture  est uncode parmi tant d'autres.

 

 

... De fait, écrire à l'encre et au porte-plume lui restera difficile toute sa vie d'écolière.

Elle a bien compris que l'écriture est indispensable pour comprendre et se faire comprendre, pour transmettre et recevoir. C'est donc  par souci que l'on reconnaisse bien ses lettres et ses mots,  qu'elle ébauche simplement, presque invisiblement,  une casquette d'escargot, un barreau d'échelle, un embranchement ou un arrondi.

Cette écriture fantaisiste et compréhensible par elle-seule, arrangée de traits symbolisant les objets, racontaient une histoire. Mais le travail était respecté : les mots reconnaissables, la consigne suivie.

 

Apprentissage du "je ne sais pas, mais j'apprends et j'en suis contente". Le plaisir brut d'apprendre pour savoir, comprendre, créer, c'est le but de l'école : on y apprend. C'est le travail commun de l'école par les enseignants et de l'écolier, chacun à sa place.

... C'est ainsi qu'elle écrira ses premières histoires,  par le biais d'une écriture transformée imperceptiblement en une bande dessinée camouflée et entrelacée discrètement et tendrement dans une phrase d'un programme n'ayant rien à voir avec sa pensée, qu'elle assimilera tout de même sans mal.

Elle écrira des histoires car elle a appris à écrire à l'école. A tenir un porte-plume : donc la patience et la ténacité. Plus tard, elle aimera la littérature, l'histoire et les sciences, et aimera la musique des mathématiques.

 

 ... C'est long la journée de classe pour elle, elle est au même rythme que les autres un plus âgés qu'elle, mais bien sur elle sait bien qu'elle "doit tenir".

Elle est frustrée chaque matin : elle n'a pas le droit de lire tout haut, ce qu'elle adore, car elle n'est pas une vraie écolière : elle est trop jeune ; et puis de toute façon elle sait déjà ; L'institutrice a beau être sa tante, elle doit apprendre la lecture et "se donner" à ceux qui ne savent pas. C'est normal.

... Parfois, elle écoute la maitresse faire le cours aux grands sur les deux rangées à l'autre bout de la classe: elle raconte l'Histoire. La Grande, celle qui s'est passée et qui "est l'ancêtre du maintenant".

Des hommes préhistoriques, des gaulois, des invasions, des rois. En même temps elle montre des images, et la Petite apprend des tas de mots. Certains sont les mêmes, et ont plusieurs significations. Et d’autres sont différents, mais veulent dire la même chose, à part les « nuances ». Elle se dit qu’il faut surement, quand on est grand, faire attention à bien expliquer. Alors elle aimera le dictionnaire, et plus tard, bien plus tard, le NET.

 

... La géographie c'est pour tout le monde, mais elle, elle a juste à apprendre  quelques rivières, ou montagnes, ou des villes ;  pareil pour les récitations, elle a juste ce qu'il lui faut pour lui donner envie de faire l'effort sans se décourager ; alors sa mémoire travaille aussi, comme dit sa tante, la Maitresse.

Au début,  la Maîtresse, (qui redoutait surement un reproche de favoritisme si elle ne le faisait pas comme c'était l'habitude) attache dans le dos le cahier de la Petite pour montrer aux autres combien il est "mal tenu". C'est la coutume, mais c'est assez rare car les enfants s'appliquent généralement.

Mais la fillette est trop jeune pour en ressentir de la honte comme c'est l'usage et cela n'a aucun sens pour elle : aussi elle l'oublie dès qu'elle est dehors ou sous le préau et joue avec les autres avec autant d'entrain et en riant autant qu'eux, au lieu de se tenir le dos contre le mur pour cacher les tâches.

Les deux instituteurs s'en rendent compte et elle les entend se dire : - "elle s'en fiche, elle est trop jeune ".

Elle ne comprend pas bien de quoi elle "s'en fiche" sur le moment, mais elle s'en souvient, car ils la regardaient, et ils ont retiré le cahier de son dos rapidement en riant.

Ce jour là elle a appris sans encore en avoir conscience, qu'être jeune, c'est être insouciant.

 

Les souvenirs heureux, chatoyants de ce début de scolarité dans une campagne et à une époque où l'on ne craignait pas de professer un cours de sciences naturelles sur le terrain, bois ou champ (les courses aux trésors par équipes, bravo à celui ou celle qui trouvait la coccinelle ou le trèfle à quatre feuilles)

où une petite frise de cerise (Oh! les crayons de couleurs, accessibles seulement en classe!) tamponnée de la main sure de la maitresse en fin de semaine sur LE CAHIER pour récompenser le travail assidu,

où quand Mardi-gras se fêtait avec des crêpes faites ensemble sur le poêle près du bureau une fois l'an, (chacun apportait qui un œuf, qui un peu de lait de la vache,  un peu de farine ou de sucre, une couenne de lard neuve, ou même de la confiture!)

où trois fois l'an les écoliers sages (et respectueux avec simplicité) qu'ils étaient admiraient une projection d'images sur un drap blanc, fenêtres assombries par les lourds rideaux noirs de l'époque,

où le chant se pratiquait régulièrement sans radio,

tout cela reste mêlé aux parfums non pas forcément de l'enfance de la Petite devenue grande, mais surtout à une école qui apprenait.

A cette époque les écoliers allaient à l'école pour apprendre.

 

Et à présent?

A présent les élèves vont à l'école pour se faire une situation pour plus tard. C'est le langage que l'on entend à tout bout de champ : "si tu ne travailles pas bien, tu n'auras pas un bon  emploi plus tard", "si tu ne réussis pas ta scolarité, tu auras des problèmes plus tard", etc...

L'école fabriquerait-elle des coupables?

L'école a t’elle perdu son véritable bon sens : celui de rendre désirable le fait d'apprendre? Sans crainte de l'avenir à la clef, car s'il y a bien une chose qui devrait être agréable à l'enfance, voir même bordée d'insouciance, c'est bien cette préparation à la vie!

L'école n'est-elle plus qu'un gigantesque programme d'apprentissages lourds et conséquents que tout élève doit ingurgiter?

Au risque de faire stresser avant l'heure l'enfance, et le projeter trop tôt dans le monde des adultes.

De quel droit demande-t-on à un enfant d'être si performant?

Et si l'école n'était plus un plaisir?

 

 

:(    Ce n'est pas grave : il faut bien apprendre un jour ou l'autre que le travail n'est pas un plaisir, hein? Comme ça c'est fait, les petits sont prêts à être grands.

 

 

 

 

 

 

 

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12 octobre 2012

moirome

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