Feuilllle, Itin'Errance et Natur'Ailes

correspondance et essais, partage et échange, effeuillage au quotidien, voyages et transhumance, nature et poésie...

08 décembre 2015

SUBVERSION

 

 

 SUBVERSION

 

 

Je n'ai plus envie de payer des taxes, directes ou indirectes, pour des poches trop lointaines et bien trop personnelles pour que l'on en ressente le moindre bienfait...

Je n'ai plus envie de devoir boire de l'eau chlorée ou malade, ni de me nourrir de produits éclusant les pesticides de la dernière guerre...

Je n'ai plus envie de perdre mon énergie vitale à lutter pour ne plus me méfier, dans cette civilisation malade et « psychosée » par autrui, ni devoir me battre pour survivre comme une automate...

Je n'ai plus envie d'être manipulée pour penser qu'il est bon de courir à chaque instant, dans le seul but de gagner du temps, moi qui aime tant le sentir passer comme une caresse bénéfique imprimant ses reliefs sur ma peau comme valeur d'expérience.

Je n’ai du reste pas envie que l’on amalgame ce Temps, (temps qui passe ou temps qu’il fait,) avec l’argent, considéré comme fiable et sécuritaire pour nos vies du coup étriquées.

 

Et en riant beaucoup, je divague en créant dans une histoire un Arbre « Porte-Feuilles » unique et gigantesque, qui produirait à chaque saison une monnaie différente recevable équitablement par chacun, et qui aurait le bon sens de faner chaque hiver pour anéantir l’amassement des billets…

 

Je n'ai plus envie d'être exploitée au nom d'un pouvoir axé exclusivement sur la puissance de cet argent...

Je n'ai plus envie d'être possédée, ni même exiger posséder une place sur Terre, car cette place appartient de droit à chacun...

Je n'ai plus envie de voter pour des gens qui n'ont besoin de moi que pour se mettre en place en bouffant celles des autres, même aux noms chéris mais falsifiés de "Démocratie", de "Liberté" et d' "Egalité".

Je n’ai pas envie de taire les outrages subits par les populations, qu’ils soient subtils ou choquants.

 

 

Mais :

J'ai envie de crier pour vivre et non survivre dans un cauchemar savamment orchestré, et dont le but est nettement de nous contrôler.

J'ai envie de regarder les étoiles en hurlant que nous ne sommes pas seuls dans l'espace sans être regardée étrangement.

J'ai envie de faire, d'écrire, d'exprimer (comme l'on exprime le jus d'un fruit) d'agir pour exister, sans l'entrave de l'étouffement social programmé par et pour on ne sait qui ou quoi.

Je voudrai que les forts aident davantage les faibles, que les « bien-portants » en ayant le pouvoir et le savoir s’occupent sereinement et avec dévouement de ceux et celles qui en ont vraiment besoin, que les érudits parlent consciencieusement et régulièrement aux analphabètes, que l’on ne considère plus la spiritualité comme n’étant que religieuse.

J'ai envie de voir nos animaux mieux considérés, et les biens de la Terre mieux exploités, protégés, partagés.

J'ai envie de profiter intelligemment de mon temps, de partager des informations, des savoirs et des technologies existantes, même si officiellement inconnus, ou camouflés.

Comme la plupart des gens, j'ai envie de Justice, de joie, d'échanges.

 

... Et je suis heureuse de constater que si je suis peinée, je n’éprouve pas de colère.  Inexplicablement, je me sens même plus solidaire et plus aimante de ma Race que jamais...

 

 

Pourtant, je soupire parfois :

Si les tous les chômeurs ne s'inquiétaient ni ne culpabilisaient plus de leur "manque" de statut social, ils sauraient découvrir en eux les ressources pour actionner d'autres manières d'être utiles : il n'y a pas que les chemins classiques qui aient de la valeur.

Si nous n’étions pas dirigés dans la vaste manipulation qu'est cette sempiternelle « course à la montre » et à l’argent, par on ne sait quel chemin à œillères et montrée comme un devoir, nous penserions librement et certainement plus fraternellement ; en tout cas plus sainement. Et notre sécurité sociale et individuelle serait presque totalement assurée.

Si nous étions considérés avec tolérance et respect par des dirigeants qui dirigent nos vies simplement pour contrôler la leur avec un maximum de profit, nous serions plus à même d'être plus vigilants envers l'inhumain, et plus aptes à comprendre et admettre nos différences.

Si j'avais encore confiance, je ne craindrais ni bavure ni déviance et serrerait dans mes bras toute personne portant uniforme.

 

 

Et j'ai envie de rire aussi, car du cauchemar et du chaos je passe au rêve et à l'idéalisme facilement :

Si nul ne payait ses impôts, aucune force armée ne saurait forcer le monde à déverser une manne collective dans un bas de laine que beaucoup ne toucheront jamais du bout du doigt.

Si chacun refusait de voter, ce serait très drôle de voir qui s'installerait sur les trônes, s'ils restaient en place !

 

 

Si, si,si...

 

 

J’imagine, et de l’impossible, je passe au probable déraisonnable, mais la raison est-elle toujours une réalité à viser ?

Car je n’oublie pas que si nous n’avions pas à l’aube de l’humanité rêvé être débout, pour voir plus loin ou plus haut, nous serions toujours dans les arbres, ni que chaque bébé a le même rêve, ce qui le fait grandir.

Du coup, comme tous, je vivrai simplement, hors peur et indifférence, sans gêne et sans tabou, libre et épargnée, et enfin je m'éveillerai en m'émerveillant de ce que la Création nous a offert, fière d'avoir su la préserver pour la continuer par et au-travers d’une évolution bénéfique.

Alors, en bonne gardienne de ma planète et de l'utopie avérée, je peindrai la vie avec des mots doux, j'écrirai des paysages verts et sans fumées toxiques, je sentirai les couleurs du monde en toute musicalité, je palperai les ondes qui transmettent et les souvenirs des Autres, je deviendrai enfin Humaine.

 

Posté par feuilllle à 09:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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